| Urbanisme : Quel Nîmes pour 2012 |
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| Lundi, 12 Octobre 2009 00:00 | |
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Lundi 5 octobre, au cours d'une réunion publique organisée en mairie de Nîmes, Jean-Paul Fournier présentait le nouveau plan de circulation qui entrera en vigueur dans le cadre du réaménagement de la zone du cœur de ville, AEF pour "Arènes, Esplanade, Feuchères". Moins favorable aux automobiles, et résolument destiné à faire du TCSP (transport en commun en site propre, à mi-chemin entre le tramway et le bus) le moyen privilégié pour rejoindre le centre-ville, ce nouveau plan n'est pas sans soulever de nombreuses résistances aux changements. Un simple mauvais moment à passer pour les élus, qui rappellent que la place de la comédie à Montpellier, était dans un passé proche encerclée par les voitures, ou bien qu'il n'y a pas si longtemps, les automobiles pouvaient encore circuler dans les zones aujourd'hui piétonnes qui jouxtent la Maison carrée.
Gard Eco : On parle beaucoup d'AEF lorsque l'on évoque les grands travaux qui se déroulent à Nîmes. Faut il considérer ce réaménagement de l'espace Arènes, Esplanade, Feuchères comme la pierre angulaire de l'urbanisation nîmoise ? Jacques Perotti : AEF n'est pas un projet qui ne concerne qu'un quartier sans prendre en compte le reste de la ville, mais il ne s'agit pas non plus de remodeler complètement l'urbanisme de la ville. L'urbanisme d'une ville met des siècles à se construire, et on ne peut pas le modifier en un ou deux mandats, en une ou deux décennies. Ce qui est important, c'est de réaliser des aménagements urbains tels qu'AEF, qui cristallisent la qualité esthétique de certains quartiers, comme c'est le cas ici autour des arènes. Mais ensuite, il faut traiter les accès à ces espaces, il faut également densifier la ville tout en lui conservant une certaine harmonie. Autant d'enjeux qui expliquent qu'en faisant AEF, on agit effectivement sur l'urbanisme. Sans oublier toutefois que le point de départ est une augmentation de la population, une évolution de la ville, et de la société. A nous de nous adapter au fur et à mesure aux besoins de Hommes. C'est la mission de l'urbanisme.
En quoi cette zone AEF est-elle stratégique pour l'organisation du centre-ville ? Nous avions un espace qui n'était pas structuré autour des arènes. Il y a notamment l'Esplanade, qui remonte à 200 ans, et l'avenue Feuchères qui amène à la gare. Or, l'usage de la gare évolue avec le temps, et il faut s'y adapter en créant une unité. Il n'est pas facile de créer des espaces verts en centre-ville. En général, il faut raser pour y parvenir. Dans ce cas, nous avons déjà un espace, que nous voulons transformer en lieu de vie et de convivialité. Et vous pensez que l'option retenue pour un espace très "vert" sera suffisante pour que les nîmois aient envie de passer du temps sous les arbres de l'avenue Feuchères ou de l'Esplanade ? Pour reprendre une expression à la mode, disons qu'il faudra que les gens se l'approprient. Dans la mesure où l'on crée un espace sur lequel on trouvera de l'ombre, de la lumière, qui sera propre, végétalisé, où les enfants pourront jouer tranquillement, pourquoi les gens ne viendraient-ils pas ? Jusqu'à présent, ce que nous avons c'est un sol en terre battue, dont la poussière s'envole au moindre coup de vent, rien de très intéressant en somme. C'était un endroit que l'on pouvait traverser, mais qui ne donnait pas envie de s'arrêter. Personnellement, il ne m'est pas arrivé une seule fois de m'asseoir sur un banc à l'esplanade… Suite aux travaux, tout cet espace sera aménagé, mais il ne fait pas s'attendre à ce que d'un seul coup, l'esplanade soit pleine de monde. Il faudra laisser aux gens le temps de s'organiser, d'adopter le nouveau plan de circulation, le TCSP, et puis la vie viendra ! La ville va de toutes façons se densifier en population, et les règles d'urbanisme changeront en conséquence. Cela ne veut pas dire que nous allons faire des gratte-ciel de vingt étages, mail il faut reconstruire la ville sur elle-même, en utilisant le foncier en place. Rien qu'en faisant cela, nous pouvons accueillir dix mille personnes dans les mêmes types d'habitat que ce dont nous disposons actuellement. Est-ce que vous ne risquez pas, en augmentant la hauteur des bâtiments, de dénaturer l'aspect de la ville ? Gagner en hauteur peut se résumer à un étage supplémentaire. C'est ce que nous avons fait en 2004, en modifiant le Plan local d'urbanisme sur les grands axes, et cela n'a pas posé de problème. En complément, il faut également faire la chasse aux logements vides, car il y en a. Réhabiliter un immeuble vide permet d'y loger de nouveaux arrivants sans pour autant modifier les réseaux et les infrastructures. C'est aussi une façon pour accueillir de nouveaux arrivants, sans pour autant étendre la ville… Ce que nous voulons, c'est préserver la qualité de vie que nous avons à Nîmes. On dit souvent que Montpellier est une belle ville, mais elle est surtout beaucoup plus grande que la nôtre. Ce que j'entends dire par de nombreuses personnes qui pratiquent les deux villes, c'est qu'ils préfèrent rester à Nîmes car ils y trouvent plus de chaleur humaine. Cette attention portée au centre-ville l'est-elle au détriment de la périphérie ? Le TCSP va rapprocher la périphérie du centre-ville. La ligne est-ouest, qui va faire 12 kilomètres, va notamment desservir les plus gros quartiers, tels que Valdegour et Pissevin à l'ouest, qui comptent à eux seuls près de vingt mille personnes. Quand à l'est, notre challenge est de rééquilibrer la ville, en y favorisant la production de logements. Par exemple, le choix d'implantation de la future salle des musiques actuelles n'est pas neutre. En amenant vers l'est des structures importantes, les gens vont plus naturellement aller vers ces zones. Ce sera d'autant plus naturel et facile d'accès lorsque les rocades permettront de rallier l'ouest et l'est sans passer par le centre-ville. Quand peut-on espérer voir ces rocades passer du projet à la réalité ? Pour les rocades, nous n'avons aucun pouvoir de décision en interne. La partie ouest dépend de l'Etat, et le tronçon à l'est revient au département. Dans le meilleur des cas, il faut compter dix ans. Entre l'état, le département, l'agglo, la ville… sait-on encore qui-fait-quoi en matière d'urbanisme ? Il y a plusieurs outils qui nous permettent d'œuvrer en cohérence : le SCOT (schéma de cohérence territoriale Ndlr), et l'agence d'urbanisme, dont la réflexion porte sur la quasi-totalité du département, ce qui permet d'avoir une vision d'ensemble. Si l'agence d'urbanisme s'appelle aujourd'hui "Agence d'urbanisme Nîmes Alès", c'est précisément parce qu'on ne peut pas réfléchir au développement sur Nîmes sans prendre en compte celui d'Alès, et réciproquement. Le grand intérêt de Nîmes Métropole est d'associer l'ensemble des maires des communes de l'agglo à ces informations, et à ces réflexions. Les communes ont délégué à l'agglo leur compétence en matière d'habitat, mais elles ont conservé l'urbanisme. Comment cela est-il conciliable ? Effectivement, c'est l'agglo qui détient la compétence en matière d'habitat. Ce n'est pas pour autant qu'elle décide à la place des communes. Nous avons un plan local d'habitat qui planifie le nombre de logements que nous devons produire, sans forcément préciser où ils doivent être produits. Des zones ont été définies, mais après avoir été proposées par les communes. Chaque commune a pu décider des zones qu'elle souhaitait urbaniser. Certains Maires ont eu du mal à accepter cette délégation de compétence. Le font-ils encore à contrecœur ? Ce n'est plus d'actualité. Les maires ont compris que nous avons besoins les uns des autres, même si la ville de Nîmes a plus de moyens. La meilleure illustration que l'on puisse apporter à ce sujet porte sur le logement social. Lorsque nous avons dit en 2002 qu'il fallait que chaque commune de l'agglo construise son quota de logements sociaux, certains maires s'y sont opposés. Aujourd'hui, il n'y a plus une seule commune qui refuse. Ils ont compris que leur propre population avait besoin de ce type de logements, sans pour autant attirer tous les délinquants de l'agglo. Quel regard portez-vous sur les projets de regroupement des agglos à l'échelle régionale ? Rien ne coûte d'avoir une réflexion… mais il faut un peu de temps. Georges Frêche souhaite faire une grande métropole de Sète à Alès. Pourquoi pas, il faut voir grand. Mais il faut aussi que ces structures puissent se gérer au niveau communal. La complexité de tout cela est d'avoir une vision régionale du développement, tout en gardant une vision locale et municipale, qui fait que l'on puisse rester au plus près des attentes de la population. Urbanisme économique : L'agglo propose, les communes disposent
Dans le cas des zones d'activité d'intérêt communautaire, qui sont et seront les plus fréquentes au sein d'une agglo qui a la compétence du développement économique, les communes conservent leur pouvoir dans le choix des entreprises qui s'implantent, puisque les ventes de chacun des terrains ne peuvent se faire qu'après approbation à l'unanimité par le comité d'agrément, au sein duquel siègent toutes les communes.
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Au delà de l'avenir des emplacements réservés aux livraisons, ou aux pistes cyclables, le projet AEF incarne et symbolise le renouveau qui inspire la capitale gardoise. Pour mettre en perspective ces nouveaux boulevards, nous avons rencontré Jacques Perotti, qui en cumulant les fonctions de Vice-Président de Nîmes Métropole délégué à l'urbanisme et d'Adjoint au Maire de Nîmes, délégué à l'urbanisme, apporte une vision d'ensemble sur ces questions.
Il n'y a pas qu'en matière d'habitat que l'agglo de Nîmes Métropole et les communes qui la composent ont trouvé un mode opératoire qui ménage souveraineté et collaboration. C'est également le cas en termes d'aménagement économique, comme l'a illustré la visite par Jean-Paul Fournier de l'Atelier Noisetier de verrerie d'art, sur la commune de la Calmette, vendredi 9 octobre. Car si elle demeure une Zone d'activité municipale, la ZAC du Petit Verger, sur laquelle est implantée Noisetier, a été urbanisée, commercialisée puis restituée à la commune par la SAT (société d'aménagement du territoire), dont l'actionnaire principal n'est autre que Nîmes Métropole.
Seule ombre au tableau pour la zone d'activité de La Calmette, la disparition de la sortie initialement prévue sur les plans de la 2x2 voies d'Alès à Nîmes. Dans sa version actuelle, la voie rapide ne permettra pas de rejoindre la ZAC du Petit Verger en descendant d'Alès, et placera l'accès le plus proche à 1km dans le sens Nîmes Alès. "Un plan inacceptable" pour les commerçants installés, qui ont choisi cet emplacement en tenant compte de la configuration initiale. En attendant que l'Etat revoie sa copie, Georges Mounier, Président de l'association des entreprises de la zone prévient : "si ça ne change pas, on ne laissera pas la 2x2 voies ouvrir".