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Le travail saisonnier tire l'emploi dans le Gard PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 18 Juillet 2011 09:32

Dernier volet de notre bilan du premier semestre 2011. Des signes encourageants commencent à poindre, que ce soit la conjoncture économique (Gard Éco n°409) ou l'immobilier (Gard Éco n°410). La baisse du chômage, elle, est plus incertaine.

Reprise ou sortie de crise ? Depuis plusieurs semaines, les spécialistes débattent du terme le plus adéquat pour qualifier la situation économique. Si les indicateurs sont repartis à la hausse, si les chefs d'entreprise se montrent en majorité optimistes et voient un redressement de leur activité, nul ne peut prédire quelle sera l'évolution du taux de chômage.

À en croire Pôle Emploi, il y a eu un retournement lors de l'hiver 2011. Le nombre d'inscrits est reparti à la baisse pendant les quatre premiers mois. Mais le deuxième trimestre 2011 reste mitigé, n'apportant pas une confirmation claire et nette du retour de la croissance.
En mai, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi en France est reparti à la hausse à 0,7%. Dans le Gard, le nombre d'inscrits en catégorie A, la principale catégorie, est certes en baisse de 0,3%. Mais c'est moins bien qu'en avril, où le recul a été de 0,6%. Si on rajoute les catégories B et C - ceux qui ont un travail mais pas à temps complet - les inscrits augmentent de 0,4%. Cela représente 55155 personnes. Et sur un an, la hausse est de 4,4%.

Le printemps n'a pas été aussi radieux pour l'économie que dans le ciel. Les prix de l'énergie continuent leur envolée, et la crise des dettes des pays du sud de l'Europe n'est toujours pas résolue. Mais il est pourtant des périodes où des améliorations sont à espérer, voire à attendre sur le front statistique. Les mois d'été font partie de cela.

La raison ? L'emploi saisonnier, qui reste la locomotive du Gard, comme de tout le Languedoc-Roussillon. L'enquête de Pôle Emploi sur les besoins de main d'œuvre des entreprises l'a une nouvelle fois rappelé. 58% des projets d'embauches en 2011 sont des postes saisonniers, contre 39% pour la moyenne nationale. Les congés estivaux font tourner de nombreux établissements aux quatre coins du département. Rien de surprenant tant l'économie du département reste arrimée au secteur du tourisme. Une dépendance qui pourrait paraître fragile, voire inquiétante, mais le secteur s'est maintenu pendant la crise. On ose d'ailleurs imaginer les conséquences en cas de mauvaises fréquentations en 2008, 2009 et 2010 au plus fort de la crise. Le Gard est resté attractif : 4,5 millions de visiteurs l'an passé, 20 millions de nuitées vendues, un milliard de revenus générés qui permettent de faire vivre 14000 à 16000 emplois directs. Les signaux sont au vert pour cet été 2011. En cause principalement, les révolutions arabes qui ont découragé les gens à traverser la Méditerranée.
Le surcroît de main-d'œuvre est aussi nécessaire dans l'agriculture et la viticulture. Les postes d'ouvriers agricoles ou de cueilleurs se classent souvent en tête du top 3 des emplois les plus demandés, en particulier dans le sud et l'ouest du Gard comme le montre la carte ci-contre. Le secteur de Beaucaire se distingue avec 68% des projets d'embauche dans l'activité saisonnière agricole.

 

Pour la moitié d'entre eux, ces travailleurs supplémentaires sont pris en CDD de moins de six mois. L'intérim n'intéresse guère les recruteurs (voir par ailleurs). Des recruteurs qui sont dans plus de six cas sur des dix des petites entreprises de moins de cinq salariés. Une proportion élevée par rapport au reste de la région.

Or ces TPE s'attendent à des difficultés pour recruter pour 37% d'entre elles. La plupart du temps, c'est le profil ou la motivation des candidats qui font défaut. La pénurie se fait surtout ressentir dans les secteurs de la santé et des services à la personne. Infirmiers, aide à domiciles, employés de maison font partie des métiers en tension. Cuisiniers aussi. L'agriculture a moins de mal, peut-être parce qu'elle emploie de la main-d'œuvre peu qualifiée. Autres freins la mobilité et le logement de certains saisonniers.

C'est en se basant sur ce constat que le Conseil général a proposé une maison des saisonniers. Le but est d'abord de collecter les offres d'emplois et accompagner les demandeurs dans leur démarche. Une étude de faisabilité est en préparation pour un coût de
30 000 €. À terme, cette maison veut devenir le guichet d'entrée du travail saisonnier dans le Gard. L'un des objectifs est d'assurer un suivi des saisonniers, pas seulement l'été mais toute l'année, en développant des partenariats avec des départements montagnards. L'association FACE Gard a entamé des discussions avec son homologue de Chambéry pour faire travailler toute l'année les saisonniers.

Le Gard a mieux résisté à la crise que ses voisins

L'Insee vient de faire paraître une étude qui va sans doute aller à contre-courant du ressenti. Le Gard a relativement perdu moins d'emplois que les autres départements du Languedoc-Roussillon : l'emploi salarié a certes baissé de 1,4% entre avril 2008 et décembre 2010. Mais cette baisse est moins importante qu'ailleurs.

Le Gard est pourtant le département le plus industrialisé de la région. On aurait pu s'attendre à une crise plus dure. Cette résistance s'explique en partie par la présence de sites nucléaires qui ont gagné de l'emploi malgré la crise. Autre facteur, selon l'Insee. Les industries gardoises avaient déjà entamé leur mutation avant 2008. Mais surtout, elles auraient mieux utilisé les mesures des politiques publiques de l'emploi pour amortir le choc. Notamment l'activité partielle et le recours à l'intérim. Le Gard est le seul département de la région à retrouver fin 2010 le même niveau d'intérim qu'avant la crise, malgré un fléchissement depuis.

 

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Ressources humaines : "Nîmes est une plateforme logistique qui a du potentiel"

Malgré un essoufflement fin 2010, l'emploi dans l'intérim a bien tenu dans le Gard selon l'Insee (voir ci-contre). Dans ce contexte apparemment porteur, une nouvelle agence d'emploi s'installe dans le Gard. Partnaire a choisi Nîmes pour ouvrir sa première agence en Languedoc-Roussillon. Le groupe qui propose ses services de ressources humaines depuis 60 ans, réalise 154M € de chiffre d'affaires. Il emploie 200 collaborateurs et revendique 3000 clients. Interview de Sandrine Beck Coignard, la responsable régionale.

Pourquoi venir à Nîmes ?

C'est est une plateforme logistique. Nîmes est notre seule agence pour le moment en Languedoc-Roussillon. Le but est d'ouvrir près de nos clients et dupliquer notre savoir-faire. Nous en avons lancées six dans le sud qui se situent dans le couloir rhodanien entre  Lyon, Montélimar et Martigues. Partnaire est un groupe orléanais qui comptent 60 agences en France. La majorité se trouve dans le quart nord-ouest. Le groupe poursuit son développement par croissance interne, en implantant de nouvelles agences, et par croissance externe.

À quels secteurs appartiennent vos clients gardois ?

La plus grande partie sont dans l'industrie et la logistique. On connaît bien leurs besoins et nous les accompagnons pour le recrutement, la formation ou le handicap. Mais notre envie est de nous développer et d'aller chercher du business car il y a du potentiel dans le Gard. Nous avons fait une étude montrant des besoins dans l'industrie et la logistique, le BTP et les services dans une moindre mesure.

Nîmes a déjà beaucoup d'agences d'emploi et d'intérim pourtant ...

Oui, c'est vrai. Il y a de la concurrence avec une trentaine d'agences, notamment les grandes enseignes. Ces dernières ont certes un nom prestigieux. Mais ce que recherchent les entreprises, c'est la réactivité et la proximité : des agences à taille humaine capables de traiter leurs problématiques propres.

Vous refusez de vous présenter comme une simple agence d'intérim ?

Nous sommes une agence d'emploi. On fait une partie d'interim, mais aussi des CDD et CDI. Nous ferons des offres de placements dans les métiers à haute compétence : électricien, mécanicien. Sur ces niches où les entreprises souhaitent de suite embaucher, c'est plus difficile de trouver en intérim.