| Pont du Gard - Un été tout feu tout flamme |
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| Lundi, 23 Mai 2011 08:00 |
Interview : Gilles Picard, DG du Groupe F : "Ça ne nous arrive pas souvent de jouer devant les amis"
Groupe F et le Pont du Gard, ça commence à être une longue histoire ? Il y a eu une première approche avec l'EPCC du Pont du Gard en 2006, puis deux spectacles en 2007 et 2008. En 2009, nous avons fait une respiration de notre côté. Au niveau de l'EPCC, il y avait un manque de subvention. La collaboration a repris en 2010. Mais avec le Pont du Gard, l'approche change complètement. On le considère presque comme un site naturel, tellement le Pont fait partie du paysage. À chaque fois, l'émotion est intacte. Pourtant, beaucoup l'oublient mais cette construction a été un geste salvateur en apportant l'eau à la ville de Nîmes. Ça n'a rien à voir avec la tour de Dubaï où là on montre qu'on est les plus costauds. En plus, ce type de monument n'a aucune utilité. À quoi va ressembler l'édition 2011 ? Le spectacle s'intitule "Impressions". Nous ne faisons pas dans la didactique. Nous cherchons l'émotion en premier. Toute la panoplie du groupe F sera utilisée. La palette pyrotechnique bien sûr, mais pas seulement. Nous faisons aussi appel à des comédiens. Il y aura une création musicale. C'est une mise en scène globale, qui intègre la vidéo. Le terme impressions (au pluriel) fait référence à l'art pictural, au dessin, au cinéma. Nous prenons comme support le Pont, avec un jeu de constructions et déconstructions. C'est ce qui fait la magie du lieu. Il n'y a pas de gradin, comme l'an dernier. Nous en avions mis en 2007 et 2008 mais ça a été supprimé. D'abord pour des raisons budgétaires. Mais en plus les spectateurs ont le libre choix.
Que représente le Pont du Gard par rapport à vos autres productions ? Le Groupe F mobilise 24 personnes. Le travail a déjà démarré. Au siège, c'est une petite ruche de 15 personnes. Mais pour la mise en place et la réalisation, nous serons en tout 24, ce qui n'est pas neutre. 70% de notre activité se fait à l'étranger. Le reste en France est tiré par notre production à Versailles et par le Pont du Gard, avec à côté des feux d'artifice pour les municipalités. Le Pont du Gard est donc structurant pour nous. Mais il n'y a pas que ça qui compte. On est à la maison. Ça ne nous arrive pas souvent de jouer devant les amis, la famille. Espérez-vous revenir l'an prochain, pour une troisième année consécutive ? Nous ne sommes pas prêts de lâcher. Bien sûr, nous sommes habitués aux grands évènements comme les JO ou la coupe d'Asie au Qatar. Là-bas à Doha nous avions plus de 100 personnes. C'est hors du commun ! Mais les moyens ne sont pas les mêmes. Ce sont des réalisations peut-être plus conventionnelles, autour du feu d'artifice. Des choses que nous maîtrisons. Ici, au Pont du Gard, l'investissement en termes de création est très important. C'est une mise en danger, au sens artistique mais c'est l'essence même du travail sur la lumière. Un véritable pari ! Le fait de revenir chaque année, ça nous permet de nous nourrir des remarques du public. Je suis convaincu qu'il y a encore des choses à tenter. Informations pratiques :
"Impressions" et contemplation sur les berges du GardonImpressions…Contemplation… Comme dans un souffle emporté par le vent de l'été, ces deux mots s'envolent dans le ciel du Pont du Gard. Impressions d'un soir. Contemplation d'une nuit. Ou comment dans un rythme quotidien trépidant, le temps s'allonge soudain, imposant une respiration plus lente. Un nouveau défi pour le Groupe F qui a déjà fait rêver plus de 40 000 spectateurs venus s'installer sur les rives du Gardon en juin dernier. Le Pont du Gard, une star de pierre…
De la réflexion à la naissance : "Impressions" "Face à la grandeur de ce pont contemplant vingt siècles d'histoire et en nous regardant nous humains, nous agiter sans cesse, je me suis demandé quelles étaient nos priorités actuelles. Quelle est l'emprise de l'homme sur son environnement ? Et si nous arrêtions un instant de courir pour nous poser, regarder, écouter, sentir, ressentir… ? Reconsidérer l'espace temps !" "Cette saison, nous serons dans la contemplation. Dans un contrepied proposant plusieurs lectures, comme dans une série de clips. L'inspiration d'ailleurs m'est venue en regardant les créations du réalisateur Michel Gondry. Nous avons travaillé sur toute une série de propositions, de séquences, de réflexions. Pour que chaque spectateur puise son plaisir dans la diversité des propositions". Un mélange de son et de lumière
Une mise en scène adaptée au Pont du Gard Autre phase, autre construction… Des klaxons, des briques de couleurs, des champignons… Images et bruits habillent le pont, le remodèlent dans une série de performances très rythmées. Travaillant sur les ruptures, les silences et les mélodies, les vidéos et le noir, le Groupe F jette un regard sur l'accumulation d'images et signe là une nouvelle ère pour ses mises en scène. Après avoir fait rêver lors des cérémonies d'ouverture et de clôture des JO d'Athènes, fait briller le ciel parisien lors du passage à l'an 2000, puis mis en lumière une Face cachée du soleil à Versailles, Le Groupe F réinvente un concept. "Nous avons voulu ici créer un spectacle adapté au Pont du Gard. Quelque chose qui ne soit pas transposable ailleurs parce qu'en symbiose totale avec le site. Nous nous sommes ouverts un nouvel espace de recherche pour une expérimentation unique. Notre souhait le plus profond, prendre le temps d'interpréter les lieux où le Groupe F pose ses valises. Se laisser inspirer par l'esprit du lieu et la majesté du monument. Nous avons la chance d'avoir un volume en trois dimensions. Il a fallu composer avec une vallée naturelle profonde, un aqueduc créé de la main de l'homme et auréoler le tout d'une fiction. On débarque, on découvre, on explore, on transforme puis on observe. Le scénario se déroule en plusieurs actes". Le résultat ? Une mise en scène joyeuse, ludique où les tableaux sont comme des jeux de piste, où l'homme et son environnement interagissent. "A la fin c'est quand même la nature qui a le dernier mot, c'est Gaïa, la déesse de la terre, qui reste aux commandes" précise le metteur en scène. Si le propos se veut délibérément emprunt de modestie, le Groupe F n'en oublie pas pour autant les effets pyrotechniques et les projections vidéo qui font son succès. Embrasé par des feux d'artifice chorégraphiés dans les moindres détails, le site va embarquer les spectateurs dans un grand voyage. "Un voyage sur place où l'imagination va s'envoler très loin, sous la houlette de quatre personnages plein d'inventivité, par petites touches, sans jamais imposer une façon de penser. Chacun doit avoir le temps de la réflexion. L'essentiel ici étant avant tout de laisser parler le site, d'embellir cet endroit si fragile. Notre spectacle n'a d'autre but que de le faire vibrer, de faire vibrer les spectateurs et d'ouvrir le dialogue. Pour nous un bon spectacle c'est celui qui sonne juste dans l'espace où il est joué. Nous espérons réussir ce défi" conclut Christophe Berthonneau. Tout en "Impressions", le cru 2011, se veut à l'écoute du lieu, de son histoire, de son environnement. Pour ne laisser qu'un sentiment subtil, une émotion que chacun emportera ensuite avec lui pour la laisser grandir…
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Pour la quatrième fois, le Groupe F donne rendez-vous en juin au pied du célèbre aqueduc pour une nouvelle création, "Impressions". Un spectacle grandeur nature mêlant feu d'artifice, musique et vidéo. Gard-Éco a interviewé Gilles Picard, directeur général du Groupe F
Dans un hommage toujours renouvelé au pont, le Groupe F a décidé cette année, d'occuper l'espace, de ne pas se cantonner au pont mais de le mettre en scène au cœur de sa vallée, de son site, de sa plage, de ses rochers qui lui donnent son relief et son identité. Si l'année passée, le Groupe F s'était attaché à créer un univers sensitif racontant l'histoire du pont en cinq actes et dans tous ses états, cette fois-ci, Christophe Berthonneau a souhaité se placer au cœur de cet environnement grandiose. "lI m'a semblé évident pour cette nouvelle édition, de faire du décor naturel, le premier acteur de ma mise en scène. C'est le troisième spectacle que je crée pour ce site et ma connaissance du lieu nous permet d'apporter de nouvelles réponses."
Emporté par des personnages de lumière, l'oeil se porte alors sur le pont mais aussi sur le rocher central dont la faille libère des jets lumineux. Dans un mélange de musiques électro-accoustiques contemporaines composées par Eric Noel et l'Américain Scott Gibbons, un concert de flammes vient réveiller les lieux. Le feu modeste au départ, prend peu à peu de l'ampleur. Les sons s'échappent et s'immiscent partout. Grillons, oiseaux de nuit, bals populaires… Les premières notes sont diffusées, puis s'amplifient pour redescendre tout doucement. Pour mieux laisser le temps de s'imprégner, faire monter le plaisir et s'envelopper de musique.