Marques à forte identité locale : Les Indiennes de Nîmes et Mistral reprennent des couleurs
Ardéchois frisant l'Auvergnat, Frédéric Roche est un entrepreneur que son cursus a spécialisé dans le commerce international. A 49 ans, il est le PDG des Indiennes de Nîmes et de Mistral, deux marques locales qu'il a décidé de relancer et de développer.
Gard Eco : Vous avez fait l'Essec après un Deug de lettres étrangères appliquées, vous avez été directeur commercial de la société de lingerie Lou, voyagé en Europe, Asie, USA… Pourquoi Nîmes ?
Frédéric Roche : Le hasard de l'aventure d'une reprise d'entreprise. A partir de 45 ans j'ai ressenti le besoin de mettre en application l'enseignement mes diverses expériences, j'étais en recherche d'une liberté individuelle que l'on n'a jamais dans d'autres structures, j'avais besoin d'un nouveau challenge. J'ai donc recherché une belle marque, mais une belle endormie. Lacoste aussi est une belle marque, mais il faut être réaliste et composer avec ses moyens. Puis il y a eu la région. Même une belle endormie, dans le Nord, ça n'aurait pas fonctionné.
G.E. : Vous entrez en contact avec le cédant grâce à votre association d'anciens étudiants, et puis ? Comment êtes vous parvenu à vous entendre ?
FR. : La transaction est toujours difficile, l'un surestimant son bien, l'autre ne sachant pas trop où placer le curseur. Mais lorsque le vendeur veut vraiment vendre, et l'acheteur vraiment acheter, on finit par trouver un terrain d'entente. Les experts sont nécessaires, mais avant tout c'est une histoire entre humains, qui s'appuie sur le choix de la prise de risque du repreneur.
G.E. : Vous n'êtes propriétaire que des marques, comment distribuez vous vos produits ?
FR. : En effet, nous fabriquons nos produits et ce sont des boutiques indépendantes, une quarantaine, qui les vendent, il n'y a aucune franchise.
G.E. Subissez vous les conséquences de la crise ?
F.R. : Avec ma femme qui me seconde, nous sommes un peu inquiets, c'est vrai, par rapport à la fréquentation estivale, mais sinon, pour le moment, nous ne sommes pas impactés. Au contraire, nous sommes en progression, et nous faisons tout pour inscrire nos produits dans la modernité, tout en conservant le côté traditionnel des Indiennes pour le tissu provençal ou le linge de maison, et de Mistral pour les vêtements de gardians.
G.E. : Daniel Richard, homme d'affaires connu pour son engagement écologiste à la tête du mouvement WWF, vient de racheter l'emblématique entreprise de confection tarasconnaise Souleiado, à la holding Nicollin. Comment réagissez vous à cette nouvelle ?
F.R. : Très positivement. Toutes les marques historiques de ce type ont connu une importante décroissance, tout juste gérée. La mode, par essence, est cyclique, et il faut insuffler en permanence une créativité, une envie d'adapter les produits aux clients qui, eux aussi, par essence, sont changeants. L'arrivée de ce bagnolais d'origine, qui a relancé les chaussures André et présidé aux destinées des 3 Suisses, ne peut qu'insuffler une dynamique de bon aloi à ce secteur. Si nous sommes plusieurs à porter la bonne parole, plutôt qu'un seul, on va reparler des produits provençaux, des vedettes en porteront de nouveau, donneront envie d'en faire autant au grand public, et nous serons tous gagnants.
A l'aube de la Féria de Pentecôte, une troisième marque vient de naître
Beaucoup moins traditionnelle, beaucoup plus rigolote, tout aussi locale, la marque Torosi ! a vu le jours un petit mois avant que les vrais toros ne foulent le sol des arènes. L'autre, celui qui s'affiche désormais sur des tee-shirts, des tabliers, des tongs, des porte-clés, des autocollants, des mugs et même des boites à meuh, ne risque pas de disparaître. Au contraire, on devrait ne voir que lui désormais. Le toro dont il s'agit est très connu des nîmois, des gardois et de tout le mundillo de la planète toros. Il est né du talent de dessinateur d'Eddie Pons, et est devenu l'emblème d'une marque dont l'entrepreneur et l'artiste sont désormais co-propriétaires. Ils l'exploiteront en confiant la marque à des faiseurs spécialistes, de la confection pour le moment, mais aussi de la papeterie (post-it et autres agendas vont faire un malheur !), du linge de maison, et… Bien d'autres déclinaisons sont envisageables pour cet emblème décalé de l'attachement au culte du taureau. Fantaisiste, facétieux, le toro d'Eddie n'est pas destiné aux militants pro, ou anti corridas, mais à tous ceux qui veulent afficher leur identité sudiste. Il n'aura aucun mal à convaincre, tant les illustrations sont drôles et le rapport qualité-prix équilibré (25 € un tee-shirt ou un tablier). La Féria de Pentecôte à Nîmes, est le galop d'essai de la marque, grâce à une boutique éphémère, installée 10 rue Régale, le temps des réjouissances. "C'est un test qui nous permettra d'évaluer l'impact du produit et de nous projeter. Ensuite nous allons développer le réseau de vente grâce à la mise en place de corners (espaces spécifiques à la marque) dans des boutiques ciblées. A terme, évidemment, l'idéal serait que nous ayons nous même une boutique à Nîmes, ville où est née la marque. Mais il vaut mieux attendre pour cela. Toutefois, si quelqu'un dont la boutique serait idéalement placée était intéressé pour être l'emplacement n° 1, pourquoi pas ? " www.torosi.fr
Père de Toro rigolo : Eddie Pons change de dimension
Après une petite trentaine d'années, le toro d'Eddie sort de la feuille de papier et s'installe sur des vêtements et des accessoires. On lui souhaite un développement durable.
D'origine espagnole, Edouard, puisqu'il faut l'appeler par son nom (au moins une fois !) est né à Carcassonne. Après avoir fait ses études secondaires dans le sud de l'Espagne, il revient dans le sud de la France à Perpignan, puis se fixe définitivement ( ? ) à Nîmes. Il aurait pu devenir un fonctionnaire émérite en intégrant la rédaction de FR3, comme ses confrères journalistes TV le lui conseillait. Mais l'homme n'a pas la vocation du travail collectif, alors il se retranche dans ses appartements, et travaille comme dessinateur indépendant, pour une quantité de supports. La presse, principalement (Le journal de Montpellier, devenu la gazette de la capitale régionale, l'indépendant, le Midi Libre, la Marseillaise, Le Paysan du Midi…) pour les plus importants. Il se spécialise également dans l'animation de congrès où il excelle pour détendre une atmosphère très studieuse, tout en synthétisant les propos des intervenants. Plus largement, il illustre affiches et livres que depuis quelques années il promeut, comme tous les bons auteurs. Et, au milieu de toutes ces activités, il expose régulièrement ou tourne des films iconoclastes comme "Le matador paroxystique", ou plus sérieux, comme celui sur son père, anti-franquiste, écrivain, et malheureusement décédé depuis peu.
A la question " Eddie serais-tu en train de devenir un chef d'entreprise ? "
L'homme à la tignasse si frisée qu'on pourrait y tailler directement une montera, répond d'un "Non" catégorique. "Pas du tout, cela m'est impossible, j'aurais peur que les responsabilités à assumer, de gestion, de ressources humaines, ne nuisent à la créativité. Non pas qu'il ne soit pas possible d'être chef d'entreprise et créatif -Philippe Stark doit être tout ça lui-, c'est juste que moi je n'ai pas été mentalisé pour cela. Il faut dire qu'étant fils d'anarchiste espagnol, le contraire aurait été surprenant. Je suis capable de prendre ce genre de responsabilités, mais sur le court terme, pour mener un film jusqu’au bout, atteindre un objectif, durant quelques jours. Mais ensuite, j'ai besoin de me replonger dans le dessin, même si en ce moment, surtout avec la proximité de la Féria et Torosi ! je suis un peu surmené. Mais ça n'est pas bien grave, face à la belle aventure qu'il m'est donné de vivre, dans la dimension de ce nouvel espace de création qu'avec Frédéric Roche nous venons tout juste d'ouvrir".
Feria de Pentecôte 2009 : la meilleure façon d'oublier la crise durant quelques jours !
Jeudi 28 mai, à partir de 21 h 30, la Pégoulade comme Nîmes l'aime
C'est-à-dire une parade à laquelle de nombreuses associations participent, après s'être investies durant des semaines pour ce grand moment populaire. Depuis les Allobroges nîmois de 1952, on n'a rien inventé de mieux. Surtout, on pourra (après retrait d'invitations pour permettre une jauge de sécurité), attendre l'arrivée de la Pégoulade dans les arènes, en patientant grâce à un concert des bretons du bagad de Lann-Bihoué. Il y aura même des danseurs bretons que l'on pourra retrouver tous les soirs de féria pour des Fest-noz aussi réjouissants que les fiestas d'essence espagnole. A découvrir.
Programme taurin
Les cartels de la Féria de Pentecôte 2009 promettent cette année la présence de José Tomas, le vendredi 29 mai, à 18 h 30, devant des toros de Garcigrande dont on espère que le lot proposé sera plus égal que celui présenté à Madrid voici quelques jours. Mais il n’y a pas que cette corrida dans un programme de 10 courses. Les aficionados toristas peuvent encore avoir des places pour la corrida d’ouverture. Ce mercredi, les mythiques toros de Miura seront combattus par Padilla, Rafëlillo et l’Arlésien Bautista. Le jeudi, un autre français arrivera auréolé se son succès madrilaine (Castella), et les jours suivants, matin et soir chacun pourra choisir entre des spectacles de différentes factures. Intégralité des programmes sur www.nimes.fr |