Le point sur les marchés financiers et les placements gagnants de 2009 (1ére partie) PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 28 Septembre 2009 00:00

Stéphane Reynaud : Après dix huit mois de baisse, les marchés actions se sont ressaisis. A quoi attribuer ce retournement de tendance ?

Marc Beheray - Olympia capital Management : La baisse de l'ordre de 45 % des marchés actions en 2008 était, en grande partie, due à une réaction excessive des investisseurs face à une crise financière sans précédent qui a déclanché la crise économique que l'on traverse actuellement.
L'importance des plans de relance des principaux Etats et l'intervention des grandes banques centrales (FED et BCE) ont éloigné le risque systémique, c'est-à-dire celui d'une faillite du système bancaire.
Progressivement, les investisseurs ont pris conscience des effets positifs  du traitement de la crise. En Europe, la France et l'Allemagne sont techniquement sorties d'une récession de cinq trimestres en enregistrant une légère croissance économique au second trimestre. Le Japon fait de même. Les Etats-Unis bénéficieront d'une légère croissance au troisième trimestre. Quant aux résultats des sociétés, ils ont été moins mauvais qu'anticipé par des analystes financiers trop pessimistes.
L'amélioration de certains signaux macro économiques conjuguée à une liquidité abondante ont donné le coup d'envoi du retournement des marchés actions. Les taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas ont favorisé le retour vers les actifs plus risqués de beaucoup d'investisseurs.

S. R. : L'actualité c'est aussi la grippe A. Quel peut être son impact sur la bourse ?

M. B. : La reprise économique reste fragile, elle dépend du moral des consommateurs, et donc de leur comportement. L'arrivée prochaine de la grippe A dans l'hémisphère nord peut emmener un fléchissement de la consommation et un repli sur soi du consommateur qui pourrait délaisser les lieux publics et les loisirs afin de limiter son risque d'exposition à un virus apparemment très contagieux.
Selon la gravité de la pandémie et le degré de  psychose en résultant, certains pans de l'économie pourraient être touchés et les entreprises désorganisées et fragilisées par l'absentéisme. Au final, les marchés actions seraient momentanément impactés. Pour autant, la grippe A ne sera pas le seul critère qui fera évoluer la bourse dans les prochaines semaines.

S. R. : Justement, selon vous, quels sont les principaux paramètres qui donneront la tendance au cours des prochains mois?

M. B. : Il y a un " réservoir " de bonnes nouvelles : le niveau très bas des taux courts, la baisse de la volatilité des marchés actions, l'abondance de liquidités et une aversion au risque moindre de la part des institutionnels notamment.
Les indicateurs macroéconomiques vont continuer de s'améliorer, contribuant ainsi à insuffler un vent d'optimisme et à restaurer la confiance des investisseurs. Les résultats des entreprises seront déterminants. Ils devraient s'améliorer grâce aux ajustements effectués par les sociétés par le biais de restructurations et de destockage de marchandises. Toutefois, ces effets bénéfiques ne pourront perdurer sans un redémarrage des ventes et donc de la consommation.
En résumé, les fondamentaux sont bons mais des inconnues demeurent. Une reprise différée de la consommation domestique et une grippe A virulente pourraient apporter une correction sur les marchés.

 

S. R. : Quels sont les pays ou les secteurs d'activité qui devraient être à la pointe du rebond de l'activité économique ?

M. B. : Les matières premières, qui jouent le rôle d'indicateur avancé de l'activité économique, et les marchés émergents sont les mieux placés pour profiter du rebond de l'activité économique.
Le paysage économique est profondément modifié. Les plus importantes économies émergentes : la Chine en tête, mais aussi le Brésil et l'Inde constituent désormais le principal moteur de la croissance mondiale.
Devant cette constatation, il est conseillé de réserver, dans son patrimoine financier, une place à des fonds émergents ou matières premières. Quoique très volatils, ils représentent probablement la meilleure espérance de gain sur dix ans.

S. R. : Certaines analystes pensent que la reprise économique peut être suivie d'un retour de l'inflation. Ce scénario vous parait-il envisageable ?

M. B. : Le scénario central laisse présager une reprise économique lente et difficile, dans un contexte de poursuite de hausse du chômage, au moins jusqu'à la fin de l'année. Dans de telles conditions, il n'y a aucun risque inflationniste à craindre dans l'immédiat.
Pour assister à un retour de l'inflation, il faudrait un redémarrage de l'emploi et des salaires. Cela passerait nécessairement par un retour de la consommation, or, celle-ci n'est pas encore acquise à ce stade de la reprise.
Cependant, à plus long terme, l'inflation semble inévitable, compte tenu de l'abondance des liquidités généreusement octroyées aux établissements financiers pour contrecarrer les effets déflationnistes de la crise. De plus, elle sera certainement souhaitée par les Etats, car elle contribuerait à diminuer leur dette en termes réels.

S. R. : La bourse est bien orientée cette année, l'Indice CAC 40 est en hausse de 18 %. La très bonne surprise, c'est que de nombreux fonds sur-performent l'indice. Comment expliquer ces écarts de performance plutôt rares ?

Philippe Parguey - Nortia : Il est de coutume de dire qu'un bon gérant se reconnaît dans un marché baissier. A notre grande surprise, aucun gérant vedette n'a fait de miracle en 2008. Il faut dire, que dans le contexte de panique générale qui prévalait, aucun secteur n'a été épargné. Comme un bon gérant ne devient pas mauvais du jour au lendemain, ce que nous n'avons pas pu vérifier en 2008, se retrouve " naturellement " en 2009.
La crise dans tous ses excès leur a permis d'acheter des pépites pour le prix du gravier et nous montrer enfin toutes leurs qualités. Deux exemples parmi d'autres : Oddo Avenir : + 39 % depuis le 1er janvier et Agressor : + 47 %, contre + 18 % pour l'indice parisien.

S. R. : Quels supports choisir si l'on souhaite profiter du rebond du marché sans pour autant prendre beaucoup de risques ?

P. P. : Le choix est toujours cornélien : recherche de la performance et donc risque ou sauvegarde de ses avoirs ? Les fonds dits "équilibrés" sont un excellent compromis. La dernière génération de ces fonds " patrimoniaux " se caractérise par une gestion flexible. Le degré d'investissement en actions (de 0 à 100 %) varie en fonction de la perception que le gérant a du marché. L'objectif est d'assurer une rentabilité de bonne facture, autour de 7 % en moyenne par an, tout en limitant le risque en capital. 
Dans cette catégorie, des fonds comme Carmignac Patrimoine (+ 16 % depuis le 1er janvier et + 30 % sur trois ans), Aliénor Optimal (+ 16,1 % en 2009 et 24 % sur trois ans), DNCA Evolutif (+ 20 % en 2009 et + 10 % sur trois ans) ou Dorval Convictions (+ 11,7 en 2009 et - 3 % en 2008) font partie des meilleurs. Ils ont démontré tout leur intérêt dans les dernières turbulences boursières.

S. R. : Le marché actions alterne les bonnes et les mauvaises périodes. Comment éviter de reperdre ce que l'on vient de gagner ?

P. P. : La bourse a, par définition, une évolution chaotique. Il n'est pas toujours facile de gagner de l'argent (voir 2001, 2002, 2008) ou de conserver ses gains. La solution qui permet d'éviter de les perdre s'appelle : la sécurisation ou l'écrêtage des plus-values. Tous les contrats d'assurance-vie modernes proposent cette option de gestion. Elle consiste, au moyen d'arbitrages réguliers et automatiques, de saisir les plus values réalisées et de les replacer sur un support sécuritaire.
C'est une option quasi indispensable lorsque le contrat a une orientation réellement offensive.