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L'édition 2010 du festival de la biographie de Nîmes se tiendra au Carré d'Art, du vendredi 29 au dimanche 31 janvier, sous l'égide de deux co-présidents spécialistes du genre : Irène Frain et Alain Vircondelet. Durant trois jours, cette nouvelle édition associera auteurs, éditeurs, libraires et lecteurs autour du thème de " l'intime " sous l'œil du biographe. Véritable coup de projecteur sur ce genre littéraire, le Festival de la biographie s'est imposé en quelques années comme la manifestation de référence de la littérature biographique en France. Chaque édition draine plus de 30 000 visiteurs et rassemble une centaine d'auteurs venus de toute le France. Outre le très médiatique Charles Aznavour qui fera le déplacement pour présenter son autobiographie intitulée " A voix basse ", Gard Eco vous présente quelques uns des ouvrages dont les auteurs attendus sur ce salon.
Jean-Louis Bruguière : Ce que je n'ai pas pu dire Jean-Louis Bruguière, magistrat depuis 1973, a enquêté sur les affaires de terrorisme depuis plus de vingt-cinq ans. Il est considéré sur le plan international comme l'un des meilleurs connaisseurs en ce domaine. " Mon combat contre le terrorisme a duré presque trente ans. Des années passionnantes mais dures et quelquefois dangereuses. Car, pour faire ce métier, je dirais accomplir cette mission, il faut accepter les épreuves. (…) Si j'avais craint pour ma vie, je n'aurais pas affronté Action directe, la RAF allemande et les organisations terroristes italiennes. Je n'aurais pas combattu les réseaux islamistes radicaux (entre 1994 et 2001, près de 1 100 jeunes Français convertis ou d'origine maghrébine sont partis pour l'Afghanistan : par la suite, toutes les personnes que je vais croiser dans mes enquêtes y auront suivi des stages), je n'aurais pas non plus, après neuf ans d'efforts, d'embûches, de menaces de tous ordres et d'investigations sur tous les continents, clos l'enquête sur l'attentat contre le DC 10 d'UTA et fait condamner - certes par contumace - six hauts responsables libyens. " Du réseau de Madame Claude, qui ébranla la République, à la folie meurtrière d'un jeune Japonais dévorant une étudiante hollandaise, de l'ultraviolence d'Action directe aux attentats palestiniens comme celui de la rue des Rosiers durant les " années de plomb " de la France, de la main de Moscou armant des réseaux terroristes à l'assassinat de Chapour Bakhtiar par les Iraniens, le juge Bruguière a eu accès aux plus importants dossiers, aux plus lourds secrets. Aujourd'hui, il peut raconter.
Daniel-Sidney Bechet : Sidney Bechet mon père Il y a cinquante ans, Sidney disparaissait, laissant en souvenir d'inoubliables chefs-d'oeuvre, en tête desquels Petite fleur, qui lui valent de figurer au panthéon des " artistes les plus déterminants de l'histoire du jazz" du Lincoln Center de New York. Musicien d'exception, Sidney Bechet était par ailleurs un homme au caractère bien trempé, mais aussi un père à la tendresse chaleureuse et à l'humour savoureux, le papa dont se rappelle et que raconte son fils, Daniel-Sidney Bechet. Unique enfant de Sidney Bechet, Daniel-Sidney a suivi les pas de son père en pratiquant la batterie, les percussions et le piano. Dès ses débuts, à l'âge de 13 ans avec Kenny Clarke, il s'est fait remarquer par son étonnante technique et il perpétue, depuis, l'héritage paternel à travers le jazz-band qu'il dirige, interprétant en outre ses propres compositions. Si Daniel-Sidney Bechet, fils unique de Sidney, est détenteur de la mémoire de ce géant du jazz, dont il connaît évidemment l'oeuvre à la perfection, il reste surtout l'enfant qui a partagé sa vie jusqu'aux dernières heures et qui peut lever le voile sur des moments d'intimité jamais révélés à ce jour.
Alain Vircondelet : Albert Camus, fils d'Alger Considéré comme un des meilleurs biographes de sa génération, Alain Vircondelet a écrit de nombreuses biographies, traduites en de nombreuses langues, consacrées à de grandes figures de la littérature et de la spiritualité : Saint-Exupéry, Marguerite Duras, Jean-Paul II, Rimbaud, Blaise Pascal, Séraphine de Senlis… qui portent toutes sur des êtres en exil et en quête d'absolu. Il est aussi l'auteur de plusieurs récits sur son enfance algérienne : Maman la Blanche, Alger l'Amour, Alger Alger, qui ont fait de lui un des plus fervents disciples de Camus. Comme Camus, Alain Vircondelet est né à Alger, a vécu dans un quartier populaire, fréquenté les mêmes écoles, les mêmes plages, les mêmes lieux. Grâce à son ample connaissance de l'œuvre, à des documents rarement utilisés, notamment les nombreuses correspondances de Camus, Alain Vircondelet, par ailleurs déjà auteur d'un Albert Camus, vérité et légendes (Chêne, 1998) révèle ici la part obscure et algérienne de l'écrivain, sa douleur de l'exil, et sa nostalgie d'un pays devenu lieu mythique de refuge et de consolation. Pour la première fois, la vie d'Albert Camus est envisagée sous l'angle unique de son pays natal et d'Alger, sa ville tant aimée. Aucun moment de son existence, aucune de ses pensées ne se sont jamais éloignés des rivages de cette terre ardente sans laquelle, disait-il, il ne pourrait vivre.
Gilbert Collard : Avocat de l'impossible Qui est Gilbert Collard ? Qui se cache derrière ce personnage théâtral amateur de bons mots ? Comment fait-il pour défendre des monstres comme Aussarès ou Allègre, des manipulatrices comme Samantha Lemonier ou des profanateurs de tombes ? Dans quel état d'esprit est-on quand on vient de demander l'exhumation du cadavre d'Yves Montand ? Car même si "épouser la cause momentanée de l'inculpé n'est pas épouser sa cause", l'exercice demande quand même quelques dispositions et une maîtrise de soi remarquable. Christian-Louis Eclimont, transformé pour l'occasion en procureur impitoyable, pose les questions qui dérangent pour faire toute la lumière sur cet homme ambigu et libre-penseur et la difficile pratique de la Justice
Vladimir Cosma : Comme au cinéma Vladimir Cosma est né en 1940 à Bucarest dans une famille de musiciens. Son enfance se passe dans les coulisses des théâtres, entre musique symphonique et stalinisme. Au début des années 60, il débarque en France avec sa famille et pour seuls bagages son violon et ses cahiers de partitions. Les débuts sont difficiles, Vladimir Cosma gagne sa vie comme violoniste. Quelques années plus tard, en 1967, il a la chance de se voir proposer de composer la musique du nouveau film d'Yves Robert, Alexandre le bienheureux. L'entente avec le réalisateur de La Guerre des boutons est immédiate et Cosma composera par la suite la musique de tous les films d'Yves Robert. Après ces premiers succès, les films s'enchaînent. Gérard Oury, Claude Pinoteau, Claude Zidi, Pascal Thomas, Francis Weber, Jean-Pierre Mocky, Molinaro... tous les réalisateurs se l'arrachent. A ce jour, Vladimir Cosma, a écrit plus de 300 musiques de films pour le cinéma et la télévision, dont bon nombre de grands succès. Dans ce livre autobiographique, Vladimir Cosma dévoile les secrets de ses plus grandes partitions et nous ouvre en grand les coulisses du cinéma français. Souvenirs de tournage, portraits d'acteurs, rencontres avec les cinéastes, anecdotes de réalisation, secrets de composition… c'est les notes et les souvenirs de toute une vie de cinéma que nous livre Vladimir Cosma, dans ce bel album largement illustré d'affiches de films, de photos de plateaux et de pochettes de disques issues de sa collection personnelle.
Nicolas Rey : Un léger passage à vide Confession d'un enfant du siècle, c'est le plus personnel, le plus intime des livres de Nicolas Rey qui se raconte ici pour la première fois, avec une sincérité qui émeut, sans aucun fard. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers, l'ambiance de ses romans, la vulnérabilité et la lâcheté amoureuse, les textos dans la salle de bain, le foot, Paris, l'amitié fusionnelle… Mais surtout, on y retrouve cette petite musique, cette grâce concise qui lui est propre, une manière de rendre universelle une sensation fugace, la vie ordinaire. Entre rire et larmes, un très beau texte, son plus beau texte penseront beaucoup, magnifique moment de lecture émaillé de joyaux, d'images et de phrases à lire et relire comme autant de vitamines pour l'âme. L'auteur fétiche de la plus gardoises des grandes maisons d'édition revient avec cet ouvrage intime, pour célébrer le dixième anniversaire de " Au diable Vauvert ". A l'occasion de cet anniversaire, retrouvez la semaine prochaine l'interterview excliusive de Marion Mazauric qui revient sur cette décennie de " sa " maison d'édition.
Gérard Dhotel : Victor Schoelcher : "Non à l'esclavage" Victor Schoelcher a vingt-quatre ans lorsqu'il part à Cuba en 1828. Ce qu'il découvre alors sur le marché le terrifie : des hommes blancs richement vêtus négocient une jeune femme noire, dans les termes que l'on emploie pour vendre du bétail. En républicain enragé, Victor se fait le serment de consacrer sa vie à dénoncer l'esclavage et à tout mettre en œuvre pour le faire disparaître à jamais. Après maintes discussions avec des maîtres d'esclaves et une observation scrupuleuse de leurs manières, il rédige un article et deux ouvrages qui s'opposent fermement à la traite négrière, provoquant un scandale chez les anti-abolitionnistes. En 1848, après des années de lutte, les espoirs de Victor vont être concrétisés avec l'avènement de la Deuxième République : il est nommé sous-secrétaire d'État chargé des mesures relatives à l'abolition de l'esclavage, puis devient député de la Martinique. Le 27 avril 1848, l'esclavage est aboli en France et dans ses colonies ; cette émancipation est suivie par de nombreux pays européens et américains.
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