Gestion de patrimoine PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 09 Février 2010 00:00

Une rubrique proposée par Jean-Jacques TEISSEDRE et Stéphane REYNAUD, Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendants à Alès

Bilan et perspectives : Une économie convalescente

Début 2009, les perspectives étaient particulièrement sombres pour la croissance et les marchés financiers. Les investisseurs craignaient que l'économie toute entière ne bascule dans une dépression comparable à celle du début des années 1930.
Par la suite, grâce aux baisses des taux d'intérêt mises en place par les Banques Centrales (FED et BCE) et aux actions budgétaires menées par les gouvernements, le système financier a été préservé et la confiance progressivement restaurée.
Ces politiques ont installé les bases d'une reprise économique. Si celle-ci demeure fragile, en particulier en Europe et au Japon, l'économie américaine, certainement la plus durement touchée par la crise, attend une croissance positive de 2 à 3% en 2010.
Les pays émergents, principalement la Chine, le Brésil et l'Inde, ont prouvé leur capacité à surperformer les pays développés. Ils sont en passe de devenir les locomotives de la croissance économique mondiale.

Le fort rebond des places boursières

Après leur chute historique de 2008, les grandes places boursières mondiales ont connu un fort rebond en 2009. Jusqu'au printemps, peu de spécialistes prévoyaient une telle embellie. Les perspectives de reprise économique ont ensuite alimenté l'optimisme, voire l'euphorie des marchés financiers.
Au final, à Paris, le CAC 40 clôture l'année sur une hausse de 22,3%. Sa progression est de 56% par rapport à son point bas du 9 mars. L'Euro Stoxx 50 gagne 21%.
A la Bourse de New York, le Dow Jones progresse de 18,8% et le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques, bondit de 43,8%. A Tokyo, l'indice Nikkei gagne 19%.
Plus volatils et plus risqués, les marchés émergents sont les plus performants : + 82% pour l'indice Brésilien et + 126% pour la bourse Chinoise. 


Actions et obligations privées : le duo gagnant 

Il y a un an, nous avions identifié deux opportunités pour 2009 : les actions et les obligations privées. Elles ont été les moteurs des bons résultats de l'année écoulée.
Profitant d'une Bourse bien orientée, les fonds les plus dynamiques ont progressé de 20 à 50 % (+ 48,9% pour Ulysse, + 48,3% pour Agressor, + 42,5% Carmignac Investissement, + 40,3% pour Oddo Avenir). Des performances très largement supérieures à leur indice de référence (+ 22,3% pour le CAC 40). Certes, ces bons chiffres n'ont servi qu'à combler une partie de la baisse de l'année précédente. En même temps, la bourse n'est pas née en janvier 2008 et sur cinq ans la performance de nombreux fonds est plus que satisfaisante (voir résultats en page 3).
Les supports équilibrés flexibles, moins sensibles aux marchés actions, progressent, en moyenne de plus 15 % (+ 21,9% Oddo Proactif Europe, + 17,5% pour Carmignac Patrimoine, +16,4% pour Aliénor Optimal, + 24,1% pour DNCA Evolutif, + 11,2% pour Dorval Convictions).
En ce qui concerne les obligations d'entreprises privées, vous avez été très nombreux à profiter des taux élevés proposés tout au long de l'année par NORTIA, OLYMPIA ou APREP. Nous sommes ravis que vous ayez pu accéder à ces supports habituellement réservés aux investisseurs institutionnels. Ils vous permettront de bénéficier d'une excellente rémunération garantie (de 6 à 8,5%) pendant plusieurs années (de 2 à 5 ans).
Du coté des placements sécuritaires, les actifs en euros des contrats d'assurance-vie ou des contrats de capitalisation ont joué parfaitement leur rôle. Tout en apportant une sécurité totale à l'épargne, ils ont réalisé une performance proche de 4% pour les meilleurs. C'est près de trois fois le rendement des principaux livrets bancaires.

Découvrir les fonds flexibles réactifs

Depuis quelques années, les fonds flexibles réactifs ont pris le relais des anciens fonds profilés équilibrés. Ici, le gérant a toute latitude pour faire varier l'exposition actions de son fonds (dans la plupart des cas de 0 à 100 %) en fonction de ses convictions et de son sentiment de marché.
Cette souplesse s'est avérée déterminante au cours des derniers mois. Elle leur a permis de passer d'un investissement actions limité à 10% ou 20% du portefeuille dans la période la plus critique (fin 2008), à une exposition actions de près de 70 % pour profiter du rebond des marchés.  
Voici les performances cumulées réalisées par trois de nos fonds préférés sur les deux dernières années : + 17,5% pour Carmignac Patrimoine, +15,1% pour Aliénor Optimal et + 7,6% pour Dorval Convictions. Sur la même période, l'indice CAC 40 est en baisse de 30%.
Les fonds flexibles apportent indéniablement un plus dans la gestion. Ils permettent d'atténuer sensiblement les évolutions brutales des marchés tout en offrant une rentabilité attractive. C'est finalement tout ce dont rêve un épargnant. Le bon sens recommande de les panacher afin de bénéficier de gestions complémentaires et parce que les gérants n'auront pas forcément le nez creux en même temps.  

2010, l'année de tous les espoirs

Si 2008 a été l'année de toutes les déconvenues et 2009 celle de tous les dangers, 2010 se présente comme celle de tous les espoirs. En effet, après avoir évité la catastrophe tant annoncée, puis amorcé une reprise appréciable, l'économie mondiale et les marchés boursiers internationaux doivent maintenant transformer l'essai.
Beaucoup d'analystes pensent que les actions vont continuer à progresser en 2010. C'est probablement ce qui se passera. Cependant, cette hausse ne sera plus le fait d'un rattrapage de cours excessivement bas ou de perfusions publiques. La future hausse sera justifiée par des éléments tangibles (croissance des bénéfices des entreprises, reprise de la consommation domestique et redémarrage de l'économie mondiale) ou ne sera pas.
Pour finir, voici une belle raison d'être optimiste : une récente étude de La Tribune montre qu'au cours des dix dernières années, neuf fois sur dix, les cinq premières séances de la bourse ont donné la tendance annuelle. En 2010, après cinq séances, l'indice CAC 40 est en progression de 2,8%. Devant ce bel augure, qui n'a pas envie d'être superstitieux ! 

Les placements et les cadres fiscaux à privilégier en 2010

L'assurance-vie reste incontournable. Outre ses avantages connus (souplesse, disponibilité, fiscalité, sécurité des actifs en  euros), la poursuite des bons rendements des fonds obligataires souscrits en 2009, une utilisation plus grande des fonds flexibles présentés ci-dessus et la mise en place d'options de gestion (sécurisation des plus values notamment) doivent permettre à chaque épargnant d'y trouver l'équilibre souhaité.
En tous points comparables à l'assurance vie, le contrat de capitalisation est sous-utilisé. Certes, il n'apporte pas d'avantages successoraux mais il a d'autres qualités : une fiscalité favorable pour ceux qui sont assujettis à l'ISF, il peut faire l'objet d'une donation (enfants, petits-enfants) et se poursuit après le décès du souscripteur.
Le Plan d'Epargne en Actions permet de diversifier ses investissements et de participer à la hausse des marchés d'actions.
Enfin, effectuer un versement sur un produit d'épargne retraite (PERP, loi Madelin, retraite Agriculteur) apportera une réduction d'impôt et, plus tard, un judicieux complément de revenus.
Achevé de rédiger le 18 janvier 2010