| Nîmes : Le nouveau programme local de l'habitat sous contraintes |
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| Mercredi, 14 Décembre 2011 08:00 |
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L'agglomération planche déjà sur son prochain programme local de l'habitat (PLH) pour la période 2013-2018. Une élaboration dans un contexte difficile pour le secteur du bâtiment alors que le besoin de logements neufs augmente. Anticiper les besoins, coordonner les acteurs de l'habitat, fixer des objectifs. Tels sont les buts du programme local de l'habitat (PLH) de Nîmes Métropole. Ce document réglementaire définit commune par commune le nombre et la nature des logements à construire entre 2013 et 2018. Une feuille de route qui s'impose aux plans locaux d'urbanisme, décidés eux à l'échelle municipale. Le PLH est la pierre angulaire de la politique du logement, transférée par l'État aux communautés d'agglomération. Alors que le PLH 2007-2012 n'est pas fini, le service habitat de Nîmes Métropole prépare le prochain plan. Une élaboration aux multiples enjeux : politiques, sociaux, urbanistiques et... économiques. Car les élus ne peuvent pas faire tout, tous seuls. Promoteurs immobiliers, bailleurs sociaux, particuliers bâtisseurs. Autant d'acteurs économiques qui dans les prochaines années vont devoir participer à l'effort pour loger la population en croissance démographique à Nîmes et dans les 26 autres communes de l'Agglo. Pour le moment, Marie-Louise Sabatier , vice-présidente déléguée au logement et à l'habitat ne fixe pas d'objectifs chiffrés précis. Elle annonce seulement que le PLH 2013-2018 sera un document "vivant", capable de s'adapter aux besoins. Autre volonté de l'élue : préparer ce programme avec la concertation la plus large possible. Des ateliers thématiques sont prévus. Et le service habitat de Nîmes Métropole va rencontrer les élus des 27 communes de l'Agglo au cours du premier trimestre 2012. Mais tout le monde en pressent la philosophie générale. Il faudra un effort comparable en volume, soit 1850 logements par an, peut-être plus. Mais au-delà de la quantité, il faudra aussi faire mieux en diversifiant l'offre, en particulier pour les jeunes ménages. 38,4% des habitants de Nîmes Métropole ont moins de 30 ans, contre 34,9% dans le reste du Gard. Le nombre de personnes âgées va lui aussi augmenter, avec des besoins spécifiques, liés à la dépendance. Sans oublier bien sûr les revenus modestes de la population de : 44% seulement des ménages sont imposables dans l'agglomération.
Le PLH peut-il redonner la forme au bâtiment dans les années qui arrivent ? Le secteur s'apprête en effet à des mois difficiles, voire douloureux. Selon la fédération française du bâtiment (FFB), l'activité devrait se contracter l'an prochain de 2%, ce qui entraînerait une perte de 35 000 à 40 000 emplois. Le Gard ne devrait pas échapper à cette tendance. Une récession qui risque d'affaiblir le secteur, prévient Jean-Claude Depoisier, président de la FFB Languedoc-Roussillon. "La situation est extrêmement tendue. Nous notons une forte augmentation des dépôts de bilan, y compris d'entreprises structurées." Les besoins en terme de logements peuvent donc apporter un ballon d'oxygène. À condition que les entreprises soient assez solides. Les autres acteurs paraissent eux aussi fragilisés. Selon l'agence d'urbanisme et de développement des régions nîmoise et alésienne (AUDRNA), les particuliers sont de moins en moins nombreux à investir : entre 1999 et 2006, ils représentaient plus de la moitié des opérations neuves. Leur part est tombée à 30% pour la période 2007-2010. Une baisse liée à la raréfaction du foncier. Ce sont désormais les promoteurs et les aménageurs publics qui supportent l'effort. Un problème en période de crise financière. "Il y a un problème de liquidités, affirme Jean-Claude Depoisier. Les remontées que nous avons du terrain, c'est que les banques ne suivent plus." Quant aux bailleurs sociaux, leur situation financière pourrait se dégrader dans les années à venir avec un risque de raréfaction des crédits. Pour espérer du dynamisme, il va falloir aussi passer les autres contraintes, réglementaires cette fois. Il faut en effet beaucoup de temps, quatre à cinq ans, pour réviser un PLU, un plan local d'urbanisme, qui donne le feu vert aux projets immobiliers. Un délai qui retarde l'application du PLH. Sans compter dans le Gard, les plans de prévention des risques d'inondation (PPRI). Celui de Nîmes fait déjà polémique alors qu'il n'est pas encore fini. Et le PPRI du Vistre impacte lui une quinzaine de communes. RéactionsL'élaboration du PLH 2013-2018 va s'étaler sur toute l'année prochaine. Une première réunion rassemblant les acteurs locaux de l'habitat a été organisée la semaine dernière. L'occasion pour le service habitat de Nîmes Métropole de présenter sa méthode de travail et de recueillir les doléances. Extraits de la réunion. Jean-Paul Girald, directeur d'Un Toit pour tous, premier bailleur privé du Gard Philippe Meleder, adjoint à l'urbanisme de Marguerittes Yvan Goroneskoul, responsable technique à la Capeb (1) du Gard (1) Confération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment PLH 2007-2012 : Des résultats encourageants mais insuffisantsAlors que le PLH actuel court jusqu'en 2012, un premier bilan d'étape a été fait par l'agence d'urbanisme et de développement des régions nîmoise et alésienne (AUDRNA). Et il est plutôt positif. Sur la période 2007-2010, 1847 logements neufs par an ont été lancés, pour un objectif de... 1850. L'autre objectif était de recentrer l'offre sur Nîmes, pour freiner l'urbanisation en deuxième et troisième couronne. Celui-ci semble lui aussi atteint. En 2010, année record, 71% des constructions neuves dans la Métropole étaient localisées à Nîmes. Et d'autres projets sont prévus dans les années à venir pour "construire la ville sur la ville" comme l'aménagement du quartier Hoche-Sernam, à l'est de Nîmes. En matière de logement social aidé, l'AUDARN estime leur nombre à 3100 depuis 2007, soit 28% de la production de constructions neuves. Une preuve de la prise de conscience des politiques, même si il n'est pas toujours facile à faire admettre des HLM auprès de leurs administrés. Les sanctions prévues par la loi SRU ont joué aussi leur rôle. Mais la volonté politique ne peut pas tout face à la baisse du foncier disponible. Ce chiffre de 28% est quelque peu biaisé, admet l'AUDARN car il prend en compte les constructions pour des publics spécifiques, comme les étudiants. Au final, il y a bien un déficit de programmes neufs pour les ménages à revenu modeste, en particulier les familles monoparentales. L'AUDARN pointe aussi des efforts à fournir en terme d'aménagement : prévoir des opérations immobilières c'est bien, mais il faudrait penser aussi aux transports. Une remarque prise en compte par Nîmes Métropole qui promet "un PLH plus opérationnel et articulé avec les autres documents réglementaires", dixit Aurélien Mathieu, chef du service habitat. Autre chantier dans les années futures, améliorer le parc existant en ciblant les habitants en difficulté, dont les charges risquent d'augmenter de façon exponentielle. |





