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Salon Energaïa : La filière bois voit l'avenir en vert PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 13 Décembre 2010 08:00

10-12-14-energaiaDepuis 2004, la Région Languedoc-Roussillon a mobilisé quelque 76,6 M€ pour les filières énergies renouvelables, en particulier le solaire photovoltaïque. Dans ce cadre, la Région est, depuis sa création, le premier partenaire du Salon Energaïa qui s'est tenu du 8 au 11 décembre 2010, au Parc des Expositions de Montpellier. Durant quatre jours, 510 exposants y ont présenté leurs dernières innovations technologiques à des élus et des professionnels, mais aussi au grand public à la recherche de solutions énergétiques durables. Pour le Languedoc-Roussillon, les filières des énergies renouvelables pourraient représenter un gisement de 10 000 d'emplois dans le secteur de la maîtrise de l'énergie dans le bâtiment à l'horizon 2015, et de 1 200 créations nettes d'emplois dans les différentes filières des énergies renouvelables (étude OREF 2010).

Parmi les différents acteurs, l'accent a été mis pour cette édition 2010 sur la filière bois, avec la mise en place d'un "village bois Languedoc-Roussillon", consacré à l'éco-construction. Cet espace proposait notamment de découvrir les compétences des entreprises de la filière bois et la performance des bois régionaux dans la construction et le secteur de l'énergie.

Sud de France s'ouvre à la filière bois

Pour accompagner la filière bois du Languedoc-Roussillon, en pleine mutation qualitative pour s'adapter aux nouvelles attentes du marché, la Région a mis en place un partenariat avec l'Etat et ARFOBOIS (interprofession de la filière bois). En juin dernier, les trois partenaires ont signé le contrat de filière AGIR (Accompagnement global et d'investissement régional) pour la forêt et la filière bois. AGIR fédère les énergies au service de l'ensemble de la filière afin d'accompagner son positionnement sur les marchés de la construction et de l'énergie. Au cours du salon Energaïa, la Région vient de confirmer son soutien à ce secteur en lançant la marque Sud de France pour les produits de la filière bois, avec l'interprofession ARFOBOIS, dans l'objectif de soutenir les entreprises dans leur effort de promotion des bois régionaux.

Pour les produits de la filière bois, la marque Sud de France doit permettre de faciliter le repérage des bois régionaux et de communiquer sur le savoir-faire des entreprises régionales. Sud de France filière bois a pour ambition de mettre en valeur les produits de la filière bois, issus de la ressource forestière régionale. Sur le salon Energaïa, quatre entreprises présentaient d'ores et déjà 14 produits labellisés Sud de France. Charpente traditionnelle, bois massif pour éléments de structure, ossature bois assemblée, bardage claire voie à emboîtement, poutre et solive, table de pique-nique, résille bois, lame de terrasse, plancher sont les premiers produits Sud de France pour la filière bois.

 

Pour appliquer sa marque ombrelle à la filière bois, la Région a créé une charte d'accès et d'utilisation de la marque Sud de France, qui se veut un gage de qualité des produits "labellisés", en partenariat avec ARFOBOIS. La Région soutient ainsi les entreprises dont le site de production ou de transformation est situé en Languedoc-Roussillon. Les produits bois labellisés doivent être issus de la transformation de la ressource forestière régionale. Les entreprises souhaitant labelliser Sud de France des produits finis
doivent également s'engager dans une démarche globale de progrès qui assure l'amélioration de ses produits et contribue à leur différenciation. Au moment de son adhésion, l'entreprise doit avoir acquis, d'ores et déjà, 10 critères sur les 30 prédéfinis sur plusieurs volets : stratégique et commercial, environnemental et social. Au bout de deux ans, elle devra obligatoirement avoir intégré les 4 critères de niveaux 1, à savoir :
- mise en place du marquage CE (entreprises de la première transformation),
- insertion de l'entreprise ou des produits dans une démarche qualité : certification Qualibat, norme Iso…
- adhésion PEFC (certificat de gestion forestière durable) ou utilisation de produits PEFC pour les produits transformés,
- justification d'une formation ou d'un plan de formation adapté aux exigences de chaque poste ou métier.

Sur cette base, la Région étudiera les candidatures à la lumière des conditions détaillées dans la charte d'accès et d'utilisation de marque Sud de France pour la filière bois. Après avis d'ARFOBOIS, interprofession de la filière bois, la Région délivrera, ou non, l'autorisation d'utiliser la marque régionale Sud de France après signature un contrat de licence.

La filière bois en Languedoc-Roussillon- 4 300 établissements et près de 12 000 emplois (de la gestion des forêts au secteur bâtiment et de l'ameublement),
- Une ressource forestière qui s'accroît chaque année, couvrant un million d'hectares et produisant environ 850 000 m3 de bois par an.

 Témoignage : Ginkgo confirme l'engouement pour le bois

Lancé au départ comme un devoir d'étudiants, dans le cadre de leur formation à l'IFAG de Nîmes, le projet Ginkgo continue son chemin, et après être passée par l'incubateur d'Innov'up, la jeune entreprise - lancée officiellement voilà un an -  était, elle aussi, présente au sein du Village bois de la Région, sur le salon Energaïa.

10-12-14-ginkgoCar pour Damien Tignard et Jean-Bernard Alméras, associés dans ce projet, le créneau existe pour leurs maisons en bois, dont l'une des particularités est d'être construites dans leurs ateliers, avant d'être démontées puis remontées sur le terrain définitif. Un procédé qui leur permet de se présenter aujourd'hui comme de véritables constructeurs, en offrant les mêmes garanties que des entreprises traditionnelles, et un coût de revient comparable.

Après un an d'activité, et cinq réalisations, les deux jeunes entrepreneurs affichent un large sourire : "Ces premières réalisations nous ont permis de valider les parties techniques et commerciales, et nous commençons à enregistrer un nombre important de contacts et de demandes" explique Damien Tignard. Car même s'ils sont légèrement en retard sur leurs prévisions, l'avenir demeure très prometteur : "Nous avons pris un peu de retard pour lancer la production, confirme Jean-Bernard Alméras. Ce retard nous a pénalisés, car nous avions des commandes. A ce jour, notre plan de charge est plein jusqu'en juillet". 

Pour séduire une clientèle nouvelle et grandissante, ils ont étoffé l'effectif de Ginkgo, qui compte déjà cinq salariés en interne, dont un ingénieur bois. Grâce à lui, la construction bois s'est adaptée au climat méditerranéen, comme le raconte Jean-Bernard Alméras : "On savait que le bois était très adapté pour les climats froids, mais nous avons su nous adapter aux contraintes du climat méditerranéen. Ce qu'il fallait, c'était apporter de la masse, avec de l'isolation par l'extérieur par exemple. Nous avons également conçu des systèmes de circulation d'air pour ajouter à l'isolation".

Pour l'heure, les constructions proposées par Ginkgo sont réalisées grâce à du bois importé d'Allemagne. Moins cher que la production locale, ce matériau d'importation permet de maintenir un prix compétitif, bien qu'une certaine demande se fasse jour pour des réalisations à base de bois local. "C'est une filière qui doit se roder, s'ouvrir, et favoriser les échanges. Il y a un bon nombre de jeunes entreprises comme nous, qui ont envie de faire des choses, et il faut leur faire de la place dans cette filière, en faisant évoluer les mentalités" conclue Jean-Bernard Alméras.

Lancement d'un fonds d'investissement pour le photovoltaïque

Grâce à un excellent gisement solaire, le Languedoc-Roussillon a décidé d'encourager la production à grande échelle d'énergie photovoltaïque sur l'ensemble du territoire. En fin d'année 2009, la Région a adopté son plan climat, décliné en 60 actions, comprenant notamment la création d'un fonds d'investissement pour le photovoltaïque. En juin dernier, la Région a initié une collaboration avec la Banque européenne d'investissement (BEI) pour créer ce fonds.

10-12-14-solaireLe Languedoc-Roussillon connaît une très forte croissance des investissements photovoltaïques portés par des acteurs privés et publics grâce à un excellent gisement solaire et à des tarifs d'achat incitatifs. Cependant, l'importance des investissements constitue un frein au développement de ces projets. D'où la nécessité de mobiliser des dispositifs et des outils financiers afin de faciliter le financement de projets locaux de production d'électricité photovoltaïque.

Pour cela, la Région a sollicité auprès de la Banque Européenne d'Investissement (BEI) l'ouverture d'une ligne de crédit de 200 millions d'euros, correspondant à 50% du montant des prêts envisagés dans le cadre du Fonds photovoltaïque régional sur la période 2011-2014. Pour permettre la gestion opérationnelle de ce fonds, la Région Languedoc-Roussillon a lancé un appel à projets en direction des établissements bancaires afin de sélectionner des établissements bancaires gestionnaires et co-financeurs du Fonds d'investissement photovoltaïque.

Suite à cet appel à projets, la Région a retenu trois banques : la Banque Populaire du Sud, la Caisse d'Epargne et le Crédit Agricole qui apporteront une contribution de 200 millions d'euros supplémentaires au Fonds d'investissement photovoltaïque. Ce fonds sera ainsi doté de 400 millions d'euros pour la période 2011/2014. Il permettra de financer l'installation de près de 200 MWc en Languedoc-Roussillon, soit 800 millions d'euros d'investissement sur le territoire régional.

Dans le cadre de ce Fonds, des prêts aux organismes de droit public ou privé (collectivités, entreprises, associations) investissant dans des équipements photovoltaïques en Languedoc-Roussillon seront accordés par ces trois banques. Ces prêts bénéficieront d'un taux préférentiel. En effet, afin d'améliorer les conditions proposées aux porteurs de projets, la Région apportera une garantie pour 25% de l'encours, ce qui diminuera le taux d'intérêt global payé par l'emprunteur. Le dispositif sera opérationnel après signature de la convention avec la Banque Européenne d'Investissement début 2011.

Les CCI misent sur les rencontres d'affaires

Cette année, le réseau des CCI du Languedoc-Roussillon était présent sur le salon Energaïa, en y proposant notamment une série de rencontres d'affaires Pro'energy. Sur le modèle du "speed dating", Pro'energy a enregistré plus de 200 inscrits pour lesquels 560 rendez-vous ont été programmés en B to B. L'occasion pour les entreprises régionales de rencontrer sur place des clients ou fournisseurs potentiels, tels que l'un des leader dans la construction au Moyen Orient, la société Butec basée à Beyrouth, qui compte 4200 employés dans le monde. En participant aux rencontres Pro'Energy, Butec souhaitait nouer des contacts et rencontrer des compétences en énergies renouvelables afin de pouvoir les intégrer dans ses projets d'envergure. "Dans notre tour Butec, à Beyrouth, tout un étage est réservé à nos partenaires lorsque nous les mobilisons sur des projets", précise sont dirigeant.

Une nouvelle édition de ces rencontres Pro'energy aura lieu les 16 et 17 mai 2011 à l'occasion des rencontres d'affaires technologiques organisées par le pôle Derby.

Contact : 04 67 13 68 15
Inscriptions à partir du 15/01/11 sur www.pro-energy.eu