Tribunal de commerce: les traces de la crise PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 19 Janvier 2012 10:04
Le tribunal de commerce a clos hier soir l'année judiciaire 2011, lors de son audience solennelle de rentrée. Le président Bertrand Joubert a détaillé l'activité des juges consulaires, qui suivent au quotidien les difficultés des entreprises gardoises. Les statistiques font état d'une fragilité de plus en plus grande.

Le nombre de procédures collectives est certes stable : 787 en 2011, contre 788 en 2010. Mais cela représente 65 procédures ouvertes par mois contre moins de 50 avant 2008. L'analyse détaillée est plus préoccupante. "Deux-tiers des jugements sont des liquidations judiciaires immédiates (504), preuve que les entreprises arrivent exsangues devant le tribunal", note le procureur de la République, Robert Gelli. Même s'il reste faible, le nombre de sauvegarde a doublé, passant de 12 à 24.

La plupart des défaillances touche le commerce à 45% et le bâtiment 30%. Si en 2009 et 2010 la majorité des procédures concernait les TPE de moins de cinq salariés, les PME de 20 à 50 salariés sont désormais en première ligne. Certains grands établissements ne sont pas non plus épargnés tels Vitembal ou Moncigale, dont le sort est encore en suspens. "On constate que les difficultés viennent impacter les entreprises un peu plus structurées", s'inquiète Bertrand Joubert.

Six nouveaux juges, dont une femme

Le tribunal de commerce enregistre par ailleurs l'arrivée de six nouveaux juges suite aux élections de novembre 2011 : Emilia Oliverio (ce qui fait désormais trois femmes dans une institution très masculine), Vincent Bazile, Franck Dubuc, Esteban Marin, Richard Serre et Bernard Unal.