| Nîmes veut sa place dans l’ovalie |
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| Lundi, 05 Septembre 2011 08:00 |
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À quelques jours du coup d'envoi de la coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande (du 9 septembre au 23 octobre), le club de rugby de Nîmes revient sur le devant de la scène. Malgré des déboires financiers, le RCNG est parvenu à monter en fédérale 1. Les dirigeants se donnent désormais quatre ans pour en faire un club de référence de Pro D2, la deuxième division du rugby. C'est ce qui s'appelle avoir l'art du rebond. Il y a six mois à peine, le RCNG (Racing club Nîmes Gard) était au fond du trou. La dette accumulée au fil des ans le menaçait d'un dépôt de bilan et d'une rétrogradation administrative en division d'honneur. Elles semblaient loin alors les années 1980-1990 quand Nîmes évoluait en première division. La renaissance n'en est que plus belle. Dans moins de trois semaines, le 25 septembre, le RCNG va jouer, face à Saint-Etienne, son premier match de championnat de fédérale 1, la troisième division dans le monde du rugby, équivalent du national pour le football où joue le Nîmes Olympique. En coulisse, la reconstruction du club est déjà bien avancée. Avec la volonté d'en faire une entreprise économiquement viable. L'ambition est clairement affichée depuis février dernier : hisser le RCNG en Pro D2, le championnat de France de deuxième division où se trouvent à ce jour Béziers, Carcassonne et Narbonne. "Tout le programme est mis en place. Nous devons reconstituer un club qui fonctionne d'ici quatre à cinq ans", affirme Cyril Daniel, tout nouveau directeur administratif et financier. Finis les errements du passé qui ont failli couler le club. Voici venu le temps du professionnalisme. L'architecte de cette mutation, c'est le président Claude Pontaud (voir interview ci-contre). L'ancien joueur du RCNG, talonneur entre 1969 et 1974, a repris les choses en main en 2008. Et il a imprimé sa marque. Depuis trois ans, le budget du club est positif à chaque exercice. Insuffisant pourtant pour solder les comptes. Face à un passif accumulé depuis des années, il faut de l'argent pour payer les créanciers et repartir sur des bases saines. Les bons résultats sportifs du printemps ont obligé à accélérer le calendrier. Prévu au printemps 2012, Nîmes, solide leader de sa poule en fédérale 2, a décroché dès cette année son ticket pour jouer à l'échelon supérieur. Il a donc fallu donner des gages à la DNACG, le gendarme financier des clubs sportifs, qui a validé sur le fil à la mi-juillet la montée acquise sur le terrain. Au début de l'été, la création d'une SASP, une société anonyme sportive professionnelle, a été lancée, avec un appel de fonds pour recapitaliser le club. "Cela a été le branle-bas de combat, se souvient Eric Larramendy, de la société 7développement qui assiste le club dans sa structuration (voir encadré). On a dû faire en un mois la SASP, prévue pour mars 2012." Une transformation juridique qui signe la fin de l'amateurisme. La SASP est, en effet, la forme adoptée par une majorité des clubs sportifs de l'élite même si le RCNG reste officiellement une association pour l'école de rugby et les équipes des jeunes. Un tournant pris sans renier l'époque précédente. La levée de fonds s'est d'abord adressée aux proches du RCNG, avant d'être proposée à tout le monde. Entre 120 et 130 actionnaires ont été séduits. Et le capital reste ouvert jusqu'au 30 septembre à qui veut. "Avec une règle, précise Cyril Daniel. Nous ne voulons pas d'un actionnaire majoritaire." Les parts sont donc limitées à 20%. "On dit oui aux gros investisseurs, prévient Eric Larramendy. Mais c'est le club de la ville." Une façon de se démarquer et de forger une identité tout en rentrant dans le rugby moderne.
Finie la charité sportive, place au business Une fois la SASP entrée en fonction, le club va s'atteler à mettre en place son modèle économique. L'organigramme, lui, est là : un directeur financier et administratif déjà en poste, et un service communication au travail. Une web télévision va bientôt émettre en partenariat avec le groupe de presse Sud actu pour s'offrir une fenêtre médiatique. On pourra y trouver notamment les résumés des matchs, les réactions et des interviews. Côté sportif, le manager, Olivier Diomandé, capitaine jusqu'à juin dernier, s'est montré très actif : 17 recrues pour doubler chaque poste de l'effectif. Un dossier en béton pour attirer sponsors et partenaires. La gamme de packs est prête, mise au point avec 7développement. Mais le club entend innover. "On ne veut pas seulement diffuser de la publicité, résume Cyril Daniel. Il faut un retour sur investissement pour les partenaires." Pas question de se limiter à empiler les panneaux quatre par trois le long du stade Nicolas-Kaufmann. Ce sont donc de vrais plans d'action commerciaux qui vont être proposés aux partenaires pour qu'ils retrouvent dans l'année la somme investie. "Il faut qu'on trouve le moyen de rembourser les sponsors, prévient Claude Pontaud. L'aider à avoir un contact, décrocher un chantier, vendre une voiture, sinon il se décourage." Concrètement, le RCNG compte plus de 500 licenciés et autant d'abonnés. Autant de clients potentiels à qui faire parvenir des newsletters ou un annuaire des partenaires. "S'il n'y a pas cela, cela ne sert à rien de faire de la recherche partenaire, affirme Eric Larramendy. Sinon chaque année on repart de zéro." Une démarche nouvelle pour s'inscrire dans la durée et être crédible, tant sur la pelouse qu'en dehors. 7développement, pro de la professionnalisation"Plus on est de fou, plus on rigole." C'est par un bon mot que Claude Pontaud explique le recours à 7développement. Ce partenaire illustre en fait la volonté du président de professionnaliser la gestion du RCNG. 7développement a conclu deux missions avec le club : l'accompagner dans sa restructuration, et rechercher des partenaires et des sponsors. La société a monté un vrai business plan pour donner une nouvelle architecture. Implantée à Sommières, 7développement est une PME spécialisée dans la réorganisation et la restructuration des entreprises, sportives et autres. C'est une filiale de 7e mi-temps, qui a comme associé Olivier Diomandé, ancien joueur et désormais directeur sportif du RCNG. Monté il y a quatre ans, le groupe compte parmi ses filiales Sport 7, l'équipementier officiel du RCNG, 7 marquage, qui fait de la personnalisation de vêtements et une collection sportswear, commercialisée sous la griffe 7e mi-temps.
Interview : Au dessus de la mêlée
Dans quel état d'esprit êtes-vous pour cette nouvelle saison ? L'ouverture du capital a bien marché. On continue à faire entrer des actionnaires. Je suis un peu en retard pour arriver au budget prévu (1,4 M€). Mais on a eu le plaisir d'une réponse favorable de Loulou Nicollin qui a mis 50 000 €. C'est grâce à Bernard Vivies, le vice-président du club, qu'on a pu le rencontrer. On a été très bien reçu. Il a mis cette somme de lui-même sans qu'on ait besoin de pleurer. Il ne voulait même pas de contrepartie. On lui a proposé d'être sur les maillots de l'équipe cette saison. Est-ce compliqué de trouver une place à Nîmes pour le rugby ? C'est très difficile car à Nîmes c'est la planète foot. Je suis surpris de comment on parle du RCNG cette année. On a jamais eu autant de demandes d'abonnement. J'espère arriver au nombre de 500. 2000 spectateurs par match serait une grande victoire. La création de la SASP va entraîner l'élection d'un nouveau président. Seriez-vous déçu si vous n'étiez pas reconduit ? Pas de souci si quelqu'un veut la place. Être président, c'est une énorme responsabilité. Depuis 15 ans, je peux vous dire que j'ai perdu de l'argent. Au départ, je ne voulais pas car je ne m'en sentais pas capable. J'ai pris les rênes et j'ai appris le métier. Quand je suis arrivé, nous avions des dettes de plus de 450 000 €. Il ne faut pas faire de bêtise, avoir une gestion saine. Votre objectif pour cette saison ? Je ne me fais pas de soucis pour le maintien. On a monté une équipe pleine d'ambition et on a ce qu'il faut à tous les niveaux. Olivier Diomandé, le directeur sportif, il a fait un recrutement vraiment de qualité mais sans superflu. On n'a pas de salaire mirobolant. Derrière la tête, j'ai une autre idée. Je nous verrais bien dernier qualifié aux phases finales. Un pronostic pour cette coupe du monde ? Je vois bien la France finir deuxième de sa poule derrière la Nouvelle-Zélande. En quart, on peut battre l'Angleterre - le XV de France est imprévisible, capable du pire comme du meilleur - et se retrouver en demi face à l'Australie. (1) Joueur de 1969 à 1976, il a participé à la montée de Nîmes de la division d'honneur à la première division, avant de s'exiler à Châteaurenard. Claude Pontaud a par ailleurs été patron de la brasserie les Trois-Maures, en face des arènes, et a créé la pizzeria attenante. |






Pour beaucoup, Claude Pontaud est le sauveur du club. L'ancien talonneur (1) a donné une assise au RCNG, avec une gestion saine et un projet d'avenir.