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Entre tensions géo-politiques et crise des dettes souveraines
Si la crise des dettes souveraines européennes restera probablement comme l'événement économique majeur de l'année 2011, d'autres développements importants, souvent étroitement liés à des événements politiques, ont également marqué 2011 : les révolutions au Moyen-Orient qui se sont succédé tout au long de l'année, la catastrophe de Fukushima, sans oublier la dégradation de la note des Etats-Unis et la menace persistante de la même sanction promise à bon nombre de pays européens.
Malgré ce contexte de très hautes tensions, si la croissance mondiale a bien ralenti, elle s'est finalement avérée relativement dynamique (+ 3,8%). Elle a été soutenue par les pays émergents (Chine, Brésil, pays asiatiques, Amérique Latine), locomotives de la croissance mondiale depuis quelques années, alors que les pays développés montraient des signes de faiblesse : 1,6% pour la zone Euro et 1,7% pour les Etats-Unis. Touché de plein fouet par le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Japon a enregistré une récession en 2011 (-0,3%).
Les places boursières n'apprécient pas
Alors que les bourses européennes et américaines avaient bien commencé l'année, portées par l'optimisme d'une reprise de la croissance et d'une résolution rapide de la crise souveraine, les déceptions et les inquiétudes sont très vite arrivées. Au fil des mois, l'aversion au risque s'est installée. Il en a résulté un plébiscite pour les actifs considérés comme sûrs ou refuge (actions et obligations américaines, obligations allemandes, franc suisse, or…).
Dans ce contexte, les places boursières mondiales ont souffert. On note toutefois une nette différence entre l'Europe (- 16,95% pour le CAC 40 tiré vers le bas par une surpondération de valeurs financières et - 17,05% pour l'Euro Stoxx 50) et les pays émergents (- 20,41% pour l'indice MSCI émergent) d'une part et les États-Unis d'autre part (+ 5,6% pour le Dow Jones et petite baisse de 1,80% pour le Nasdaq.
Le poids des politiques
En 2011, les dirigeants politiques sont grandement à l'origine de la déprime des marchés d'actifs risqués. Les stratégistes et les investisseurs ont sous-estimé l'aggravation de la situation dans la zone Euro par une trop grande confiance dans la capacité des politiques à traiter les problèmes. Hélas, de petites phrases en demi-mesures, bon nombre de responsables politiques se sont décrédibilisés. Cette incapacité, déjà manifeste dans la gestion de la crise Grecque, s'est poursuivie et a été amplifiée par la BCE qui a conservé trop longtemps une politique "conventionnelle" avec même un relèvement inutile de ses taux directeurs en juillet. Aux USA, l'absence d'accord politique consensuel sur le plafond de la dette et le psychodrame ayant précédé son relèvement ont amené les agences de notation à dégrader la note de la dette souveraine américaine. Ceci a plongé les marchés dans une phase baissière considérablement amplifiée par les gestions robotisées des ordres boursiers.
2012 : Méfiance, défiance ou confiance ?
L'année 2012 s'annonce décisive pour la crise économique et financière que traversent les pays développés. La période qui s'ouvre se caractérise par une incertitude dominante sur toutes les questions majeures : la résolution de la crise de la dette en zone Euro, la solidité et la durabilité de la croissance aux USA et la capacité des économies émergentes à avoir un comportement autonome à celui des économies développées et par la même à soutenir la croissance mondiale.
Le ralentissement de l'économie mondiale devrait se prolonger en 2012. Il est cependant peu probable qu'il se transforme en nouvelle récession, sauf accident financier majeur, hypothèse qu'on ne peut malheureusement totalement exclure tant est profond le désordre dans la zone euro. |