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Mardi, 18 Novembre 2008 00:00

Beaucoup d'épargnants ont besoin de revenus complémentaires. Comment est-ce possible à partir de son contrat d'assurance vie ?

Bertrand SANCE - ODDO : L'assurance-vie est une excellente solution pour ceux qui souhaitent percevoir des revenus réguliers. Elle permet, grâce à la technique du rachat partiel, de bénéficier d'une fiscalité très favorable car, seule une petite partie des sommes retirées sera à déclarer à l'I R ou assujettie à un prélèvement libératoire.


Cette particularité tient au fait que lorsqu'on effectue un rachat, le fisc considère que l'on retire du capital et des intérêts. Bien entendu, seule la partie intérêts est fiscalisée. Avec cette formule, sur dix ans, l'imposition libératoire représente, en moyenne, 6 % des revenus perçus. A titre de comparaison, l'impôt sur les plus values est de 29% et l'impôt sur le revenu peut aller jusqu'à 40 %.
Autre atout, la souplesse. Les revenus sont modulables, ils s'adaptent donc parfaitement aux besoins et n'engendrent pas d'imposition inutile. Ils peuvent être perçus immédiatement ou après quelques années et correspondre à la totalité ou à une partie des intérêts générés. C'est un revenu " sur mesure ". Les supports en euros sont à privilégier lors de cette utilisation.

Les produits structurés sont-ils une autre voie entre les supports en euros et la bourse ?

B. S. : C'est effectivement une autre voie. Contrairement à la gestion traditionnelle où pour gagner de l'argent il faut que les actions montent ou que les taux baissent, la gestion de structurés permet de réaliser des plus-values dans d'autres configurations de marchés. Il convient toutefois d'être vigilant. Les produits structurés sont divers et variés et pas toujours facile à comprendre, l'avis d'un professionnel est indispensable pour les analyser et éviter des désillusions.

Les meilleurs contrats d'assurance vie proposent des options de gestion ou de prévoyance. Pouvez-vous nous en présenter quelques unes ?

B. S. : La plupart des contrats d'assurance vie modernes offrent un large choix d'options. Les options de prévoyance permettent de garantir un capital minimum, indexé ou pas, aux bénéficiaires, en cas de décès du souscripteur. Cela permet de protéger les capitaux des aléas des marchés boursiers.
Les options de gestion permettent d'opérer des arbitrages totalement automatisés selon une stratégie déterminée. Parmi les options les plus intéressantes : " l'investissement progressif " permet de rentrer sur les marchés de façon fractionnée (de douze à trente six mois). Cette option est à utiliser dans les périodes d'incertitudes, elle peut éviter de subir de plein fouet un krach boursier qui surviendrait dans les tous premiers mois de l'investissement.
L'option " écrêtage des plus-values " consiste en un arbitrage régulier (par exemple tous les mois) des plus-values acquises sur les fonds offensifs vers un support plus sécuritaire. Elle a deux avantages : éviter que la partie dynamique ne prenne au fil du temps trop d'importance dans le contrat et mettre en sécurité ce que l'on vient de gagner.
Enfin, " la limitation relative du risque avec retour au meilleur marché " permet de vendre une Sicav par rapport à un plus haut atteint défini et de revenir sur les marchés dès qu'un point bas est atteint. Cette option est particulièrement bien adaptée à la volatilité actuelle des marchés.

Pourquoi est-ce judicieux de mettre en place une épargne régulière ?

B. S. : Les versements automatiques permettent d'épargner régulièrement pour se constituer un capital sans effort et sans y penser. Ainsi, 150 euros versés mensuellement pendant vingt ans et rémunérés à 4,5 % permettraient d'obtenir un capital de 59 000 €. Bien entendu, plus tôt les versements débutent, moins l'effort d'épargne sera important pour atteindre l'objectif fixé.
Cette formule est recommandée à ceux qui désirent investir sur des supports dynamiques, elle permet de lisser le prix de revient et de diminuer le risque. Exemple : un épargnant qui aurait commencé ses versements réguliers en septembre 2000, c'est-à-dire au début de la baisse des marchés. Contre vents et marées, il a placé tous les mois une même somme sur une sicav reproduisant l'indice CAC 40. Au 1er septembre 2006, son capital a progressé de 70%. S'il était resté sur sa seule mise de départ, il serait encore perdant de 15%.

Qui peut avoir intérêt à souscrire une rente viagère ?

B. S. : Une rente viagère est un revenu régulier (arrérages de rente) constitué grâce au versement d'un capital ou de versements échelonnés. Il sera servi jusqu'à la fin des jours de l'assuré (appelé crédit-rentier), quelle que soit la date de son décès. Comme la recherche de revenus complémentaires sera bientôt un objectif majeur des épargnants (allongement de la durée de la vie, diminution des revenus lors du départ en retraite), cette formule devrait rencontrer un succès grandissant. Elle permet d'obtenir un revenu garanti élevé (surtout après 65 ans), revalorisé chaque année et servi pendant toute sa vie.
Avec l'option réversion au conjoint, la rente continuera d'être payé après le décès du souscripteur. Elle peut être partielle (par exemple 60 %) ou totale. A noter que contrairement aux retraites, la réversion n'est pas conditionnée aux ressources. Pour ceux qui sont seuls, avec l'option garantie décès, si l'assuré disparaît avant d'avoir perçu sous forme de rente l'équivalent de son capital de départ, la différence sera versée (sans droits de succession) aux bénéficiaires qu'il aura choisis.
En ce qui concerne la fiscalité, elle dépend de l'âge de l'assuré au moment où il souscrit la rente viagère. Plus il est âgé lors de sa mise en place, plus la fiscalité est  avantageuse. Elle est encore plus favorable lorsque la rente viagère provient de la transformation d'un capital investi sur un PEP (Plan d'Epargne Populaire) ou un PEA (Plan d'Epargne en Actions). Dans ce cas, celle-ci est  totalement exonérée d'impôt (hors prélèvements sociaux).

Les FCPI et les FIP procurent des réductions d'impôts sur le revenu ou sur l'ISF. Pouvez-vous nous les présenter ?

B. S. : Les FCPI (Fonds Commun de Placement dans l'Innovation) et les FIP (Fonds d'Investissement de proximité) procurent une réduction d'impôt égale à 25 % de l'investissement (plafonné à 24 000 € pour un couple). Par exemple, un versement de 10 000 € permet de bénéficier immédiatement de 2500 € de réduction d'impôt sur le revenu.
Autre avantage, les plus-values réalisées bénéficient d'une exonération d'impôt après cinq ans (hors prélèvements sociaux ; CSG et RDS).
L'investissement en parts de FCPI ou de FIP est une formule intéressante. Il s'agit d'un placement simple (pas de crédit), l'investissement peut être très modéré (1000 € minimum) et la réduction d'impôt est immédiate.
Le FIP ISF, mis en place en début d'année, est un placement de même nature. Sa particularité est que les sommes investies permettent d'obtenir, à la fois une réduction de l'ISF (30 %) et une réduction de l'IR (10 %).