| La Feria prend ses marques en centre ville |
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| Mardi, 26 Avril 2011 08:00 | |
Interview : La bodega de JFB dans la cour d'honneur de la CCIDeux mois à peine avant le coup d'envoi de la Feria de Pentecôte, Jean-François Boyer annonçait avoir obtenu de la CCI de Nîmes l'organisation d'une bodega dans la cour d'honneur de l'hôtel consulaire. Une première dans ce lieu habituellement dédié au monde sérieux des entreprises. Pour le dirigeant de JFB Productions, le challenge est de taille, et il le sait. Confiant, mais conscient des difficultés, il nous dévoile ses raisons d'être optimiste, mais aussi réaliste. C'est donc en toute humilité qu'il aborde ce défi, avec l'ambition de s'inscrire sur du long terme.
J'ai la conviction que cette édition de la Feria de Nîmes sera un très bon cru. Parmi les éléments qui me laissent penser cela, notons le succès que l'on constate depuis une quinzaine de jours, lors de l'ouverture des plages privées sur le littoral, où se pressent des milliers de personnes. Du Carré Blanc des frères Pourcel jusqu'à la Grande Motte, j'ai beaucoup d'amis qui ont des plages, qui me confirment qu'il y avait une véritable attente du public gardois et montpelliérain de fêtes sous les étoiles. Ensuite, la date de la Feria nous promet une belle météo de début d'été, avec des soirées chaudes. Le succès de la Feria repose sur deux éléments : une bonne programmation tauromachique, et une fois de plus, Simon Casas a mis les petits plats dans les grands. L'autre ingrédient, c'est une météo favorable. Ensuite, si l'on met en place un dispositif qui correspond aux attentes du public, des aficionados, mais pas seulement, on peut raisonnablement attendre un succès. Je suis très optimiste. Est-ce un soulagement de voir la Feria revenir au centre-ville, plutôt que sur le boulevard Jean Jaurès ? Pour des professionnels comme moi, qui ont des produits ciblés et travaillés, cela n'aurait rien changé. Pour les autres, je ne me prononcerai pas. Mais en ce qui me concerne, l'offre que je propose vise les " CSP+ ", et l'emplacement initial qui était envisagé aurait même pu me rendre service. Vous abordez cet évènement avec un nouveau terrain d'expression. Comment réagissent vos clients et partenaires ? C'est un challenge pour mon entreprise, et nous devons le gagner. Est-ce que la clientèle qui m'est fidèle depuis 13 ans va me suivre ? Je ne peux pas encore le dire, et je sais rester humble sur ce sujet. J'ai le savoir faire pour relever ce défi, et je pourrai m'appuyer sur ce lieu magique qu'est la cour d'honneur de l'hôtel consulaire. Cet hôtel particulier est très beau. A nous de le mettre encore plus en valeur, notamment grâce à des jeux de lumières évolutifs, pour faire changer les couleurs tout au long de la soirée. Mes partenaires historiques, et les média, signent les uns après les autres pour être de la partie dans ce nouveau lieu. Certains même, comme Air France, sont très emballés. Ils sont également satisfaits de voir que je me renouvelle.
Quels seront vos recettes pour retrouver l'ambiance que vous avez connue - et créée - depuis plus de dix ans ? Mon objectif est de transposer à la puissance 2,5 - puisque j'aurai deux fois et demi plus de surface - les concepts que je connais bien. Nous serons sur un schéma de cocktails en début de soirée, avec une offre de tapas très accessible au niveau tarifaire, puis ensuite, de belles fêtes sous les étoiles ! Le tout s'appuiera sur une programmation artistique de fête de haut niveau, ce qui se fait de mieux en Europe, avec des artistes de niveau international. Nous proposerons également un espace Champagne, adapté à la clientèle haut de gamme que nous visons. Car l'alchimie de la Feria, c'est de savoir doser un mélange de différentes couches sociales qui se rencontrent. Ce que j'aime, c'est voir un syndicaliste qui embrasse un capitaine d'industrie, grâce à la magie de la Feria ! La Feria, c'est comme les Jeux Olympiques : ça réunit les hommes. Le fait de créer une bodega dans un lieu dédié aux entreprises est-il une façon de capter une clientèle plus "business" ? Bien entendu, faire une bodega dans cette " maison des entreprises " est une opportunité. Mais il faut garder à l'esprit que les chefs d'entreprises vont là où ils veulent, et c'est tant mieux. Mon objectif est de mutualiser tout ce qui permet de faire venir les chefs d'entreprises. Je vais moi-même les inciter à aller visiter d'autres lieux. Il faut replacer cette notion dans un contexte de régionalisation de l'économie. Je mise en partie sur cette régionalisation des CCI. Je pense pouvoir affirmer que jusqu'à Béziers, les CCI du Languedoc-Roussillon seront présentes. La nouveauté de cette réforme, c'est que les Chambres de Commerce se rencontrent. Elles se réunissent à Montpellier, mais elles viendront faire la fête à Nîmes ! Comment allez-vous inciter les gens à visiter d'autres bodegas ? Je vais proposer au Royal Hôtel, au Neuf, à l'Hôtel Chouleur, et à l'Atria, de faire une carte commune pour l'accès dans nos bodegas. Puisque je ne suis pas dans le circuit, inventons un nouveau circuit ! La richesse de la Feria, c'est aussi le mouvement. Il faut que les gens bougent. Statistiquement, un client passe en moyenne deux heures dans une bodega. Encourageons ce mouvement ! C'est un pari osé… Le challenge est important, et le risque l'est aussi. Je suis prêt à perdre de l'argent sur cette première édition. D'autant que l'on élargit le circuit traditionnel de la Feria. J'ai entendu des réflexions qui disaient que cet emplacement n'est pas sur " le circuit ". Et alors ? La Feria ne peut pas se borner aux Quais de la Fontaine et au boulevard Victor Hugo. Nous ne serons qu'à 150 mètres des arènes. Il faut sortir de ces représentations parfois trop nîmo-nîmoises. A partir du moment où nous proposons un bon produit, les gens viendront. Même s'il faut trois soirs pour lancer la machine. Mon défi, c'est d'avoir une file d'attente le vendredi soir à Minuit, devant le "Club Feria JFB". Car nous serons dans la cour d'honneur de la CCI, que je loue pour l'occasion. Cette décision prise par la nouvelle équipe élue aux commandes de la CCI, de créer une bodega dans la cour d'honneur, est-elle selon vous le signe d'une nouvelle volonté ? Le précédent président de la CCI, Denis Volpilière, me disait souvent qu'il regrettait que l'on ne fasse pas plus souvent venir les gens à la l'hôtel consulaire. Alors, même si nous n'ouvrirons pas l'accès à l'intérieur du bâtiment, nous allons amener de la convivialité à ce lieu. Eric Giraudier (nouveau président de la CCI, ndlr) sera probablement là tous les soirs, pour venir rencontrer les gens. Les élus également, puisque le projet que j'ai présenté lors de la dernière Assemblée Générale de la CCI a été voté à l'unanimité. C'est la force de l'évènementiel que de permettre aux personnes de se parler dans un autre contexte. Si cette ouverture profite à la Chambre, c'est parfait. Avec le risque d'un lieu trop élitiste… ? La Feria de Nîmes n'est ni le Festival de Cannes, ni Rolland Garros. C'est avant tout une fête populaire. 90% des participants ne fréquentent pas les arènes. Je vais tout faire pour que les prix soient accessibles à tous. Si je cherchais à ne faire venir que des " VIP ", j'aurais toutes les chances de me planter. Je veux rassembler. Si l'espace n'est pas rempli, il n'y aura pas l'ambiance de fête.
Dernière minute : La CGPME ne sera pas de la fête...Dans un communiqué de presse signé par "Les Elus CGPME de la Chambre de Commerce du Gard", le syndicat des petites et moyennes entreprises déclare que l'installation de la bodega de Jean-François Boyer dans la cour d'honneur de la CCI serait le fruit de "petits arrangements entre amis". En cause, la présence de JFB sur la liste conduite par Eric Giraudier, au dépend du président de la CGPME. Une prise de position qui surprend du côté de la Rue de la République, où l'on rappelle que cette décision prise en Assemblée Générale a été votée à l'unanimité, y compris par les élus de la CGPME. |






Dans quel état d'esprit abordez-vous cette Feria, qui sera pour vous une sorte de nouveau départ ?
Cette année encore, l'hôtel Atria sera l'un des points incontournable de la Féria de Pentecôte, signe de l'élargissement du "circuit de la Féria" vers le sud des arènes. Comme l'année dernière, le maître des lieux, Freddy Cerda offrira à ses visiteurs un exemplaire collector de "La Gazette de l'Atria", consacrée cette année à El Cordobes. Une initiative qui illustre sa volonté de proposer une offre différenciante, quitte à sortir des sentiers battus. Pas question pour lui de se contenter d'une paella à tous les repas, même s'il évoque avec un plaisir malicieux ses souvenirs de repas sur les boulevards, autour du plat traditionnel espagnol.