| Qualité de l'air intérieur : La filière risques s'installe dans le Gard |
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| Lundi, 06 Février 2012 10:39 | |
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Alès accueille cette semaine un colloque sur la qualité de l'air intérieur. Un sujet méconnu qui cache un marché à conquérir pour les entreprises locales. Pollution aux hydrocarbures, pollution à l'ozone, pollution des fleuves et des rivières. En matière environnementale, on croit souvent que les risques sont à l'extérieur. Et pourtant ce n'est pas forcément chez soi qu'on est le mieux protégé. "On va vers des habitats de plus en plus confinés pour des raisons énergétiques. Problème, ils confinent aussi tous les produits", explique Jean-Louis Fanlo, directeur adjoint du laboratoire génie de l'environnement industriel (LGEI) à l'école des mines d'Alès. Peinture, ameublement en bois reconstitué, moquette, plastique, détergents en tout genre, sans oublier l'encens et les désodorisants. La liste peut donner le tournis. Tous ces produits émettent des "Cov", des composés organiques volatils, susceptibles de nuire à la qualité de l'air respiré. Quand on sait que nous passons 80% de notre temps dans un lieu fermé... Des études scientifiques ont montré l'impact des Cov pour l'homme, selon Jean-Louis Fanlo. Cela peut aller de la simple démangeaison au syndrome dit du "bâtiment malsain", entraînant parfois un mal-être psychologique. "C'est une problématique sociétale qui va impacter tous les décideurs." C'est pour faire le point sur ce sujet que l'école des mines d'Alès organise ce mardi une conférence intitulée "Qualité de l'air intérieur : Mais la journée ne se résume pas à une rencontre d'experts et de sommités scientifiques. Les industriels et les entrepreneurs sont aussi invités. Objectif : susciter des vocations. "Nous sommes obligés de faire venir les spécialistes de loin car c'est un microcosme, admet Jean-Louis Fanlo. Mais nous voulons ouvrir le marché local." La conférence est organisée en partenariat avec le pôle de compétitivité Risques, qui a pour mission de structurer une filière gestion des risques en Paca et en Languedoc-Roussillon.
"La qualité de l'air intérieur est très riche d'un point de vue réglementaire mais il manque de compétences en local", souligne Lucile Lallié, chargée de mission à Défirisq (lire à côté) au sein du pôle de compétitivité. Depuis le premier janvier, un décret impose par exemple un étiquetage concernant les Cov sur tous les produits de construction et décoration. "Il y a beaucoup d'inquiétudes de la filière pour faire étiqueter", remarque Lucile Lallié. "Le décret impose un étiquetage qui doit indiquer très précisément ce qu'émet le produit, précise Jean-Louis Fanlo. Cela veut dire pour les industriels : trouver le laboratoire d'analyses, bien connaître ses produits mis sur le marché, et sans doute réfléchir à une démarche qualité pour aller vers des matériaux de moins en moins émissifs." Les industriels vont avoir beaucoup de problèmes à résoudre : mesurer les Cov, évaluer les risques, promouvoir les bonnes pratiques. Alès dispose d'un atout non négligeable grâce à l'école des mines et son incubateur. Jean-Louis Fanlo anime déjà au LGEI une équipe de travail sur le thème "Odeurs et Cov". À terme, un marché potentiel pour des bureaux d'analyses et autres start'up, encore peu présents dans le Gard à l'exception de Cairpol. Les organisateurs espèrent à l'issue de la journée faire naître des synergies. "Nous souhaitons profiter de la dynamique de la conférence pour mettre en place des projets collaboratifs de recherche et créer un noyau dur d'entreprises", confie Lucile Lallié. Une journée de travail fondatrice pour insuffler sur la filière de l'air... frais de préférence.
Pôle de compétitivité : Défirisq scrute le territoire Nîmes-AlèsÀ la recherche des pépites. C'est comme cela qu'on pourrait résumer Défirisq (définition de nouvelles filières sur les risques). Il s'agit en fait d'une feuille de route qui s'intègre dans le pôle de compétitivité Risques. Basé à Aix-en-Provence, il réunit dans une démarche partenariale plusieurs centaines d'intervenants, laboratoires, entreprises, bureaux d'études, des régions Paca et Languedoc-Roussillon. La phase d'inventaire et de diagnostic devrait bientôt être achevée. La mission Défirisq pourrait être pérennisée au sein du pôle de compétitivité. L'axe Nîmes-Alès est scruté de près pour accueillir à terme des filières d'innovation. "Nous voulons faire de l'attractivité", précise Lucile Lallié. C'est le but de la conférence de cette semaine sur la qualité de l'air intérieur où une centaine de personnes, dont des chercheurs de l'école polytechnique, devraient être présentes. Défirisq a aussi accompagné une quinzaine d'entreprises au salon Pollutec en décembre dernier, en partenariat avec les services économiques des agglomérations de Nîmes et Alès. Les deux collectivités veulent en effet promouvoir cette filière dans le cadre du pôle métropolitain. L'un des projets est notamment de créer un centre d'expérimentation des risques. |






Molécules chimiques, bactéries, moisissures : les sources de pollution sont nombreuses. Pour accéder au marché de la qualité de l'air intérieur, les entreprises doivent apporter des solutions en métrologie, c'est-à-dire proposer des appareils de mesures. Sur le bassin alésien, Cairpol (sept salariés, 200 000 € de chiffre d'affaires en 2011) s'est positionnée sur ce créneau. La société conçoit des capteurs de mesure, en particulier pour les stations d'épuration. 30 de ses capteurs équipent ainsi depuis 2009 la station de Véolia à Lattes, et participent au pilotage de la structure. Une première mondiale ! Bientôt à l'équilibre, l'entreprise poursuit son développement à l'international. Elle vient de signer des contrats au Mexique et aux Emirats.