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| Nîmes : La main tendue de la CCI à l'Agglo |
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| Lundi, 26 Septembre 2011 08:00 |
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La CCI est-elle assez écoutée par les élus de Nîmes Métropole ? La réponse est non, selon Eric Giraudier, le président de la chambre. Dans une lettre ouverte aux maires de l'Agglo, il dit regretter le manque de collaboration entre les deux institutions et propose la signature d'une convention pour mener des projets ensemble. Être constructif ! Voilà le message qu'a voulu faire passer Eric Giraudier, président de la CCI de Nîmes devant la presse pour sa conférence de rentrée, mardi 20 septembre. Accompagné de sa vice-présidente, Martine Tibérino, il a répété que la chambre consulaire avait vocation à être une force de proposition pour les politiques de l'Agglo. "La CCI, c'est la voix du développement économique", a-t-il déclaré. La lettre ouverte, envoyée le même jour aux maires de Nîmes Métropole, n'a donc rien de polémique, affirme-t-il. Il s'agit encore moins d'une déclaration de guerre à Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes et président de l'Agglo, mais d'une invitation à travailler ensemble. À en lire certains passages (à retrouver sur notre site internet) la missive contient pourtant en creux des reproches. Le président de la CCI se plaint d'un manque de collaboration et de l'absence de projet ambitieux. "Un dysfonctionnement" et "une situation anormale". Eric Giraudier rappelle ainsi que la CCI de Nîmes a contractualisé dans son ressort (Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Le Vigan) une vingtaine de conventions avec des intercommunalités. Sur le territoire de Nîmes, aucun document n'existe pour préciser le cadre de travail entre politiques et représentants du monde économique, regrette-t-il. À l'appui de sa démonstration, le président met en avant que la CCI dispose de compétences capables de monter et piloter des projets, notamment sa structure de développement économique NRCT, Nîmes Rhône Cévennes Technopôle, ou bientôt le nouveau relais local sur le territoire de Nîmes et d'Uzès (voir par ailleurs). Plusieurs maires de Nîmes Métropole ont déjà fait appel à l'expertise de la CCI, note pour sa part Martine Tibérino. Certains auraient fait part de leur surprise devant le manque de collaboration. "Les projets qui aboutissent, on y arrive parce qu'on déclenche des démarches multi-partenariales", souligne Eric Giraudier. Et de citer le pôle Cévennes Vallée Numérique, labellisé pôle d'excellence rurale, celui de valorisation des sites industrielles à Marcoule, copiloté avec la Région ou encore le projet d'un pôle nautique à Port Camargue en coopération avec la régie autonome et la mairie du Grau du Roi. "On joue notre rôle" A ceux qui lui reprochent de sortir de son périmètre et d'empiéter sur le terrain des politiques, le président de la CCI répond qu'il veut seulement faire entendre la voix des entreprises dans un climat économique difficile. "Il y a une concurrence nationale sur l'attractivité des territoires. Tout le monde fait la course à l'emploi. Aujourd'hui on ne travaille pas main dans la main", lance-t-il. "Au plus tôt on a un cadre de travail, au mieux c'est pour l'intérêt général", poursuit-il, promettant de livrer dans les semaines à venir un projet de plan d'actions avec une série de propositions. Une convention de partenariat que balaie d'un revers de la main le président de l'Agglo. Vendredi, Jean-Paul Fournier indiquait ne pas avoir lu la lettre ouverte. Mais il rappelait que les compétences d'aménagement du territoire et de développement économique relevaient des seules communautés d'agglomération. "La chambre de commerce doit rester dans ses délégations, a-t-il répliqué. Les chambres consulaires ont beaucoup perdu dans ces domaines. Mais il peut y avoir des partenariats au coup par coup."
Sur l'îlot Grill, la bataille par presse interposée livrée la semaine dernière pourrait trouver une heureuse conclusion. Jean-Paul Fournier n'a pas fermé la porte à un palais des congrès en plus du musée de la romanité (voir ci-dessous). De quoi espérer un travail en commun sur un dossier aux enjeux économiques, culturels et touristiques. Mais pour le reste, fermez le ban. On vous contactera quand on aura besoin de vous, semble dire Jean-Paul Fournier. A Alès, une telle convention n'existe pas. Mais les élus de la communauté d'agglomération et de la CCI travaillent en bonne intelligence, explique-t-on, un peu amusé par la situation nîmoise. Eric Giraudier dément vouloir engager le bras de fer. "Les chefs d'entreprise ont leur mot à dire", dit-il simplement. "On joue notre rôle." Toujours dans cette logique, Eric Giraudier propose de réserver 5% du versement transport. Une taxe payée par toutes les entreprises de plus de neuf salariés depuis 2005 pour le chantier du TCSP et qui aurait rapporté près de 250 M€ à l'Agglo. La somme pourrait notamment servir à aider les commerces du centre-ville en difficulté. "Je ne demande pas qu'on empiète sur un autre budget. C'est totalement légitime", explique-t-il, ajoutant que ces 5% devraient être gérés de concert entre la CCI et l'Agglo. Un sujet hautement sensible. Pourtant, Eric Giraudier se défend de toute polémique. "On pourrait se poser des questions par rapport à la légalité quant au démarrage des travaux et à la révision du projet mais ce n'est pas l'angle que nous choisissons", lâche le président de la CCI. Une preuve concrète de sa politique de la main tendue…
Un cinquième relais local pour NîmesLes élus de la CCI ont validé la création du relais de Nîmes, le cinquième après ceux du Vigan, de Vauvert, de Beaucaire et de Bagnols-sur-Cèze. Le secteur de Nîmes, qui va en fait d'Uzès à Générac, était le seul à ne pas avoir de relais local. L'équipe dirigeante de la CCI parie sur la proximité pour mieux renforcer le maillage du territoire et identifier les décideurs au sein du plus grand bassin économique du département : 11 000 entreprises et 50 000 salariés. "La création de ce relais à Nîmes est un élément stratégique pour cette mandature, explique Martine Tibérino, vice-présidente en charge du dossier. On le voit aux taux de participation : les entreprises ne se reconnaissent pas dans la CCI. Pour elles, les chambres ne servent qu'à enregistrer la création et la radiation d'établissements", regrette-t-elle. "Ce relais doit être une sonde pour prendre la température de la société civile et des commerces", souhaite Eric Giraudier le président. Le relais de Nîmes servira de point d'accueil et de conseil pour les formalités des chefs d'entreprise et des créateurs. Mais l'équipe de la CCI veut en faire un rouage essentiel dans l'animation de ses réseaux et l'interface entre les entreprises et les collectivités locales. "L'idée est d'être sur le terrain et d'avoir une démarche proactive", résume Eric Giraudier. Le commerce va aussi faire l'objet d'une attention particulière. Un permanent va être recruté pour dynamiser les associations de commerçants, notamment celles d'Uzès et de Saint-Gilles. Pour le moment le relais n'existe que sur le papier. "Si la mayonnaise prend bien, on créera un lieu permanent", annonce Martine Tibérino.
C'est parti pour le musée de la romanitéC'est la polémique de la semaine. Mardi dernier, Eric Giraudier s'est invité sur le dossier brûlant de l'îlot Grill, taclant le projet cher à Jean-Paul Fournier d'un musée de la romanité en face des arènes, dessiné par un grand architecte "Je n'ai rien contre la culture. Je préfère la vie. J'ai peur qu'on fige cette partie de la ville." Sa préférence va pour un centre des congrès avec commerces et logements pour attirer le tourisme d'affaire en centre-ville. "Si on veut dynamiser l'Écusson, autour des arènes il faut des équipements qui vont avec." Vendredi, Jean-Paul Fournier convoquait à son tour la presse pour présenter le projet de requalification de l'îlot Grill et du quartier de la Porte de France. Officiellement le rendez-vous n'avait rien à voir avec la sortie du président de la CCI. Car l'horizon vient justement de s'éclaircir pour cette friche, vieille de 25 ans. Après une bataille juridique avec la SCCV Forum des arènes, un groupe d'investisseurs propriétaire du terrain, l'Agglomération a annoncé avoir trouvé un accord. La SAT, la société d'aménagement du territoire de Nîmes Métropole, va verser près de 890 000 € à la SCCV, soit la moitié des dépenses engagées. Maître du foncier, le maire persiste, il fera bien un musée pour y loger les plus belles pièces du patrimoine de la Rome française, notamment une collection d'épigraphes. Coût total 38 M d'euros. Pour animer les lieux, un auditorium, un restaurant, un salon de thé. Quid d'un palais des congrès ? Jean-Paul Fournier n'a pas dit non. Prévu sur le triangle de la gare, ce palais pourrait très bien être situé sur l'actuel hôpital Ruffy, voisin de l'îlot. Le CHU compte en effet se retirer du quartier fin 2013 et les négociations ont commencé avec la Ville. La proposition d'Eric Giraudier d'un palais des Congrès n'est donc pas forcément contradictoire avec les projets de la mairie. Voilà de quoi signer une trêve, au moins sur ce sujet. |





