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| Le Vigan : de la fibre textile à la fibre optique |
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| Lundi, 04 Avril 2011 08:00 | |
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Jeudi 31 mars 2011, la Sous-préfecture du Vigan accueillait une réunion inédite de tous les établissements bancaires du canton, à l'initiative conjointe de la Sous-préfète, Fabienne Ellul, et du Directeur départemental de la Banque de France, Nicolas Resseguier. " Nous travaillons déjà beaucoup avec les élus et les entreprises, mais ce n'est pas suffisant car il nous manquait une troisième partie que sont les banquiers, explique la sous-préfète. Chacun de notre côté, nous détenons des informations qui sont toutes utiles lorsque nous instruisons des dossiers. Mieux vaut travailler ensemble que faire les choses séparément ".
Une situation économique en reconstruction Car, contrairement à certaines idées reçues, le Viganais enregistre depuis plusieurs années un solde positif en matière de création d'entreprises. " Il ne faut pas céder à la sinistrose ambiante car les choses sont en train de bouger, et il faut le faire savoir ", assène la Sous-préfète, qui reconnaît cependant que l'environnement a changé depuis l'âge d'or du textile : " Si l'on fait référence à l'industrie textile, qui fournissait plusieurs centaines d'emplois dans les années fastes, il faut admettre que l'on ne retrouvera pas ce phénomène. Ni au Vigan, ni ailleurs, car la tendance n'est plus aux grosses industries. En revanche, on voit des petites entreprises qui se créent, avec l'exemple emblématique de Looki France qui a créé plus de vingt emplois et qui continue à progresser. A cela s'ajoutent toutes celles qui génèrent trois ou quatre emplois, qui, mis bout à bout, soutiennent l'économie locale ". Même constat positif pour Nicolas Resseguier, qui effectuait là son second déplacement officiel sur le territoire viganais : " Beaucoup d'atouts ont étés évoqués à propos de cette zone du Vigan que je connaissais mal. J'ai noté autant d'atouts que de faiblesses ". Des atouts forces et des faiblesses que le Directeur de la Banque de France a pris le temps de recenser, à l'écoute des banquiers au contact du terrain. Car l'une des caractéristiques du tissu bancaire local, c'est l'attachement au territoire des employés de banque. Tandis que les agences urbaines sont de plus en plus critiquées pour le turn-over de leurs effectifs, certains des banquiers présents au Vigan sont en poste depuis plus de trente ans. De quoi connaitre en profondeur le territoire, ses entreprises les opportunités qui s'y trouvent. A commencer par le potentiel de développement touristique, à condition toutefois de prévoir l'implantation d'établissements haut de gamme, avec des capacités d'accueil cohérentes avec cette ambition. Autre pilier solide du tissu économique, l'activité agricole semble moins souffrir que dans le reste du département. C'est que, sur ce territoire relativement enclavé, les stratégies de niche sont celles qui s'avèrent le plus payantes. Qu'il s'agisse des petites entreprises crées par des néo-ruraux fuyant le tumulte parisien, ou des TPE issues du plan de revitalisation, lancées par des ex-salariés de Well, qui se mettent à leur compte et créent dans la foulée une poignée d'emplois supplémentaires. S'ajoute à cela une marge de manœuvre non négligeable de la part des collectivités locales, que le Directeur de la Banque de France qualifie de " bien gérées ". " Elles ont pour la plupart des capacités d'investissement importantes, et peuvent jouer un rôle moteur pour relancer l'économie ". Comme par exemple le projet de Pôle d'excellence rurale (PER) dédié à l'économie numérique (voir ci-contre) dont Fabienne Ellul a bon espoir qu'il soit retenu par le Gouvernement. " La réponse devrait être annoncée dans les semaines qui viennent. A partir de là, ce sera également un point de développement pour le haut débit sur le territoire ".
Une rencontre, qui en appelle d'autres " Au-delà de cette rencontre, l'idée est de mettre en place des partenariats de travail, car nous faisons tous le constat que l'arrondissement du Vigan est en train de redémarrer, et que nous devons accompagner cette dynamique naissante ", conclue la Sous-préfète. Un sentiment que partage Nicolas Resseguier, qui complète :
Cévennes, un El Dorado pour le jeu vidéo ?Recruté en juin 2010 pour relancer l'activité de NRCT, l'agence de développement économique pilotée par la CCI de Nîmes, Jessy Favari suit de très près le projet de Pôle d'excellence rurale " Cévennes, vallée numérique " qui pourrait faire du bassin viganais l'un des tous premiers pôles dédié au développement de jeux vidéos. Pour Gard Eco, il en dresse les grandes lignes et les enjeux. Gard Eco : Qu'est-ce qui se cache derrière ce projet de PER " Cévennes vallée numérique " ? Jessy Favri : Grâce à un partenariat public-privé, notre objectif est de mettre en œuvre une offre d'accompagnement et de services en direction des nouvelles technologies de communication sur Internet, et plus particulièrement autour du jeu vidéo. L'entreprise fer de lance de ce projet est Looki France, qui compte aujourd'hui un peu plus de vingt salariés, et qui grâce à son fort développement, tire ce projet vers le haut. Leur but est d'agglomérer autour d'eux d'autres entreprises pour les installer sur le secteur du Vigan. Concrètement, à quoi cela va t'il ressembler ? Ce projet va être basé dans une ancienne filature à Aulas, qui sera entièrement rénovée, sur trois niveaux. Le premier niveau permettra de créer une sorte de pépinière d'entreprises, pour favoriser l'accueil d'entreprises innovantes, leur incubation et leur développement. Sur ce volet, nous bénéficierons de l'expertise d'Innov'Up, partenaire du projet. Sur le second étage, nous installerons un hôtel d'entreprises, pour des structures mâtures et autonomes. Quant au troisième niveau, il sera occupé par l'entreprise Looki France. N'est-ce pas paradoxal d'envisager installer ici des entreprises basées sur Internet, alors que celles qui sont déjà en place souffrent d'une déficience de l'accès au haut débit ? Effectivement, ce projet ne peut pas se faire sans la fibre optique. C'est donc une occasion pour accélérer le processus initié par le Région, pour faire venir la fibre optique sur le territoire. Une enquête a d'ailleurs été conduite conjointement par la CCI et l'association PER Cévennes vallée numérique, qui montre que l'arrivée de la fibre optique va également aider les entreprises existantes à se développer. Un tel projet peut-il être un moteur pour le développement économique du bassin ? Sur ce territoire, deux grands axes ont été repérés pour le développement économique : tout d'abord, le tourisme, et ensuite, les activités liées aux TIC. Et même si le projet de PER s'oriente plutôt sur ce second volet, il sera également un atout pour le tourisme, et l'amélioration des communications. Où en est-on dans l'avancée du projet ? L'instruction du dossier a été décalée dans le temps à cause des échéances électorales, mais à présent, les cantonales étant passées, le verdict ne devrait pas tarder à tomber. Sera-t-il abandonné si l'Etat rejette la demande de classement en PER ? L'ensemble des membres de l'association et des collectivités ont d'ores et déjà réalisé le tour de table nécessaire au financement. On attend bien entendu la réponse de l'Etat pour le PER, mais même si elle est positive, nous n'avons aucune certitude sur le montant de l'enveloppe. L'objectif maximum est de 600 K€, ce qui représente 50% du financement du projet. Il peut néanmoins exister des scenarii dans lequel le projet serait accepté, avec un financement moindre. Quoi qu'il en soit, nous réaliserons un nouveau tour de table avec les partenaires, pour décider de la nouvelle orientation financière du projet. Plusieurs simulations ont déjà été faites, et tout le monde est dans les starting-blocks ! Est-ce que des études ont été réalisées pour valider l'hypothèse d'attractivité de cette zone rurale pour des entreprises de pointe ? Cette étude a été conduite dès le départ du projet, sous l'impulsion de Looki France, et sept manifestations d'intérêt ont déjà été manifestées par des entreprises implantées en France, ou au niveau européen. A partir du moment où la fibre optique est en place, Arne Schroeter (président de Looki France) fait le pari qu'un cadre vert comme celui-ci conviendra parfaitement à des industries qui font appel à de la créativité. De plus, il a un énorme réseau dans ce secteur, et tous ses contacts confirment leur intérêt pour un tel cadre de vie. A cela s'ajoutent un certain nombre de prestations communes pour ces entreprises, comme par exemple le " Moving Capture ". C'est une sorte de salle dédiée à la capture de vidéo en 3D, pour la réinjecter dans les jeux vidéo. Ce type de prestation pourra être proposé ici à des tarifs équivalents à la moitié de ce qui se pratique dans des grandes métropoles. Développer un jeu vidéo au Vigan reviendra moins cher que dans une grande capitale ! Looki France, pionnier en Cévennes numériquesNé en Allemagne voilà une trentaine d'années, après avoir suivi ses études et installé sa vie professionnelle outre Rhin, Arne Schroeter a choisi de retrouver le Pays Viganais qui avait bercé une partie de son enfance, pour y installer Looki France, une entreprise qui emploie aujourd'hui une vingtaine de personnes. Arne Schroeter a fait ses études en Allemagne, y a commencé sa carrière, puis s'est retrouvé salarié de la société Looki. Une entreprise qui éditait alors un site internet d'information consacré aux actualités du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo, mais qui peinait à trouver sur ce seul créneau l'appui nécessaire à sa croissance. Rompu aux technologies en ligne, il propose de développer le secteur du jeu vidéo en ligne, une activité qui devient rapidement le fer de lance de l'entreprise. Très vite se pose la question de l'internationalisation, avec la volonté de se différencier pour réussir sur de nouveaux marchés : "Notre objectif était alors de mettre en place une structure dédiée dans chaque pays, et la France est apparue comme le premier pays à cibler, notamment grâce à ma présence." C'est pour lui l'occasion idéale d'emmener sa petite famille se mettre au vert. Accompagné de son épouse, et de ses deux enfants, ils quittent l'Allemagne, direction Le Vigan pour donner vie à Looki France. "Il s'agit bien d'une structure en France, avec des collaborateurs et des partenaires français, ce qui nous a notamment permis de nous imprégner immédiatement de la culture française, et d'adapter nos produits à ce marché.". Créée en Avril 2009, Looki France compte aujourd'hui une vingtaine de collaborateurs, attirés à la fois par l'univers du jeu vidéo, et par une qualité de vie différente de celle des grande villes. "Je n'ai pas voulu appliquer des salaires plus bas sous prétexte que la vie est moins chère ici, et grâce à cela, certains nouveaux arrivants sont passés de l'appartement de 40m² qu'ils pouvaient avoir dans une grande ville, à près de 200 m² ici, pour un loyer parfois même inférieur", explique ce jeune dirigeant, qui ne regrette en rien ce retour aux sources. |






Une réunion qui visait avant tout à permettre aux acteurs de mieux se connaître, et à confronter les regards que chacun porte sur ce territoire marqué par la désindustrialisation. "Ce type de rencontre doit nous permettre d'être très opérationnels pour pouvoir intervenir sur des projets structurants, qu'ils soient portés, soit par des entreprises, soit par des élus. A nous ensuite de voir comment nous pouvons les accompagner financièrement, ou en amont, sur les phases de conseil, comme l'instruction d'un permis de construire par exemple " poursuit Fabienne Ellul. Mieux connaître les potentialités des entreprises pour ajuster les accompagnements, tel était donc l'ambition de cette première demi-journée de travail.