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Le nouveau cap de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 21 Mars 2011 11:21

11-03-22-almerasElue depuis quatre mois, la nouvelle équipe à la tête de la Chambre de métiers et de l'artisanat du Gard vient de dévoiler les axes stratégiques de sa mandature. Un travail de fond, basé sur l'écoute des attentes de l'artisanat gardois, qui ne s'était guère mobilisé pour l'élection de ses représentants (20% de votants). Devant un parterre de journalistes, mais aussi de partenaires de la CMA parmi lesquels le Conseil Général, la Banque de France, la DIRECCTE ou encore la Banque Populaire, le Président a ouvert sa présentation en déclarant : "nous avons bien entendu le message des artisans, qui n'ont pas été très nombreux à voter, et nous avons voulu inverser la tendance". Entouré par ses deux vice-présidents, Henry Brin et Jacques Bourgade, Serge Alméras a dévoilé une stratégie orientée d'une part vers l'organisation interne de la Chambre, et d'autre part, vers l’artisanat gardois.

Repenser l'action de la Chambre

A l'issue du premier état des lieux dressé par la nouvelle équipe, quatre axes stratégiques ont été décidés pour "reconquérir l'artisanat gardois ".

Mieux accueillir les ressortissants

Afin d'être perçue comme un fournisseur de services pour les artisans du Gard, la CMA a dressé son "projet client 2011", qui reprend les méthodes d'un prestataire privé. A commencer par l'attention portée sur le premier accueil des artisans, et l'engagement d'apporter des réponses dès le premier contact. Exit notamment le standard automatique qui, selon Serge Alméras "décourageait les artisans à coups de tapez 1 ou tapez 2…". Autre point marquant de ce plan d'action, la mise en place d'un conseil en développement pour les entreprises artisanales, capable de formuler des préconisations précises. L'organisation des services pourrait elle aussi être repensée, en substituant au découpage actuel par métiers, une approche basée sur la typologie des artisans.

Le site Internet de la CMA du Gard sera lui aussi modifié, afin d'intégrer un moteur de recherche de l'artisanat gardois, et pour présenter de façon plus exhaustive les différentes prestations consulaires.

Des clubs d'artisans devraient également voir le jour.

Mieux connaître les besoins des artisans

"Dans le cadre de la campagne, il s'est avéré que les différents chefs d'entreprise que nous avons vus nous ont fait part des problèmes qu'ils rencontraient", explique Serge Alméras. Et pour avoir une vision d'ensemble de ces problématiques, un premier questionnaire a d'ores et déjà été adressé aux 16 000 artisans du département. Sans en attendre les résultats, et pour faire face à l'urgence économique de certains ressortissants touchés par la crise, une commission de suivi des entreprises en difficulté a déjà été mise en place. Elle aura notamment pour mission la mise en place de partenariats afin de négocier pour le compte des artisans, l'étalement de certaines dettes auprès des services fiscaux, de l'URSSAF ou des banques.

 

Faire connaître l'offre de services

Outre la refonte de son site Internet, la Chambre de métiers annonce la parution avant l'été, d'un journal à destination des 16 000 artisans gardois. Un appel d'offres devrait prochainement être lancé dans ce sens. Autre élément de communication, les élus ont présenté leur projet de publication d'un catalogue détaillant les quelque 160 prestations actuellement accessibles aux artisans.

Une Chambre éco-citoyenne

Même si elle bénéficie déjà de la certification ISO 14001, qui repose sur le principe d'amélioration continue de la performance environnementale par la maîtrise des impacts liés à l'activité, la CMA entend continuer à servir d'exemple pour ses ressortissants, et s'affirmer comme une structure éco-citoyenne en visant une baisse de la consommation d'eau, d'électricité ou encore de papier.

 

“Le RSI ne fonctionne plus”.

11-03-22-bourgadeIssu de la fusion, voilà plusieurs années, entre les différentes caisses de cotisations sociales des travailleurs indépendants, le RSI (régime social des indépendants) vient de connaître une nouvelle mutation en confiant à l'URSSAF le recouvrement des cotisations sociales. Un changement qui entraîne une belle pagaille, mais dont les artisans sont les victimes, comme l'a soulevé le vice-Président Jacques Bourgade : "certains artisans n'ont pas reçu d'appel de cotisations depuis plusieurs mois, puis du jour au lendemain, on leur demande de régler tout le passif accumulé. C'est anormal et ingérable. Ajoutez à cela qu'il est quasiment impossible d'obtenir des renseignements par téléphone, et vous comprendrez que pour des artisans qui ont déjà du mal à faire face à la crise, la situation devient intenable". La faute à des difficultés de compatibilité informatique entre le RSI et l'URSSAF, selon un responsable présent, qui serait en passe de trouver une issue.

 

 

 

 

Agir pour les artisans

En écho aux quatre axes de progrès déterminés pour la CMA, quatre séries de sujets sont également proposées pour permettre aux artisans de "se projeter dans le futur tout en agissant positivement sur l'économie locale", selon le Président Alméras.

Première source de richesse pour l'économie locale, le tourisme est le premier enjeu retenu par les élus, et avec lui, la capacité des artisans à accueillir leurs clients. Formation et démarche qualités seront donc au programme des futures actions de la Chambre à destination de ses ressortissants, avec des initiatives telles que des formations à la culture locale et aux langues étrangères. "Nous projetons également de préparer des documents informatifs qui seraient distribués à l'aéroport, dans les taxis, et dans les trains. D'ores et déjà, un guide des Maîtres artisans est en préparation", précise le vice-Président Henry Brin.

Fortement marquée par son afflux démographique, la région offre à la fois des opportunités dans des secteurs comme le bâtiment, mais pose également le problème de la pression sur le prix du foncier. Un enjeu auquel les élus souhaitent s'attaquer en collaboration avec les autres chambres consulaires, CCI et chambre d'agriculture.

L'autre facteur caractéristique du grand sud, le vieillissement de la population doit, selon Serge Alméras, lui aussi faire l'objet d'une attention particulière de la part des artisans. Mise aux normes des magasins en faveur des personnes à mobilité réduite, adaptation de l'offre à des consommateurs plus âgés, ou encore retour à une économie de proximité en réponse à la faible mobilité des seniors, autant de pistes que le Président de la CMA résume en ces termes : "Lorsque l'on est coiffeur, on ne propose pas la même couleur de cheveux à une mamie de 70 ans, ou à une jeune fille de 20 ans…".

Forte de sa propre expérience en termes de développement durable, la CMA souhaite à présent répandre la bonne parole auprès de ses ressortissants, en formant les chefs d'entreprises, mais également en appuyant des démarches collectives telles que " Mon coiffeur s'engage ", qui invite les professionnels du cheveu à une meilleure gestion des produits chimiques, ou encore le développement du "Raspaillou", le pain bio 100% gardois composé de farines locales et de sel issu des salins d'Aigues Mortes.

 

6000m² dédiés à la formation

En vue de la régionalisation de l'offre de formation, et afin de pouvoir accueillir des apprentis venus de tout le Languedoc-Roussillon, la Chambre de Métiers a dévoilé les grandes lignes de son projet immobilier pour la construction de 6000m² dédiés à la formation, et à l'hébergement d'une centaine de jeunes. Un projet qui, s'il bénéficie du financement dans le cadre du grand emprunt, devrait voir le jour en lieu et place de l'actuel parking qui jouxte la CMA, et pour lequel la Mairie, actuelle propriétaire, a d'ores et déjà donné son accord de cession.

 

 

 

 

La densité artisanale, facteur de survie des entreprises

Le sud du département, qui enregistre parmi les plus forts taux de densité en termes d'entreprises artisanales, est également la zone où s'observent les plus faibles taux de survie à cinq ans de ces entreprises. En cause, une concurrence plus importante, mais également le coût du foncier, qui peut varier de 10 €/m² à 75 €/m² à l'échelle du département.

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