Nos abonnements
Dopez votre
Business
LE PACK PRO
Pour 199 € TTC par an, recevez :
Le magazine
Gard eco le journal économique du Gard, chez vous chaque semaine.
"la référence de l’information économique du Gard."
Gard Eco PDF
Téléchargez avant tout le monde la version PDF du magazine 3 jours avant sa date de sortie.
"Prenez une longueur d’avance !"
Annonces légales
Tous les jours les annonces légales du Gard et accédez aux archives en illimité.
"Identifiez vos nouveaux clients et détectez vos nouveaux concurrents avant tout le monde."
Marchés publics
Tous les jours les marchés publics du Gard et accédez à leur contenu en intégralité.
"Du chiffre d’affaires à portée de clic !"
Formation
Un appui à l’élaboration d’un dossier de candidature aux marchés publics.
"Une expertise qui fait la différence !"
LE CLASSIQUE
Pour 46 € TTC par an, recevez :
Gard Eco, le magazine dès la semaine prochaine, à votre adresse postale.
| Salon Coventis : La coopération au secours du capitalisme |
|
|
|
| Lundi, 23 Avril 2012 08:00 | |
|
L'économie sociale et solidaire s'expose cette semaine à Montpellier. Le secteur veut poursuivre son développement et gagner en visibilité auprès des politiques.
En plus de l'activité traiteur, un restaurant devrait ouvrir d'ici le mois de juin. Yves Sévenier est plutôt optimiste quand au succès de la recette, malgré les deux à trois mois de retard qu'ont pris les travaux. "C'est un modèle d'alternative économique qui a toute sa dimension dans une société qui ne fait aucun cadeau aux gens sur le bord de la route", déclare-t-il. La Table de Cana n'est pas seulement une belle aventure humaine, née en 1984 de la rencontre d'un prêtre jésuite et de SDF qui souhaitaient se réinsérer. L'établissement nîmois appartient au groupe Réplic, une société coopérative d'intérêt collective régionale déjà présente dans les transports, le recyclage, et la distribution de véhicules électriques. "Une vision nouvelle de l'entreprise", se plaît à dire Yves Sévenier. Le capital de la société regroupe des collectivités publiques (Région, Conseils généraux du Gard et de l'Hérault, Agglo de Montpellier) et des privés (Caisse d'épargne, Emmaüs, Face, Airdie).
Les onze employés sont formés sur le tas, grâce à cinq encadrants. En échange, La Table de Cana reçoit des subventions publiques. "Plutôt de voir qu'un énième concurrent ouvre en ville, je serais heureux que mes collègues restaurateurs viennent ici recruter puisque le secteur manque de main-d'œuvre", explique Yves Sévenier, à ceux qui pourraient l'accuser de concurrence déloyale. Car l'établissement repose aussi sur un pari économique. C'est la seule Table de Cana en bio, et elle s'engage à n'acheter que des produits locaux. "Nous allons être obligés de démultiplier notre temps de travail : sept jours sur sept, midi et soir", prévient le directeur. Pour bien démarrer, il espère notamment le soutien du secteur de l'économie sociale et solidaire, pour l'organisation de réceptions par exemple.
Interview de Guy Barbotteau, président de la Cres* : "Lutter contre l'individualisme"
Ce serait bien prétentieux de l'affirmer. Cela peut être une solution acceptable pour un certain nombre de préoccupations, notamment les délocalisations. Nous ne voulons pas combattre l'économie capitaliste mais plutôt ses excès, notamment la financiarisation de certaines banques, mais aussi lutter contre l'individualisme. Je n'ai rien contre les artisans mais si nous avions par exemple une organisation un peu plus structurée de l'artisanat, avec des établissements de plus de deux ou trois salariés, ce serait bénéfique à la fois pour les artisans, l'économie du pays et nos possibilités à l'export. 90 à 95% des structures ont moins de cinq salariés. C'est la faiblesse du tissu économique français ! Ce n'est pas avec cela qu'on ira à l'international. La coopération peut être un début de réponse. On a peu parlé de l'économie sociale et solidaire pendant cette campagne présidentielle... En 2007, j'ai vérifié, une demi ligne dans le programme du PS, trois mots dans celui de l'UMP. C'est tout. Cette année, il y a une personne qualifiée auprès du candidat socialiste. À l'UMP, c'est également le cas. Le front de gauche aussi a parlé de nous, avec les Scop. Nous avons interpellé les candidats à deux reprises. Et le travail de reconnaissance n'est pas terminé. Nous allons faire du lobbying vis-à-vis des candidats aux législatives (10 et 17 juin prochains). La mutualité organise à Nîmes un débat au mois de juin avec l'ensemble des partis politiques à l'Assemblée nationale. La date de Coventis, dans l'entre-deux-tours, n'a pas non plus été choisie au hasard. Nous voulons que ce soit une caisse de résonance pour parler de l'économie sociale d'une façon un peu différente dans un salon d'affaires. Et nous espérons que les deux qualifiés se déplacent à Montpellier. Pouvez-vous nous expliquer le slogan de cette année, "Quand affaires rime avec solidaire" ? C'est pour lutter contre l'image d'affairisme donnée à l'économie ces dernières années. Nous savons bien que nous pouvons faire de l'économie en étant respectueux à la fois des clients et des fournisseurs. Tout le monde n'est pas dans la recherche du profit à deux chiffres. Il faut réorganiser la production locale et les circuits de distribution pour permettre aux producteurs et aux consommateurs de s'y retrouver, et non pour enrichir les marchands de pétrole. Voilà l'enjeu pour la société ! Dans cette région, le secteur est déjà un peu structuré. La Cres réunit l'ensemble des acteurs : la quasi totalité du monde associatif, les structures d'insertion par l'activité économique, le secteur bancaire et le secteur agricole. Historiquement, il y a une forte présence de petites coopératives viticoles. Dans les milieux parisiens, on parle de "l'écosystème languedocien". Charles Gide (1847-1932, théoricien du mouvement coopératif) est né à Uzès. La première clinique mutualiste a été créée à Montpellier, la première cave coopérative dans l'Hérault. Une étude de l'Urssaf montre que les effectifs ont baissé entre 2010 et 2011 ? Cette étude porte sur des données statistiques restreintes, sans le secteur agricole. Elle est donc incomplète mais significative. Nous avons perdu 850 postes d'un trimestre à l'autre. Le chômage a augmenté dans la région. Cela se retrouve dans l'économie sociale mais de façon moindre. Nous sommes présents dans les trois-quarts de l'activité. Les services aux entreprises ont perdu de l'emploi. Le bâtiment et la formation ont souffert. Il faut ajouter les décisions de resserrer les aides aux associations et les subventions des collectivités locales qui ont baissé. *Chambre régionale de l'économie sociale |






Du bio, du local, de l'insertion. À Nîmes, la Table de Cana, qui vient d’ouvrir en Ville Active, entend incarner les valeurs de l'économie sociale et solidaire qui tient son salon ces jours-ci (voir par ailleurs). Ce traiteur cuisine des produits de l'agriculture biologique, ne se fournit que dans des filières courtes et emploie du personnel en difficulté dans le cadre d'un chantier d'insertion. En résumé, l'entreprise parfaite... Non, sourit son directeur, Yves Sévenier. "Mais c'est un projet absolument magnifique pour Nîmes et toute l'agglomération."
Réplic gère deux autres restaurants Table de Cana, à Perpignan et Montpellier. L'enseigne nîmoise compte onze personnes en insertion. Des gens entre 20 et 54 ans, "qui ont envie de travailler", insiste Yves Sévenier. Ce dernier ne goûte guère les discours stigmatisant tous les chômeurs comme des assistés. D'autant que le déclassement peut aller très vite, rappelle-t-il. "Un divorce, un licenciement et en huit mois vous êtes à la rue."
Est-ce que l'économie sociale et solidaire est un remède à la crise ?