Logements sociaux : La crise et ses répercussions
Avec un peu plus de 35 000 logements, le parc HLM du Gard reste insuffisant pour satisfaire les milliers de demandes d'accession à un logement social.
Dans un contexte de pression démographique toujours plus soutenue, la flambée des prix de l'immobilier conjuguée à la raréfaction des terrains constructibles avait déjà rendue la tâche des bailleurs sociaux plus difficile. Aujourd'hui, la crise ne fait qu'amplifier les choses. En moyenne, près de 80 % de la population affiche des revenus qui l'autorisent à prétendre à un logement à loyer modéré. Mais comment faire valoir ce droit dans un parc qui ne représente que 13 % du total des logements existants, alors qu'en France la moyenne est de 17 % et que, déjà, elle est unanimement reconnue comme insuffisante ? Dans le Gard, comme dans tous les départements du sud est, le rythme de la construction n'a pas suivi celui de la population. Le 5ème plan départemental en la matière (2008-2012) place l'objectif à 1400 nouveaux logements par an. Intention louable, mais peu crédible si l'on s'en tient aux résultats des plans précédents.
Et si la crise mettait tous les partenaires d'accord ?
Jusqu'à mi-2008, les promoteurs privés n'avaient pour seul intérêt que les m2 à taux élevés vendus à des clients pris de la frénésie du propriétaire, les organismes financiers -on le sait depuis- avaient des ambitions internationales fatales, et quantité de maires ne voulaient pas appliquer la loi SRU* de crainte de voir "débarquer les ZUP" dans leur village. Enfin, les entreprises du bâtiment étaient peu intéressées par les appels d'offres. Aujourd'hui, les pauvres ne sont plus uniquement les habitants des quartiers difficiles. Les maires commencent à comprendre que seuls des HLM permettront aux enfants de leurs électeurs de rester au village, aux anciens de se rapprocher du cœur de la commune, et aux femmes seules en charge d'enfants de les élever dignement tout en maintenant l'école. Quant aux entreprises, en mal de commandes privées, elles se retournent vers le secteur public qui sait combien un plan d'investissement soutenu est indispensable au maintien de l'emploi. Reste à trouver les financements.
*Elle impose 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants, mais les pénalités prévues ne seront appliquées qu'en 2011
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