Le point sur les marchés PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 22 Juin 2009 00:00

Le constat de la situation présente

Croire en un ciel bleu sans nuage n'est aujourd'hui pas plus fondé que l'était la prédiction de l'apocalypse en février (déflation et dépression). Le mois de mai n'a fait que corriger les excès du premier trimestre. Revenus à la case départ, quelques constatations factuelles peuvent aider à nous repérer dans cet environnement :

· Sur un plan fondamental, l'origine de la crise vient du cycle massif d'endettement des pays développés (et d'abord des Etats-Unis). L'endettement massif, l'argent facile et peu cher surtout à partir de 2002, ainsi que la faiblesse des régulations ont permis les excès et les bulles.

· Les conséquences immédiates de l'explosion de ces bulles - effondrement du secteur financier, crise de l'immobilier et insolvabilité croissante des emprunteurs - sont sur le point d'être maîtrisées.

· A court terme, la mise sous contrôle des crises se fait par les techniques classiques de reflation pour la crise économique, et par des techniques non orthodoxes des banquiers centraux pour la crise financière. La conséquence est que le cycle de la dette n'est pas encore enrayé, car après les entreprises, puis les particuliers, c'est au tour des Etats d'être le moteur de la hausse de la dette.

Des pistes de réflexion pour l'avenir

De ces constatations, nous pouvons tirer quelques pistes pour l'avenir :

· Le pire a été évité. Les marchés se repositionnent sur l'idée qu'il y a un futur et corrigent leurs excès d'aversion au risque. Les indices actions remontent, les primes de risque obligataires se réduisent et la volatilité baisse. Ces mouvements peuvent persister tant qu'ils ne sont pas entravés par une remontée des taux fixes longs et courts, par un affaiblissement excessif de la devise, et par des craintes sur l'inflation. Aucun de ces obstacles n'est à ce jour apparu avec suffisamment de force pour enrayer les tendances du marché de ces dernières semaines.

· Le redémarrage de l'économie mondiale aura pour principaux moteurs les pays émergents et ceux en développement. Le leadership de l'activité mondiale a commencé à se déplacer vers ces zones même si l'évolution sera longue. Cela devrait entraîner une reprise des cours des matières premières et un retour des flux de capitaux vers ces zones au détriment des pays développés.

· L'entrée dans une ère nouvelle où "les Chinois consomment" et "les Américains épargnent" se traduira par le dégonflement très lent et progressif du stock de dettes des USA. La fin du levier dans les financements conduira à un rythme de croissance moindre que par le passé pour les pays développés.

En conclusion :

Pour l'instant, les marchés goûtent à leur soulagement d'avoir évité le pire, et même si les mouvements boursiers se déroulent "en accéléré", il est encore trop tôt pour gâcher notre plaisir de participer à cette hausse.

Néanmoins, il ne faut pas s'aveugler : le monde a changé et rien ne sera plus comme avant, la globalisation se poursuit sur les plans économique et financier.