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L'éco-construction : Le bois devient high-tech PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 08 Juin 2009 00:00

Habitat différent : le bois, un matériau moderne

De plus en plus, de la construction traditionnelle, à l'extension d'habitat ou la rénovation, particuliers et promoteurs redécouvrent les nombreuses qualités du bois.

La prise de conscience générale qui gagne la planète a le mérite de rendre les idées de certains tout à fait acceptables. Il y a dix ans, un couple qui désirait vivre dans une maison en bois passait pour une paire d'huluberlus écolos, suspectés de n'avoir pas évolué depuis 1968. Aujourd'hui, la pratique s'est développée, au point d'avoir le choix entre plusieurs constructeurs, et les collectivités publiques envisagent certaines de leurs futures constructions dans cette matière. Architecture bioclimatique et matériaux naturels font une maison saine, une bio-construction donc, qui permet un meilleur confort de vie, et une économie d'énergie capable de rattraper en quelques années le différentiel du prix initial, comparé à d'autres méthodes de construction. Quelque soit la technique adoptée (ossature bois, poteau poutre et bois massif empilé ou rondins et madriers), les maisons en bois séduisent de plus en plus, porteuses de valeurs anciennes héritées des images du chalet ou de la maison à colombages, tout en intégrant des systèmes complémentaires très high-tech, comme les chauffe-eau solaires, les panneaux photovoltaïques pour l'électricité ou des pompes à chaleur pour le chauffage. Même le traditionnel chauffage au bois a évolué vers des combustibles très pratiques à utiliser comme les plaquettes ou les granulés. Un retour sans complexes, qui est une bonne nouvelle pour la Terre, pour les générations futures et pour l'économie qui trouve dans l'eco-habitat, un nouveau souffle.

 

Le bois : une construction aussi durable que le développement du même nom

Laurent Martinez est le créateur de la société Domabois, dont le siège est installé à Saint Théodorit depuis près de deux ans. Mais sa passion pour le bois ne date pas que de cette époque.

Manuel Vieira (à gauche) associé de Laurent Martinez (à droite)GARD ECO : M. Martinez, vous construisez des maisons en bois, à basse consommation énergétique. C'est encore un métier peu courant, comment vous êtes vous tourné vers ce secteur  ?

Laurent Martinez : Les maisons en bois sont chaleureuses et offrent une douceur de vivre incomparable. Electricien dans le bâtiment, à 40 ans, j'ai voulu m'en construire une moi-même. J'ai compris alors que réaliser une maison en bois n'était pas aussi simple que cela en avait l'air. Si bien que j'ai décidé de faire une formation, puis de fil en aiguille, j'ai passé un diplôme de charpentier chez les compagnons. J'ai eu mon CAP en juillet 2000, j'ai construit ma maison, j'y vis dedans et désormais je construis celles des autres, après avoir été durant quelques années salarié ponctuellement, afin de maîtriser complètement la technique.

G.E. : Comment envisagez vous l'avenir de ce type de construction ?

L.M. : Pour le moment, la maison en ossature bois reste un marché de niche. Mais j'ai déjà constaté une véritable évolution entre les débuts, où le métier balbutiait, était quasiment marginal, et aujourd'hui. Ce qui est certain, c'est le grand intérêt que porte désormais le grand public à ce type de construction. Avant, il n'y avait guère qu'en Cévennes que se trouvaient les personnes intéressées, aujourd'hui, les urbains s'y mettent avec beaucoup d'enthousiasme et le marché s'en est trouvé décuplé. Bien entendu, aujourd'hui, il faut compter avec les problèmes engendrés par la crise économique. Avec Manuel Vieira, mon associé, un menuisier-ébéniste, nous avons des clients potentiels, mais qui ont décidé de retarder leur
investissement. Toutefois, dès que la relance aura eu lieu, c'est certain, les projets seront réalisés, d'autant plus et mieux, que les gens auront pris conscience de bien des choses. Espérons surtout que les normes et les règles en matière d'urbanisme évolueront, afin que certains projets ne soient plus bloqués par les Bâtiments de France, ou des cahiers des charges dépassés.

G.E. : Le coût d'une construction bois est plus élevé qu'avec un autre matériau. Quels sont vos arguments sur ce point ?

L.M. : C'est un phénomène connu, l'investissement en matière d'éco-construction est plus important au départ, mais il y a des compensations qui sont indéniables. Des statistiques, menées sur des normes 2005, donc déjà un peu dépassées, font apparaître que l'énergie nécessaire à la vie dans une maison dite "normale ou traditionnelle" se situe entre 120 et 180 kw/m2/an, alors qu'une maison en bois, isolée comme nous le faisons avec des produits naturels (ouate de cellulose, laine de bois, chanvre …) nécessite moins de 50 kw/m2/an. On parvient presque à ne pas avoir besoin de chauffage. Pour les maisons passives, moins de 15 kw/m2/an, c'est l'activité des occupants qui chauffe la maison. La chose est vérifiable dans des pays comme l'Autriche, la Suède, l'Allemagne qui pratiquent déjà depuis longtemps ce type de construction.

G.E. : Pensez-vous que l'on verra un jour des immeubles publics en bois ?

L.M. : Absolument. Il y a déjà des constructions récentes en France, et qui sont carrément autonomes en matière d'économie d'énergie. A Cannes, dans le Nord, il y a des HLM construits en bois. Mais il est possible qu'on ne les remarque pas, car on peut faire en sorte de donner aux façades un aspect tout à fait conventionnel.

*Maison traditionnelle : [ndlr] si l'on s'en tient à l'histoire, le traditionnel a été soit la pierre, soit le pisé, soit le bois, soit un mélange pierre/bois ou pisé/bois.

Ecologique : le bois c'est naturel, et le Gard n'en manque pas

Construire un bâtiment en bois, demande que tous les atouts de ce matériau soient bien compris. Commençons par la fin, une maison en bois est recyclable à 80 % le jour où elle est détruite.

09-06-09-maison-piscineMais avant d'en arriver là, et pour avancer sur le chemin du développement durable, lorsqu'un constructeur comme l'entreprise Domabois agrandit une maison, jette une terrasse ou crée une Pergola, il est préférable qu'il se tourne vers notre région où pousse une espèce de résineux qui a l'avantage d'être très résistant, tout en étant beaucoup plus facile à travailler que le bois exotique qui use les outils et surtout… participe à la déforestation dans les pays d'Afrique ou en Amazonie. Le Douglas ne nécessite que quelques kilomètres de transport, coûte moins et surtout étoffe la filière bois en créant des opportunités d'emplois supplémentaires.

Moins radioactif que tous les autres matériaux de construction, le bois est hygroscopique (il régule en partie la production de vapeur d'eau des habitants), et absorbe les sons. Incontestablement écologique, il nécessite 6 fois moins d'énergie pour être mis en œuvre que le béton, et 20 fois moins que l'acier. On construit une maison en bois sans utilisation importante d'un autre matériau précieux, l'eau, et on participe à la lutte contre les effets de serre. Une tonne de bois absorbe, pour sa croissance, 1,6 T de CO2, tout en produisant 1,1 T d'oxygène.

Une maison en bois ne court pas plus le risque que les maisons "traditionnelles " de brûler. Sujet d'angoisse chez tous ceux qui s'intéressent à la construction bois, l'incendie n'est pas à redouter. Ce que Laurent Martinez démontre simplement "Lorsque vous voulez allumer un feu dans une cheminée, si vous n'avez que du bois massif, vous pouvez toujours essayer de l'enflammer ". Le bois (de qualité, ce qui n'était pas le cas des masures de Londres ou Paris lors des grands incendies des siècles passés) résisterait même mieux à l'incendie que d'autres matériaux. Domabois signale "Lorsque les armatures du béton armé se déforment, elles font basculer la structure d'un seul coup. Alors que les pompiers ont coutume de dire que le bois a l'élégance de prévenir, puisque avant de céder, il craque, et leur laisse le temps de sortir. Le bois massif ne brûle que de 0,7 mm par minute (4,2 cm/heure), et la couche carbonisée forme une protection pour le cœur du bois. Il ne se dilate que de peu et la structure reste stable, même si l'incendie dure longtemps". Bref, le seul danger d'une maison en bois, est l'étanchéité du toit, lequel doit être très bien entretenu sous peine d'infiltrations.

Le bois… et toutes les autres solutions durables

09-06-09-maison-escalierChapeau bas au salon Maison Bois d'Angers qui fêtera ses dix années d'existence  du 16 au 19 octobre prochains. Avant lui, en Avril dernier, le 7ème salon de la Construction bois et maîtrise de l'énergie se tenait à Grenoble. Des régions où la construction de maisons en bois ou colombages est mieux intégrée, culturellement, que dans le sud plus habitué aux pierres sèches. A la jonction avec l'ouest, à Toulouse, on n'en sera qu'à la troisième édition du salon Habitez Naturel, le salon de la Maison Bois, Energies Renouvelables & Eco-Matériaux  les 23 au 26 octobre 2009. On remarquera l'évolution des énoncés de ces différents rendez-vous.

A Nîmes, du 7 au 9 octobre 2009, au Parc des expositions, c'est une thématique générale plus large que proposera le 4ème salon Orizon, orienté sur le développement durable, dont la construction bois. Destiné à rapprocher collectivités territoriales et entreprises, Orizon durera cette année, une journée supplémentaire, pour permettre au grand public de découvrir les nombreuses propositions des exposants. Entrée gratuite sur pré inscription dès juin 2009 sur le site www.orizon.nimes.cci.fr