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Pascal Binelli : Candidat pour un second mandat PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 12 Juillet 2010 08:33

C'est finalement la date du 13 octobre prochain qui a été retenue pour les prochaines élections consulaires des Chambres de métiers. Il reste donc trois mois aux différents candidats pour faire campagne, et essayer de donner aux électeurs l'envie d'aller voter. Car après un dernier mandat fortement médiatisé autour de la capacité des camps opposés à bloquer le fonctionnement de l'institution, le taux de participation des artisans demeure une donnée inconnue. Tandis que dans le camp adverse, on joue "la paix des braves", en annonçant une alliance entre Henry Brin et Serge Alméras, ce dernier se positionnant en tête de liste, Pascal Binelli confirme qu'il sera bien candidat à sa propre succession. Celui que l'on présentait lors de son élection comme une marionnette choisie au bénéfice de l'âge a fait la preuve qu'il savait encaisser les coups, et qu'il est prêt à retourner au combat pour affronter ses détracteurs. Pour Gard Eco, il revient sur la mandature passée, et sur ses envies pour l'avenir.

10-07-13-binelliGard Eco : Avant d'évoquer les questions qui touchent au fonctionnement de la Chambre, commençons par ce qui est - et aurait toujours dû n'être que la principale question - son action au service des artisans. Dans ce contexte de crise, comment la CMA peut-elle agir ?

Le principal frein que nous rencontrons est que nous n'avons malheureusement qu'un contact tardif avec les entreprises artisanales qui ont des difficultés. Dans la période actuelle, nous essayons de limiter la casse. Ce qui est dommage, c'est que lorsque les entreprises viennent à nous, nous n'avons plus les moyens d'agir, et nous ne pouvons qu'essayer de sauver les meubles. Beaucoup pensent être en capacité de se sortir seuls des problèmes et des incidents de parcours. Notre mission est donc d'agir le plus en amont possible, et c'est la raison pour laquelle nous avons voulu mettre en place la plus grande proximité avec nos ressortissants.

La proximité est un vaste domaine… concrètement, de quelle proximité parlez-vous ?

Cette proximité est passée par une réorganisation des services, avec notamment la mise en place d'agents référents pour les entreprises, capables d'assurer leur suivi. Nous nous sommes également dotés d'outils pour ce suivi, pour pouvoir suivre l'évolution des attentes de nos ressortissants dans le temps. Grâce à cela, nous pouvons être force de proposition, pour apporter le plus rapidement possible les réponses à ces besoins latents ou exprimés. Et si les résultats des élections me permettent d'effectuer une nouvelle mandature, mon souhait serait de poursuivre cette démarche de proximité. Car cela permet aussi de mieux présenter l'offre de la Chambre, qui demeure à mon sens mal connue, d'où notre souci de communiquer. Nous devons montrer aux artisans que nous disposons d'un catalogue d'outils et de solutions qui correspondent à leurs besoins.

Dans un contexte également marqué par les restrictions budgétaires, avez-vous les moyens d'agir ?

A l'échelle régionale, la Chambre de métiers du Gard est celle qui dispose des plus importantes ressources humaines et financières. C'est le fruit d'une bonne gestion, non seulement au cours de ma mandature, mais aussi de celles qui ont précédé. Nous avons donc les moyens non seulement d'agir, mais aussi d'investir pour l'activité et les emplois de notre territoire. Cet investissement, c'est par exemple la démarche qualité dans laquelle nous nous sommes inscrits, et qui traduit notre volonté permanente de remise en question. Lorsque cette démarche qualité nous a été proposée, j'avoue que je ne voyais pas forcément quelles pouvaient en être les applications et les plus-values pour une institution comme la nôtre. Pourtant, aujourd'hui, je constate que c'est grâce à cette démarche que nous avons su évoluer et nous adapter, à tous les niveaux. Nous avons été la première Chambre à le faire au niveau national, et d'autres ont depuis suivi le pas.

Est-ce que les artisans sont demandeurs des services que vous proposez ?

L'accompagnement connaît à peu près le même type de segmentation que la formation. Il y a quelques entreprises qui y ont recours de façon régulière, puis une forte majorité qui n'y font jamais appel, d'où l'importance de faire connaître l'offre de services.

Les mauvaises langues diront que la Chambre de métiers a passé, au cours de cette mandature, plus de temps à s'occuper de ses problèmes internes que de ceux des artisans…

Nous avons dû faire face à une volonté de blocage de l'institution. Lors de sa présentation, le dernier budget n'a pas été voté, en remettant en question notre décision de recruter un chargé de mission, et sur la base de chiffres dont j'ai toujours affirmé qu'ils étaient largement majorés. A ce moment là, il a été exprimé que si la personne qui devait prendre le poste de chargé de mission y renonçait, le budget serait voté. Dans la volonté de ne pas pénaliser les artisans et l'institution, nous avons accepté. Dans la même dynamique, nous avons également accepté de supprimer les budgets de communication, pour qu'aucun soupçon ne puisse peser sur l'utilisation à des fins de réélection de que je pourrais faire de cette communication… Je pense que ce n'était que de la poudre aux yeux pour tenter de bloquer l'institution, mais j'ai accepté ces demandes. A court de demandes, nos opposants ont accepté de voter le budget. Ils ont ensuite refusé de prendre part au vote du budget rectificatif, qui était rendu nécessaire d'une part par le désengagement du Conseil général, à un niveau supérieur à ce que l'on pouvait attendre, et d'autre part, par la baisse des immatriculations au registre des métiers dans ce contexte particulier. Il faut savoir que ces deux éléments représentent une baisse de ressources de près de 100 000 euros. Ce refus de participer au vote, puisqu'il ne s'agissait que d'un budget rectificatif, est sans incidence, mais témoigne d'un état d'esprit négatif. C'est aussi ce type de fonctionnement qui me motive pour me représenter pour un nouveau mandat.

Un nouveau mandat, synonyme de nouvelle galère ?

Non, car les modalités électives qui nous sont proposées aujourd'hui vont nous permettre de dégager une majorité, puisque nous aurons une partie de proportionnelle. Il faut savoir que la situation ubuesque que nous avons connue dans le Gard a compté dans les évolutions des textes ! Si je suis réélu, je pourrais enfin bénéficier d'une liberté d'action que je n'ai pas eue au cours du mandat actuel.

Pour bénéficier d'une liberté d'action, pourquoi ne pas avoir démissionné, et provoqué de nouvelles élections en court de mandat ?

Parce que ça n'aurait rien changé. Démissionner n'aurait pas suffit pour provoquer de nouvelles élections. Seul le Ministère peut décider de provoquer de nouvelles élections. J'en ai fait la demande lorsque nous en avons eu la possibilité, à l'époque où nous avons été mis sous tutelle, et que le vote du budget ne parvenait pas à dégager une majorité. A cette époque, ma demande et cette perspective d'élections anticipées avaient fait réagir la liste de Henry Brin, qui s'était subitement montré beaucoup plus désireux de débloquer la situation. Cela ne l'a pas empêché ensuite de tenter en permanence de limiter notre champ d'action.

Depuis, Henry Brin et Serge Alméras, votre prédécesseur, et ancien co-listier, semblent avoir trouvé un terrain d'entente…

Ce qui serait sans doute le plus drôle à ce jour, ce serait que je ne présente pas de liste, histoire de voir comment Henry Brin et Serge Almeras réagiraient. Il serait intéressant d'observer leur comportement, car je me souviens de la précédente mandature, lorsque Serge était en place, et qu'Henry était dans l'opposition… on ne peut pas dire qu'ils se faisaient des papouilles tous les jours ! Je pense que ça posera un problème tôt ou tard, même s'ils arrivent en tête lors du scrutin.

Ça ressemble à du "tout sauf Binelli"…

Ce qui les dérangés, c'est qu'ils ne pensaient pas que je tiendrais aussi longtemps. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé diverses manœuvres pour me déstabiliser, que ce soit en lançant des infos pas toujours vérifiées dans la presse, ou en cherchant à éplucher les comptes qui, de toute façon, n'ont rien à cacher. Je tourne à la Chambre avec un budget très limité car c'est ce qui me ressemble. Ce n'est pas parce que j'occupe certaines fonctions que j'ai la tête qui enfle ! Mais je leur ai démontré, bien qu'ayant moins d'expérience qu'eux dans les réseaux, que nous pouvions tenir bon, et conduire une gestion saine sinon sereine de la Chambre.

Est-ce que ce n'est pas votre plus grand échec de n'avoir pas réussi à assainir la situation ?

En tous cas, ça n'a pas été de mon fait. La preuve en est que toutes les actions passées, engagées par mes prédécesseurs, ont été maintenues. Les seules qui ont été stoppées l'ont été à la demande des secteurs concernés. Et même au niveau du secteur du bâtiment, où les rivalités sont les plus fortes, nous avons essayé de monter des opérations pour que les deux organisations soient présentes (CAPEB et FFB, ndlr). Il y en a une des deux qui n'a pas voulu participer, c'est son choix. Je reste convaincu qu'il faut savoir s'unir lorsque l'on défend les mêmes causes. Bien sûr, on ne peut pas être toujours d'accord, mais c'est dans les intérêts communs qu'il faut se rassembler. D'autant que dans l'avenir, avec la régionalisation des chambres, il sera primordial d'avoir l'équipe la plus soudée possible à l'échelon départemental, tous secteurs confondus. Notre intérêt commun sera de défendre notre territoire.

Avec tout ça, quelle motivation trouvez-vous pour vous présenter pour un nouveau mandat ?

C'est une question que je me suis posé à plusieurs reprises, et que je continue à me poser, car la situation n'est pas agréable. D'autant que, lorsque j'ai accepté ce mandat, je n'y étais pas préparé. Par contre, cette expérience m'aura permis de découvrir le véritable visage des gens. Mais surtout, j'ai envie de pouvoir effectuer un mandat avec une véritable liberté d'action. C'est la seule motivation. Car pour pourfendre les idées préconçues, j'ai aussi découvert ce que peut coûter une telle présidence. Le temps que l'on passe à la Chambre, on ne le passe pas dans l'entreprise. C'est très dangereux pour la vie de l'entreprise, et pour la vie familiale. Mais je veux voir tourner cette chambre dans de bonnes conditions, car elle a les moyens de faire des choses extraordinaires.

 

L'artisanat dans le Gard15520 entreprises en 2009 (+40% en 10 ans)
Alimentation : 12%
Bâtiment : 48%
Production : 14%
Services : 26%
44 878 emplois (chiffres 2008) 1
5 562 chefs d'entreprises
26 410 salariés
2 100 apprentis
806 conjoints collaborateurs
2,3 M€ de chiffre d'affaires

Vendredi 16 juillet : Pour tout savoir des actions de l'ADAC 30

Dans la perspective des élections consulaires du 13 octobre 2010, l'ADAC 30 et Pascal Binelli, son Président, exposeront la future stratégie de l'association, ses actions et applications concrètes pour aujourd'hui et demain afin de répondre aux prérogatives des 15 000 entreprises, artisans et commerçants gardois. L'ADAC 30 présentera également autour de ses projets la liste des représentants des 4 grandes familles professionnelles des secteurs de : la Fabrication, du Bâtiment, des Services et de l'Alimentaire. Cette rencontre autour a pour objectif de mieux cerner les orientations de l'ADAC 30 pour la période 2010-2015 et de créer un débat ouvert sur l'emploi et le tissu économique en région.

Vendredi 16 juillet 2010 à 11h - Hôtel Novotel Atria - 5,bd de Prague, 30000 Nîmes