Bannière
Nîmes Olympique : La rentrée a sonné pour les crocos PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 04 Août 2010 14:36

10-08-03-GAZEAUPour leur premier match de la saison, c'est à Ajaccio que se rendront les "crocos" du Nîmes Olympique. Une rentrée des classes pour laquelle les rouge et blanc n'auront plus le statut de "petit nouveau" dans la cour du football professionnel, mais dans laquelle il faudra entrer avec l'envie de gravir la dernière marche, vers la Ligue 1. Car si l'enjeu est bien entendu sportif, il est également économique, non seulement pour la Société anonyme sportive professionnelle Nîmes olympique, qui avec ses quelque 9 millions d'euros de budget compte parmi les "grandes entreprises" du  Gard, mais aussi pour le tissu économique dans son ensemble qui peut tirer profit des retombées générées par les crocos. A quelques jours du lever de rideau sur cette saison sportive, le Président Jean-Louis Gazeau nous livre ses impressions d'avant-match. 

 

Dans quel état d'esprit s'annonce cette nouvelle saison pour le Nîmes Olympique ?

Avant de débuter une saison, on fait toujours en sorte d'avoir un recrutement positif, et nous pensons qu'il l'est. Nous avons choisi de recruter peu, mais des éléments de qualité. Reste à voir sur le terrain, voir si "la mayonnaise prend", comme on dit… Nous sommes pleins d'espoirs, car nous nous étions donnés trois ans pour accéder en Ligue 1. Une première saison est passée, il en reste deux pour atteindre notre objectif, mais le plus tôt sera le mieux ! 

A posteriori, quel regard portez-vous sur l'année passée ? 

Nous avons tout de même réalisé un bon parcours, en restant pendant un temps classés troisièmes, avant de connaître une phase de démotivation lorsque le maintien en Ligue 2 a été mathématiquement assuré. Il ne faut pas oublier que cela faisait un an et demi que nous faisions beaucoup d'efforts, et c'est ce qui explique cette sorte de décompression que nous avons connue. Par contre, il est faux de penser, comme ont pu le laisser croire certains, que nous avions agi délibérément pour ne pas accéder à la Ligue 1. Nous avons connu un passage à vide, voilà tout. Nous avons atteint l'objectif que je m'étais fixé, à savoir figurer entre la huitième et la douzième place. 

Est-ce que le Nîmes Olympique a les moyens d'assumer une montée parmi l'élite ?

Bien entendu, nous avons les moyens d'assumer une accession à la Ligue 1. Certainement pas d'y jouer parmi les cinq ou six premiers rôles, ni d'avoir parmi les plus gros budgets, mais il y a beaucoup de clubs qui sont dans la même situation que nous. On peut citer des équipes comme Cannes, Lorient, Valenciennes, Sochaux, Nancy… ils n'ont pas plus de moyens que nous, mais ils parviennent à se maintenir. Nous pouvons très bien jouer dans le milieu de tableau de Ligue 1. 

Comment se positionne le club en termes de budget, par rapport à la concurrence ?

L'année dernière, nous avions environ le quinzième budget de la Ligue 2. Cette année, nous l'avons augmenté, passant de 8,3 millions d'euros à 9 millions, alors que beaucoup de clubs ont revu leurs moyens à la baisse, compte tenu de la situation économique. Donc, bien que l'on ne connaisse pas encore les chiffres des autres clubs, je pense que nous serons parmi les budgets moyens. Mais il ne faut pas se leurrer, Nîmes n'a jamais eu de gros budgets, même durant les meilleures périodes de l'histoire du club. C'est à nous d'être plus malins dans les recrutements, et surtout, dans la formation. 

D'où proviennent ces 9 millions d'euros de budget ?

Les droits télé représentent 46% de notre budget, ce qui est un bon chiffre quand pour beaucoup de clubs, ce ratio s'élève à 55%, voire 60% des recettes. L'explication provient chez nous des recettes "stade" qui sont importantes : elles sont chez nous de l'ordre de 20%, tandis que ça ne dépasse pas 11% en règle générale. Nos recettes de sponsoring privé atteignent elles aussi 20%, ce qui est également satisfaisant. Quant au soutien des collectivités, il y a actuellement un petit creux, avec une participation à hauteur de 9% seulement de notre budget, et là, c'est sensiblement en dessous de ce qui se pratique ailleurs. Restent 6% de recettes diverses, qui viennent de la boutique et d'autres produits dérivés. Tout ceci nous offre une part d'autonomie relativement importante, même si nous souhaitons renforcer la part du sponsoring. Voilà pourquoi cette année, nous avons choisi d'aller chercher, pour une petite part, des partenaires en dehors de nos frontières départementales. 

Est-ce qu'un club de football se "manage" comme n'importe quelle autre entreprise ?

Nîmes Olympique est une entreprise importante, avec une masse salariale de 6,5 millions d'euros, et quelque 130 employés, dont la moitié à temps plein. Et aujourd'hui si les résultats sportifs ne sont peut-être pas encore totalement au rendez-vous, le travail de restructuration que nous avons mis en œuvre est déjà payant. Nous avons totalement revu la gestion administrative et financière, avec notamment un contrôle de gestion en temps réel, que nous avons mis en place car il n'y avait rien dans ce domaine. Aujourd'hui, les lignes budgétaires sont votées en début de saison, puis suivies au jour le jour. Nous avons renforcé la structure, en créant les postes de secrétaire général, de manager général. Nos efforts ont également porté sur les équipements, puisque nous avons apporté beaucoup d'améliorations tant sur la pelouse que sur dans les vestiaires, sans oublier la toute récente acquisition de "La bastide", pour relancer le centre de formation. C'est la cerise sur le gâteau, car ça va être un bel outil de travail pour pérenniser le club. 

Qu'est-ce qui va changer avec ce centre de formation ?

L'aspect, qui est sans doute le plus important, est que nous allons ainsi disposer d'un lieu de vie qui soit commun aux professionnels et aux jeunes. Côtoyer tous les jours l'équipe professionnelle va donner à nos jeunes l'envie de les rejoindre.  Mais pour cela, nous devons tout d'abord retrouver l'agrément par la Ligue du centre de formation, que nous allons demander en septembre de cette année, en espérant l'obtenir en début de saison prochaine. C'est capital pour conserver nos jeunes, car la formation est un parcours de long terme, sur trois ou quatre ans. Or, si l'on se fait piller nos jeunes espoirs, nous ne pourrons jamais avancer. Car cet agrément va nous apporter la possibilité de faire signer des contrats de stagiaires, ou d'aspirants, pour plusieurs années. Tandis qu'avec le statut amateur qui est le leur actuellement, ils sont libres de nous quitter à tout moment. 

Au cours des dernières saisons, des tensions ont éclaté entre la Société anonyme sportive professionnelle, que vous dirigez, et l'association à but non lucratif, notamment au sujet de la formation. Est-ce que cet agrément permettrait de résorber ces tensions ?

Ce qui est certain, c'est qu'avec cet agrément, ce sera obligatoirement à la Société de gérer la formation, et non plus à l'association. On disait que la Société se désintéressait des jeunes, ce qui est faux. Par contre, la Société ne pouvait pas avoir de centre de formation tant que nous n'étions pas en Ligue 2. A présent, nous allons pouvoir y mettre les moyens nécessaires, car c'est quelque chose qui coûte de l'argent. Nous avons toujours été enclins à payer, mais à condition d'en avoir la maîtrise…

Vous portez également une attention particulière aux partenaires locaux du Nîmes Olympique. Pourquoi ?

Le football d'aujourd'hui a beaucoup évolué. J'ai connu l'époque du stade Jean Bouin dans les années 70, lorsque le club était géré avec seulement deux personnes. Je ne sais pas si c'est ou non une bonne chose, mais les impératifs de gestion ont évolué. Nous avons besoin d'apports extérieurs, comme nous devons nous aussi apporter à l'extérieur. Le Club a déjà un poids économique important de par son fonctionnement, mais il doit aussi être un vecteur pour le territoire. Voilà pourquoi je souhaite mobiliser nos quelque 220 partenaires, à l'occasion de rencontres, pourquoi pas avec les joueurs, pour tisser et renforcer les relations entre entreprises. Nous pouvons également agir sur la communication extérieure, car nous avons un retentissement fort. Cette année, 14 de nos matches vont être diffusés sur des chaînes de télévision nationale, sans compter toute la presse nationale qui parle de notre territoire à travers Nîmes Olympique. A nous de jouer ce rôle de catalyseur entre nos partenaires pour qu'ils bénéficient de ces retombées. Pour cela, ils doivent se connaître. Le football professionnel aurait tendance à se refermer sur lui-même, à nous de le faire s'ouvrir aux entreprises locales. 

Quel regard portez-vous sur les évènements survenus en Afrique du sud autour de l'équipe de France ?

Ce qui s'est passé en Afrique du sud n'aide pas à donner une bonne image du football professionnel. Ce qui est triste, c'est que cette image produite par 23 mecs, parmi les mieux payés, impacte tout le monde du football. La réalité des salaires des joueurs est différente. A Nîmes, ils vont du minimum syndical qui est de 3200 euros par mois, jusqu'à 15000 euros, ce qui demeure faible pour un club de Ligue 2. 

Pensez-vous que les changements au sein de la Fédération de football vont dans le bon sens ?

Ces changements intervenus à la tête de la Fédération étaient, me semble t'il, nécessaires. Le Président Escalette, qui a toutefois fait correctement son travail, a sans doute été dépassé par les évènements, pris dans cet engrenage de l'équipe de France, et du mode de fonctionnement de la Fédération. Pour moi, ce ne sont pas les hommes qui sont en cause, mais le mode de fonctionnement, qui n'est pas adapté au secteur professionnel du football en général, et de l'équipe de France en particulier. Les orientations qui semblent se dessiner pour créer une nouvelle gouvernance, partagée entre le football amateur, et le monde professionnel, semblent aller dans le bon sens. Je suis de ceux qui disent que l'on a besoin du football amateur pour le monde professionnel, et que le football amateur a besoin des clubs professionnels pour faire briller un peu plus les yeux des jeunes lorsqu'ils signent leur License… 

 

Nîmes Olympique en chiffres

 Pour cette saison 2010-2011 Nîmes Olympique est certes un Club de Football mais également une véritable entreprise de 125 salariés,

10-08-03-STADEavec 65 emplois à temps plein (joueurs professionnels, staff technique et médical, personnel administratif, financier, sécurité, marketing etc...) et plus de 60 emplois à temps partiel (stadiers, sécurité, éducateurs, etc...). 

La masse salariale annuelle est de 6.5 millions d'euros.

Le budget de fonctionnement s'équilibre à hauteur de 9 millions d'euros.

Cette année, 6 millions d'euros d'investissement sont consacrés à l'acquisition d'une partie du domaine de La Bastide ainsi qu'à l'aménagement du lieu de vie et du Centre de Formation.