La vision des experts-comptables
Présente cette année sur le SITEVI, l'Association régionale des experts-comptables agricoles regroupe les membres de l'Ordre régional particulièrement attentifs au monde agricole. Acteurs et spectateurs des évolutions, ils nous livrent leur vision par la voix de Jean-Pierre Croce, trésorier de l'association.
Gard Eco : A l'occasion du SITEVI, l'ARECA a choisi d'avoir un stand spécifique plutôt qu'un emplacement qui aurait pu être celui de l'Ordre régional des Experts-Comptables. Vos professions sont-elles à ce point différentes ?
Jean-Pierre Croce : Il ne s'agit pas d'un métier à part, mais il y a des spécificités au niveau de l'agriculture. Pendant des années, le lobby agricole, en pesant sur les gouvernements, a été soumis à un régime singulier. En recevant des subventions, mais également via un régime fiscal particulier. C'est pour être au plus près de ces règles spécifiques que s'est formée l'ARECA. Aujourd'hui, ce qui reste surtout, c'est la spécificité du cœur. Car l'agriculture, c'est la terre, c'est la convivialité, le rapport humain.
Est-ce que les experts-comptables membres de l'ARECA se consacrent uniquement à des clients issus du monde agricole ?
Il n'est pas possible de n'être qu'expert-comptable agricole. Les membres de l'ARECA ont un volet d'activité lié à l'agriculture, et je crois que nous sommes tous tombés dans ce chaudron depuis des années. Nous avons un noyau d'agriculteurs dont nous essayons d'être les plus proches, mais il est clair que cela ne suffit pas à l'activité d'un cabinet.
Quels sont vos rapports avec vos confrères, et le reste du tissu économique ?
Nous sommes associés et soutenus par les centres de gestion, qui accompagnent eux aussi les agriculteurs. Nous bénéficions également du soutien de l'Ordre régional des Experts-comptables.
Conseillers du monde agricole, vous avez été les témoins de son évolution depuis plusieurs décennies. Quel regard portez-vous sur ce qui se passe aujourd'hui ?
Il y a de profonds changements. Les jeunes sont aujourd'hui obligés de faire face à des problèmes économiques importants. Ils n'ont plus de réserves, mais surtout, ils n'ont plus la famille autour. Ce phénomène sociologique pèse lourd dans la balance, surtout lorsqu'il faut investir massivement dans une exploitation. L'agriculture devient une industrie, avec des investissements et des coûts importants. Si l'on prend l'exemple du lait, on constate que les grands groupes achètent à des prix au ras des pâquerettes, ce qui place les producteurs au bord de la faillite. On les tire vers le bas.
N'est-ce pas le résultat d'une politique qui, en subventionnant massivement les exploitations, les a incitées à s'industrialiser ?
On les a maintenus, on les a appuyés, mais tout cela a conduit à les confronter à des multinationales qui n'ont plus le respect du métier.
Aurait-on pu faire autrement ? quelle autre voie aurait été souhaitable ?
Non, tout s'est placé dans le droit fil de l'évolution mondiale de l'économie. Aujourd'hui, on sait produire à l'autre bout de la terre, et on dispose de moyens de transport et de conservation qui permettent de livrer n'importe quoi n'importe où.
Et demain ?
2009 est l'année de Darwin, et je crois que pour l'agriculture aussi, on peut penser que seul les meilleurs vont rester.
Qui sont ces survivants de demain, et quelles sont les voies d'excellence pour les exploitations agricoles ?
Il y a trois façons de s'en sortir : tout d'abord, jouer l'excellence en termes d'image et de notoriété, comme cela se fait dans le vin chez certains producteurs. On peut ensuite trouver des réponses en jouant la diversification par exemple, en ne restant pas mono-produit, ou en jouant la carte de produits émergents, comme l'olivier chez nous en ce moment. Enfin, la piste de l'agrotourisme, et de ses compléments de revenus doit prendre de plus en plus d'ampleur.
Les agriculteurs sont-ils prêts à jouer la carte de l'agrotourisme ?
Il y a une sorte de transfert de compétences qui se fait naturellement entre le métier agricole et l'agrotourisme. La convivialité fait partie des valeurs fondamentales du monde agricole.
Nous évoquons ici des facteurs propres aux exploitants. Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi une remise en cause plus structurelle qui s'impose ?
Il ne faut pas occulter le problème de taille des exploitations. Suite à la révolution française, il s'est produit un morcellement, et un mitage des exploitations. Vers la fin des années cinquante, avec la création de la SAFER (Société d'aménagement foncier rural), il a été tenté de regrouper et de fédérer les exploitations. Mais aujourd'hui, dans le midi, la moyenne des exploitations ne dépasse pas une dizaine d'hectares. C'est ce qui a expliqué d'ailleurs l'émergence des coopératives agricoles, qui était la réponse à ce morcellement. Une bonne réponse à l'époque, qui n'a peut-être pas su s'adapter aux nouveaux enjeux.
Votre vision de l'avenir ?
En tout état de cause, il faut admettre que ce monde agricole est en pleine mutation. Les jeunes n'ont pas du tout la même conception que leurs parents. Ils veulent en vivre, mais ils veulent aussi vivre. Pour la générations des trente glorieuses, on quittait tôt l'école pour prendre la succession de l'exploitation familiale. Aujourd'hui on rencontre beaucoup de viticulteurs qui conseillent à leurs enfants de ne pas faire le même métier. C'est un paradoxe, car ils sont très fiers de nous présenter leur enfant lorsque celui-ci reprend l'exploitation, tout en ayant une folle angoisse pour leur avenir. La seule certitude à ce jour, c'est qu'il va falloir changer !
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Les experts-comptables récompensent l'audace
Les sept lauréats régionaux de l'édition 2009 du concours Cré'acc, organisé par l'ordre des experts-comptables, ont reçu leur prix mardi 24 novembre dernier, au cours du Forum de la création d'entreprise de Montpellier.
Ils ont été 25 cette année à déposer via Internet un projet en Languedoc-Roussillon, pour ce concours réservé aux porteurs de projets et aux créateurs de moins de 6 mois.
Les sept lauréats régionaux se sont vus remettre un chéquier service d'une valeur de 3000 euros. Parmi eux, deux gardoises : Céline Quevreux, dans la catégorie "jeunes de moins de 30 ans", pour son projet de création d'une salle de théâtre avec restauration, et Dominique Lequertier, dans la catégorie "Création au féminin" pour son projet de complexe hôtelier.
L'édition 2010 du concours débutera au mois d'Avril.
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A lire
Consommer moins, consommer mieux
De quoi peuvent bien débattre Serge Papin, patron de la coopérative Système U, et Jean-Marie Pelt, écologiste convaincu ? De la "fin de l'existentialisme du caddie", signe des bouleversements récents des comportements des consommateurs. Mêlant la hausse des prix, la baisse du pouvoir d'achat, avec en toile de fond la crise économique internationale, les auteurs estiment que les français sont "poussés à redéfinir leurs priorités d'achats, s'éloignant du superflu et du futile pour privilégier l'utile, comparant les prix, optant plus massivement pour le hard-discount et les marques des grands distributeurs pour dépenser moins. Mais aussi privilégiant des produits respectueux de l'environnement (commerce équitable, produits bios) qui, eux, ne connaissent pas la crise". Une tendance durable selon eux, qui traduit une évolution profonde des valeurs. La consommation ne ferait plus le bonheur. Victime de ses excès, la société de consommation de masse serait vouée à disparaître pour laisser place à des consommateurs devenus "responsables". Qualité des produits, qualité du service, prix réduits et proximité vont-ils devenir les maîtres mots d'une nouvelle consommation à échelle humaine ? Au travers de cet ouvrage, Serge Papin confirme le positionnement qu'il souhaite donner à Système U, basé sur la proximité, et privilégiant les producteurs et les habitudes de consommation locale.
Plus de 45 000 visiteurs sur le SITEVI
Pour les professionnels des filières vigne-vin et fruits-légumes, le SITEVI est devenu l'un des salons de référence à l'échelle mondiale, en termes de matériels, d'équipements et de services. Pour sa 24ème édition, il regroupait cette année du 1 au 3 décembre à Montpellier près de 700 exposants, dont 25% venant de pays étrangers. "Cette position incontournable suscite une attente très forte de la part de nos visiteurs, commente Martine Dégremont, directrice du SITEVI. Elle exige de nos équipes d'être en permanence tournées vers l'avenir, l'anticipation des évolutions des filières, les innovations, et bien sûr, l'international. L'édition 2009 du SITEVI a été conçue comme un atelier d'aide aux professionnels français et étrangers, avec de nombreuses nouveautés. Le contexte particulièrement tendu que traversent aujourd'hui les deux filières, amène le SITEVI à se positionner comme une réponse globale."
Les grandes tendances 2009
Au cœur du salon, Jean-Bernard Montalescot, conseiller technologique du SITEVI, porte un regard avisé sur les tendances de l'innovation 2009. Il note notamment "la capacité des constructeurs européens à produire de nouveaux outils de travail de la vigne, à développer des techniques œnologiques au service de la performance pour l'élaboration de vins de qualité, leur élevage ou leur conditionnement." Selon lui, "les matériels viticoles occuperont une place privilégiée et, dès aujourd'hui, la première tendance concerne la qualité des travaux viticoles et trouve sa pleine expression avec de nouveaux capteurs portables aux vignobles. Les technologies les plus audacieuses déterminent par exemple la date optimum de récolte ou utilisent des ordinateurs embarqués sur machine à vendanger dont aucun autre secteur d'application ne peut se prévaloir. L'aide à la décision pour la conduite du vignoble bénéficie des dernières performances technologiques des systèmes d'information embarqués pour le contrôle, la gestion ou le management des machines à vendanger. La connaissance des process œnologiques apporte de nouvelles possibilités pour les pilotages fermentaires, le traitement des mouts et la filtration, ou pour simplifier la programmation des pressoirs. En amont les opérations mécanisables, de conduite et d'entretien du vignoble, les technologies traditionnelles répondent directement aux programmes d'économie d'énergie ou de limitation de l'usage des produits phytosanitaires conformément au plan européen Ecophyto 2018. Les difficultés conjoncturelles des marchés du vin incitent aussi à innover dans les démarches marketing. Le conditionnement des vins doit être sans défaut en matière sanitaire et les mesures au laboratoire sont de plus en plus rapides et à la portée des producteurs. La commercialisation des vins bénéficie d'innovations en matière de packaging avec la simplification des conditionnements favorisant la publicité."
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