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Passerelle entre le monde industriel et académique, l'entreprise gardoise continue son développement grâce à sa technologie qu'elle commercialise depuis 17 ans.
Criblage à haut débit, biomarqueur, fluorescence... Le vocabulaire de Cisbio Bioassays n'est pas utilisé tous les jours. Franchir la porte de cette entreprise, basée depuis 30 ans dans le Gard rhodanien, c'est en effet plonger dans un univers aux confins du médical, de la biologie et de la chimie. Un endroit où l'on conçoit et teste les futurs outils pour la recherche de nouveaux médicaments.
C'est dans ce domaine que s'est en effet spécialisée Cisbio grâce à une technologie mise au point en 1996, le HTRF pour homogeneous time resolved fluorescence. Un procédé d'analyse proche de la colorimétrie. "On excite une molécule et elle restitue l'énergie sous forme lumineuse", explique François Degorce, directeur marketing.
"Le HTRF a révolutionné le criblage à haut débit (voir par ailleurs). C'est une technologie qui a permis d'aller très vite en plus d'être une alternative à la radioactivité", raconte François Degorce. Depuis, Cisbio ne cesse d'améliorer cette découverte avec un portefeuille de produits qui s'enrichit chaque année : 29 sorties en 2012, une vingtaine de prévues cette année, fruits d'un investissement de 12% dans la recherche et le développement. Le chiffre d'affaires a atteint 33,5 M€ en 2012.
Parmi les clients de Cisbio, l'industrie pharmaceutique pour qui elle met au point les tests servant à repérer les molécules les plus efficaces afin de combattre la plupart des pathologies actuelles : maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer ou Parkinson, cancer, maladies inflammatoires, cardiovasculaires, diabète...
Mais Cisbio ne se limite pas au secteur du "drug discovery". Héritière d'une filiale industrielle du centre à l'énergie atomique, privatisée dans le milieu des années 80, elle est aussi présente dans le diagnostic et les biomarqueurs, notamment pour les laboratoires d'analyses médicales privés ou publics. "Nous avons deux métiers et nos clients sont très différents. Pour le drug discovery, ils se trouvent en Europe, aux États-Unis et en Asie/Pacifique. Pour l'analyse et le diagnostic, nous avons aussi des marchés au Moyen-Orient, en Afrique du nord et en Amérique du sud", détaille François Degorce.
Cisbio compte une filiale à côté de Boston, une autre en Chine ainsi que des consultants scientifiques sur le terrain. "Nous vendons beaucoup de services support et assistance pour aider les clients à mettre au point leurs essais." Le gros de l'effectif est pourtant toujours situé à Marcoule : 160 salariés sur 196 au total. "Nous avons une politique de recherche et développement, de formation et de recrutement en local", précise François Degorce. Des liens ont été tissés avec le monde académique à Marseille et à Montpellier, notamment l'institut de génomique fonctionnelle.
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Criblage à haut débit
Le criblage à haut débit consiste à tester plusieurs milliers de molécules en un minimum de temps, c'est-à-dire cibler les éléments actifs qui ont un effet thérapeutique. Le procédé, automatisé et robotisé, consiste à cribler des composés chimiques différents sur une même interaction moléculaire responsable d'une pathologie. Les composés montrant une activité sont ensuite caractérisés, étudiés en détails et améliorés avant de rentrer dans les phases de tests cliniques précédant leur mise sur le marché.
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Cisbio en quelques dates
1985 : Naissance de Cisbio à Marcoule, filiale d'Oris, elle-même détenue par CEA Industrie, la branche industrielle du CEA
1996 : Mise au point de la technologie HTRF à partir des travaux de Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987
2000 : Cisbio international est cédée au groupe Scherring.
2008 : Cisbio est rachetée par le groupe belge IBA, spécialisé dans les équipements de radiothérapie et la cancérologie
2012 : Le chiffre d'affaires atteint 33,5 M€ avec 29 nouveaux produits
Un colloque tant scientifique que commercial
Cette semaine se tient au centre des congrès d'Avignon le cinquième symposium HTRF, la technologie dont Cisbio Bioassays est propriétaire. Le précédent symposium a eu lieu au même endroit en 2008.
200 personnes se sont inscrites pour assister à ce colloque où 24 orateurs vont parler de leur expérience avec HTRF du mercredi 24 au vendredi 26 avril. "L'objectif est clairement commercial mais derrière, il y a un but scientifique", explique François Degorce le directeur marketing de Cisbio.
L'idée est de montrer la diversité d'applications de la technologie : chercheurs de l'industrie pharmaceutique, des entreprises de biotechnologie et du monde universitaire sont conviés pour exposer les résultats de leurs études. "C'est une sorte d'émulation, une plateforme de réseautage avec un contenu scientifique fort pour nous poser comme un acteur incontournable", poursuit François Degorce.
L'occasion aussi de tisser des passerelles entre industriels et scientifiques. La technologie HTRF est elle-même issue des recherches fondamentales menées par Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie en 1987. Cisbio est ainsi partenaire de l'institut génomique fonctionnelle de Montpellier, où elle met à disposition ses techniques de criblage issues du HTRF. |