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Stéphane REYNAUD : Depuis le début de l'année la Bourse alterne les bonnes et les mauvaises périodes. Comment expliquer cette volatilité persistante ? Mehdi RACHEDI - NATIXIS : Après 2008 et 2009, deux années éprouvantes, on espérait que la Bourse retrouve enfin sérénité et régularité. Ce n'est pas vraiment le cas, l'année 2010 évolue de façon chaotique, avec son lot d'interrogations et une alternance de bonnes et de mauvaises nouvelles. En début d'année, alors que la reprise s'affirmait, c'est par la Grèce et la découverte du montant réel de ses déficits publics que le premier choc boursier est arrivé. S'en est suivi la crise des déficits publics en zone euro (risque systémique) et la difficulté du financement de certains pays. Plus favorables, au 1er et 2ème trimestre, les résultats des sociétés ont été supérieurs aux attentes. Durant l'été, le ralentissement brutal des indicateurs américains, a fait ressurgir la menace d'une nouvelle récession. Au 3eme trimestre, les analystes ont révisé en baisse la croissance des bénéfices attendue pour 2011. Ces facteurs, pour le moins contradictoires, ajoutés aux doutes sur la pérennité de la croissance américaine ont fortement contribué à la volatilité ambiante.
S. R. : Quels sont les paramètres qui inquiètent les investisseurs et ceux qui seraient de nature à les rassurer ? M. R. : Parmi les paramètres rassurants : - le plan de soutien financier à la Grèce (45 milliards d'euros). Mis sur pied conjointement par la zone Euro et le FMI, ce plan a permis une détente du stress obligataire sur les pays du sud de la Zone. - le contrôle des déficits. La prise en compte de la dette passée, de l'inertie des finances publiques et des échéances à venir sur les retraites, oblige les Etats à prendre des mesures pour stabiliser, puis réduire, le rapport de la dette publique sur le PIB. - la croissance allemande. Les chiffres de croissance du 2ème trimestre sont très bons notamment en raison des exportations. La demande interne pourrait prendre le relais et permettre une croissance plus forte qu'attendue pour l'année 2010. Autres facteurs positifs, les entreprises ont des bilans sains et beaucoup de cash. Parmi les sources d'inquiétudes : - le possible ralentissement économique aux Etats-Unis. Il pourrait entraîner un atterrissage trop rapide de l'économie chinoise et aurait inévitablement un impact négatif sur la zone Euro. - l'endettement des différents pays de la zone Euro et des Etats-Unis, les pousse à mener une politique de rigueur défavorable à un retour rapide de la croissance.
S. R. : La situation économique mondiale parait fragile. Qu'en pensez-vous ? M. R. : L'économie mondiale est en phase de convalescence. Nous vivons une phase d'assainissement qui passe par le désendettement du consommateur américain. Ceci entraînera un changement de modèle de croissance, moins basé sur la consommation à crédit. En Europe, la limitation des déficits budgétaires amène à une perspective de croissance molle. Pour presque l'ensemble des économies développées, le défi du maintien de l'équilibre entre la croissance et la maîtrise budgétaire sera le principal sujet de 2011. Ainsi, les marchés financiers pourraient être soutenus par des valorisations attrayantes mais enfermés dans un environnement peu propice à l'accélération de la croissance mondiale.
S. R. : La crise ne touche pas les différentes zones économiques de la même façon. Quelles sont les plus dynamiques ? M. R. : En Europe, les derniers chiffres économiques ont surpris favorablement. Ceci est essentiellement dû au dynamisme allemand. Globalement, pour l'Europe il s'agit d'un effet de rattrapage, son rebond intervenant après celui des Etats-Unis. Les pays émergents bénéficient davantage d'une certaine " résilience ", notamment liée à la puissance de la locomotive chinoise. Ces pays restent bien entendu sensibles à la demande mondiale, mais pour autant, ils bénéficient d'une marge de manœuvre budgétaire significative et ont vu se développer au fil des années une dynamique propre (commerce sud-sud, émergence de la classe moyenne).
S. R. : De nombreux investisseurs se détournent des actions. N'est-ce pas, au contraire, le bon moment pour entrer sur les marchés ? M. R. : Il est un fait que, refroidis par la forte baisse de 2008 et découragés par les résultats décevants de la dernière décennie, peu d'investisseurs vont aujourd'hui vers les actions. Pourtant, sur les niveaux actuels, les valorisations constituent un réel attrait. Entrer sur le marché à 3 700 points environ, permet de bénéficier d'une décote de 40 % (le CAC valait 6 000 points en juillet 2007). Lorsqu'un magasin affiche - 40 %, tout le monde comprend qu'il y a de bonnes affaires à faire et se précipite. C'est tout le contraire avec la Bourse ou les investisseurs reviennent plutôt quand elle est au plus haut. Dans ce cas, hélas, les plus-values sont déjà faites.
S. R. : C'est un contexte difficile pour les gérants. Il semblerait toutefois que certains fonds réalisent de bonnes performances. Lesquels ? Jean-Jacques TEISSEDRE : Du fait de la volatilité, 2010 est une année extrêmement difficile pour les gérants. Pour autant, même si l'indice parisien affiche une baisse de 5 % depuis le début de l'année, de nombreux fonds réalisent des performances correctes, voire d'excellentes performances. Ainsi, parmi les fonds que nous préférons, Carmignac Patrimoine est en progression de 4,2% depuis le 1er janvier. Agressor est en hausse de 15,5% et Oddo Avenir de 12,2%. Bien entendu, tous les fonds n'affichent pas des performances aussi remarquables. Cependant, l'année 2010 se présente plutôt bien, les ¾ des fonds que nous préconisons ont une performance positive.
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