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Grau du roi : le casino mise sur l'ergonomie PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 10 Juin 2010 11:22
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Le 11 mai dernier, au casino Flamingo du Grau du Roi, était présenté le premier guide pédagogique de l'ergonomie dédié à la profession. Résultat d'une initiative lancée fin 2007 par l'organisation patronale "Casinos de France", soutenue par la DIRECCTE du Languedoc-Roussillon et la Commission paritaire nationale Santé au travail, cet ouvrage marque la volonté de la profession de conjuguer la qualité des conditions de travail avec la qualité du service client, tout en sensibilisant les entreprises à cette démarche. 
Regroupant de nombreuses préconisations, bonnes pratiques à adopter pour un bien être, sous format de poche, tel se présente le guide "les casinos misent sur l'ergonomie". Cet ouvrage résulte d'une série d'audits et d'entretiens menés dans six établissements de la région, parmi lesquels le casino Flamingo du Grau du Roi. Son directeur, Nicolas Grouzis, qui a été l'un des éléments moteurs de cette initiative, nous en livre les détails.

Nicolas Grouzis

Gard Eco : Comment est né ce "guide de l'ergonomie" dédié aux casinos ?

La démarche est partie de notre syndicat professionnel, et plus précisément dans le Languedoc-Roussillon. L'objectif pour nous était d'avoir un panel de plusieurs établissements et de plusieurs enseignes représentées, chose que nous avions en Languedoc-Roussillon. Nous avons donc travaillé avec des établissements de tailles différentes, et aux modes de fonctionnement variés, afin de disposer d'un panel assez représentatif de la profession. 

Comment cela s'est-il déroulé sur le terrain ?

En ce qui concerne le casino du Grau du Roi, la première étape a consisté en un audit local sur les bonnes pratiques et sur les points qu'il y avait à améliorer. De là, nous nous sommes appuyés sur le cabinet de François Tourisme Consultants qui a produit une étude avec un ergonome, à laquelle notre travail a permis d'apporter le regard terrain du métier, par rapport au conseil des ergonomes, pour la conception du guide

A présent qu'il est édité, à qui est destiné ce document ?

Ce guide est destiné à tous les acteurs du secteur, depuis les concepteurs d'établissements, jusqu'aux directeurs, en passant par tout ce qui va toucher à la création ou au réaménagement de postes de travail. Il concerne toutes les bonnes pratiques du métier, et reprend également des éléments du Droit du travail. Il synthétise tous les éléments dont nous pourrions avoir besoin pour la création des postes. 
Pourquoi ce besoin de repenser l'ergonomie des casinos, surtout dans votre cas, puisque l'établissement que vous dirigez est très récent ?
Il faut bien noter que sur le terrain, nous avons subi de profondes mutations au cours de ces dernières années. La technologie a modifié un certain nombre de comportements, comme l'intégration de lecteurs de billets dans les machines à sous, par exemple. Toute la pénibilité que demandait le retraitement des pièces a disparu. Pour les salariés, c'est du conditionnement et de la manutention en moins. C'est aussi une économie de décibels puisqu'il n'y a plus autant le bruit des pièces qui tombent. A nous, dans le même temps, de réaménager nos postes de travail en fonction de ces évolutions, en tenant compte des bonnes pratiques. 

Quelle a été l'implication de vos collaborateurs. Se sont-ils sentis concernés par la démarche ? motivés ? 

Les collaborateurs ont réagi très positivement, car durant toute la phase d'audit, de nombreux salariés à leur poste de travail ont pu s'exprimer quant à leurs pratiques. Nous avons pris le parti de montrer ce qu'il était bon de reproduire, plutôt que mettre l'accent sur ce qu'il ne fallait pas faire. Chaque salarié a ainsi pu être valorisé en expliquant ses propres bonnes pratiques. 

Lors de la présentation du guide, il a été décrit comme un outil de management. Est-ce à dire qu'il y a aussi une logique économique derrière cette démarche ?

C'est une démarche positive, y compris sur le plan économique, puisque le salarié à son poste de travail va avoir un meilleur ressenti, dont va mécaniquement découler une plus grande qualité de service. C'est une graine que l'on sème et dont on récoltera les fruits plus tard, mais l'aspect positif est indéniable.

C'est, au final, une démarche orientée vers le client ?

C'est avant tout une démarche orientée vers les collaborateurs, car la qualité de service est déjà au cœur de notre process de travail. 

Est-ce aussi une réponse à la concurrence nouvelle des casinos en ligne ? Quel avenir pour les casinos traditionnels ?

L'évolution des casinos "en dur" n'est pas remise en cause, car nous avons le savoir-faire pour en faire des nouveaux lieux de loisirs, chose que l'on n'aura jamais derrière un écran. C'est un espace de loisirs, de rencontre, où l'on se sent bien, et c'est ce qui va nous permettre de poursuivre le développement de l'activité de façon pérenne. 

Quatre ans après le déménagement du casino du Grau du Roi, qui a quitté le bâtiment qu'il occupait sur le port au profit de ce nouveau complexe Flamingo, quel est le bilan de ce choix qui semblait très osé ? 

Le pari qui a été pris s'avère très positif, puisque la société s'est développée, le nombre de clients a progressé, et nous avons également connu une forte croissance sur les activités périphériques telles que la restauration, le bar, les spectacles et les animations. Ce changement a été très utile compte tenu des échéances que nous avions alors. Ce pari qui semblait fou lorsque nous l'avons pris, s'avère avoir été totalement visionnaire. On constate que les établissements qui ne sont pas rénovés et au goût du jour sont ceux qui connaissent aujourd'hui des difficultés. Les gens qui n'ont pas investi dans leur outil de travail sont pénalisés. 

Lorsque cet établissement a été construit, il était question d'y adjoindre un complexe hôtelier… l'idée a été abandonnée ? 

C'est encore dans les tuyaux, même si compte tenu du contexte actuel, les choses se sont forcément ralenties. 
De la santé économique, à la santé des travailleurs
Si l'un des pères des recherches en ergonomie demeure Frederik Taylor, au début du 20ème siècle, l'organisation scientifique du travail qui découlera de ses travaux demeure dans les esprits sous les traits de la caricature de Chaplin dans "les temps modernes", plus que sous l'aspect d'un progrès pour l'humanité. En 1972, on retrouve chez Alain Wisner, l'un des fondateurs de l'ergonomie française, la définition suivante : "l'ergonomie est la mise en œuvre de l'ensemble des connaissances scientifiques relatives à l'Homme et nécessaires pour concevoir des outils, des machines et des dispositifs qui puissent être utilisés par le plus grand nombre, avec le maximum de confort, de sécurité et d'efficacité”. En 1989, le Petit Larousse en apporte cette vision : "l'étude quantitative et qualitative du travail dans l'entreprise, visant à améliorer les conditions de travail et à accroître la productivité". D'après François Daniellou, professeur d'ergonomie à l'École Nationale Supérieure de Cognitique, "L'ergonomie étudie l'activité de travail afin de mieux contribuer à la conception de moyens de travail adaptés aux caractéristiques physiologiques et psychologiques de l'être humain, avec des critères de santé et d'efficacité économique" (1992). Rappelons que l'origine du mot travail est le terme latin tripalium, désignant un instrument de torture…
Gros plan sur : Les Troubles musculo-squelettiques (TMS)
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Le 1er Avril, Eric Woerth, Ministre du Travail, annonçait le lancement d'une campagne de communication pour renforcer la mobilisation des entreprises en matière de lutte contre les troubles musculo-squelettiques (TMS), première cause de maladie professionnelle en France. Cette campagne de communication, dont la signature est "Mettre fin aux troubles musculo-squelettiques dans votre entreprise, c'est possible", appelle les professionnels à passer à l'action en engageant des démarches de prévention.
Les TMS représentent un grave problème de santé au travail partout dans le monde et touchent plusieurs millions de travailleurs en Europe. Au-delà de la souffrance humaine, ils sont à l'origine de déficits fonctionnels gênant l'activité professionnelle. Ils constituent de ce fait, un lourd fardeau économique pour la société à la fois parce que ce sont les maladies professionnelles les plus fréquentes mais aussi parce qu'ils sont à l'origine d'un important absentéisme et donc d'une perte d'efficacité pour l'entreprise (remplacement, perte de qualité et de productivité, perturbations dans l'organisation du travail). Sans compter les difficultés de reclassement d'un salarié atteint.
Ils sont la première cause de maladie professionnelle reconnue et leur nombre ne cesse de s'accroitre. Ils représentent 95% des maladies professionnelles (avec ou sans arrêt de travail) reconnues pour les salariés agricoles et 80% pour les actifs du régime général. On enregistrait en 2008 36926 nouveaux TMS indemnisés pour les actifs du régime général et 3255 pour les salariés agricoles, plus de 8 millions de journées de travail perdues pour les actifs du régime général et 787 millions d'euros de frais couverts par les cotisations des entreprises pour les actifs du régime général et environ 60 millions d'euros pour les actifs agricoles. Les activités les plus exposées en nombre de TMS déclarés et reconnues (avec ou sans arrêt de travail) sont : la grande distribution, l'aide et les soins à domicile, et le secteur de la propreté.