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Gard Initiative couve les jeunes pousses PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 10 Octobre 2011 08:00

L'association Gard Initiative encourage depuis 13 ans la création d'entreprises en soutenant financièrement les porteurs de projets, souvent sans expérience. Un ballon d'oxygène pour l'économie locale.

Boulangerie, librairie, magasin de jouets ou d'optique, clinique vétérinaire, cabinet de kinésithérapeute, pharmacie... La liste des projets aidés par Gard Initiative est un inventaire à la Prévert. Et elle ne cesse de s'allonger chaque année. Depuis sa création, Gard Initiative se targue d'avoir soutenu 617 entreprises permettant à 1534 emplois de voir le jour ou d'être sauvegardés dans le département. "Notre but est de créer de la dynamique économique et de l'emploi", résume la directrice de Gard Initiative, Alice Jollivet.

Le credo est simple. La méthode aussi. L'association, émanation locale du réseau France Initiative, distribue des prêts d'honneur sans intérêt aux porteurs de projet, en complément de leurs prêts bancaires. S'adressant à tous les publics, le montant possible se situe entre 4500 et 23000 €. Pour l'entrepreneur qui se lance, c'est souvent le coup de pouce nécessaire pour boucler un dossier de financement.

Gard Initiative avance en moyenne entre 10000 et 12000 €. Des aides qui permettraient de décrocher auprès de la banque des prêts à des sommes cinq à six fois supérieures. Ce qu'on appelle autrement l'effet de levier. "On intervient en parallèle à la phase bancaire", précise Alice Jollivet. Pas en remplacement. Mais ce complément d'apport peut permettre de passer plus facilement l'examen de la banque. "Elle regarde différemment car on est un gage de qualité. La banque fait confiance car le bénéficiaire d'un prêt Gard Initiative est passé devant une commission. On crédibilise", explique la directrice.

Les demandeurs de prêt passent en effet devant un comité qui examine le dossier et donne son agrément. Il en existe quatre (Nîmes, Bagnols, Alès, Le Vigan) qui couvrent le territoire du département plus le canton de Ganges et qui se réunissent toutes les trois semaines. Au sein de ces comités siègent des banquiers, des experts-comptables et des chefs d'entreprise. Trois compétences associées pour une meilleure prise de décision. Le candidat au prêt est invité à présenter son projet et répondre aux questions. "On s'attache à la globalité, poursuit Alice Jollivet. On regarde autant la personne que le projet. Les banques examinent le ratio, la rentabilité."

87% de taux de survie à trois ans

La plupart des candidats au prêt sont envoyés par les chambres consulaires, en particulier la chambre des métiers et de l'artisanat ou par des organismes comme les boutiques de gestion (voir ci-contre). Dans le paysage des dispositifs d'aide à la création d'entreprise, Gard Initiative ne représente qu'une étape. "Nous n'intervenons qu'en phase de commercialisation. Il faut commencer à rembourser dès le deuxième mois", précise Alice Jollivet. Si l'association propose des parrainages, elle manque de moyens humains pour accompagner les entrepreneurs, admet la directrice.

 

Après une montée en puissance, Gard Initiative a stabilisé son activité depuis 2007 : une centaine de projets financés par an pour un montant total de prêts autour d'un million d'euros par an. Le dispositif semble avoir trouvé sa place même si la crise a fait sentir ses effets. "Il y a plus de difficultés de remboursement, raconte Alice Jollivet. On le ressent dans notre activité. Les gens ont de moins en moins d'apports, alors que les banques demandent 30%. Certaines activités se voient opposer un refus comme l'hôtellerie. Les gens sont un peu découragés parfois", concède-t-elle.

Mais le dispositif fait ses preuves. Plus de la moitié des bénéficiaires, qui étaient demandeurs d'emploi ou au RSA, ont ainsi pu retrouver le chemin de l'emploi. L'association n'a pas les moyens de tous les accompagner, mais elle propose le parrainage d'un chef d'entreprise.

Une fois accordé, le prêt doit être remboursé entre trois et cinq ans. "Cela complète une trésorerie, ce qui fait mal les premières années", selon Alice Jollivet. Passer plus facilement le cap. Voilà l'autre but de Gard Initiative. L'association se prévaut d'un taux de survie de 87% pour les entreprises qui ont eu recours à ses services. Soit un niveau proche du taux incompressible.
Mais cela se traduit par une forte sélectivité. 369 personnes ont sollicité Gard Initiative l'an dernier, pour 112 dossiers présentés en comité et au final 96 financés. Avec le même défi pour les heureux retenus : devenir un chef d'entreprise. "Même pour une activité artisanale, rappelle Alice Jollivet, ça ne suffit plus d'être un bon technicien."

 

Impliquer davantage les banquesBruno Dahan, expert-comptable dans le Gard rhodanien a été élu mardi 4 octobre président de Gard Initiative à la place de Jean-Pierre De Feria, chef d'entreprise à Alès. «On est dans une période difficile. On voit moins de porteurs de projet qu'avant. Quand on regarde les chiffres des chambres consulaires, tout est en baisse. Il y a un frein en ce moment sur la création d'entreprise. Les gens ont peur. C'est lié entre autre au contexte politique. La bataille sur les niches fiscales par exemple. Le climat est assez négatif. Notre objectif est de maintenir les chiffres de Gard Initiative qui ont toujours été en hausse. Gard Initiative représente un effet de levier important. Quand l'association prête 100 €, la banque, elle, en apporte 500 €. C'est un effet de levier proche de cinq. Je souhaiterais augmenter la participation des banques. Pour le moment, elles ne financent qu'à hauteur de 20000 € le fonctionnement de Gard Initiative. C'est une part très faible par rapport à l'effet de levier que Gard Initiative procure.»

 

En bref et en chiffresGard Initiative depuis 1998 c'est...
617 entreprises aidées,
7,5 M€ injectés dans l'économie locale,
entre 11000 et 12000 € par prêt en moyenne
1534 emplois créés ou maintenus
54% des bénéficiaires qui sont demandeurs d'emploi ou allocataires du RSA
66% ont au minimum le bac

 

Un dispositif financé essentiellement par le publicGard Initiative est doté depuis son origine de 3,5 M€, les remboursements servant à financer les nouveaux prêts. Les fonds de départ viennent du public. 9% sont issus des cotisations des membres, une centaine environ. Gard Initiative ne fait pas d'appel au don, n'étant pas reconnu d'intérêt public. "On fait le travail du public, on aime bien que ce soit le public qui finance", précise Alice Jollivet. L'association repose sur un fonctionnement très souple, avec quatre salariés. Hébergée dans les locaux de la chambre des métiers, son coût de fonctionnement est limité à 160 000 € par an, pris en charge par le Conseil général (47%), l'État (29%) et les intercommunalités (10%) . En 2010, 236 emplois ont pu être créés. Ce qui revient à 678 € par emploi.

 

Cinq Gardois récompensés par les boutiques de gestion 

11-10-11-initiativeFin septembre, le réseau des boutiques de gestion (BGE) du Languedoc-Roussillon a remis les trophées du concours Talents de la création d'entreprise. Les boutiques de gestion accompagnent les porteurs de projets. Près d'un millier par an pour les trois antennes du Gard. "Nous voyons arriver de nombreuses personnes en difficulté, soit à cause de la situation économique ou d'un accident de la vie", raconte Alain Jalabert, le président régional des BGE. Dans le département, 40% des personnes formées créent leur entreprise, souvent des TPE.

Pour valoriser ces initiatives, le réseau organise chaque année un concours régional, récompensant les jeunes entreprises, passées par les BGE, dans plusieurs catégories. Pour cette édition, les concurrents devaient avoir démarré leur activité entre janvier 2010 et mars 2011. Cinq Gardois ont été primés avec une diversité de profils : un ancien légionnaire des Îles Marquises, reconverti dans le tatouage polynésien ; une société de service web ; un vendeur de glaces en milieu rural ; une boutique de perles de Tahiti à Vézénobres et un artisan café d'Uzès qui se sert d'un des plus anciens torréfacteurs de France, datant de 1905.

Ces deux derniers, Géraldine Magnard et Julien Hurard (soutenu par Gard Initiative), ont reçu le tout nouveau prix du Talent du Gard, remis par le Conseil général. De gauche comme de droite, les élus locaux financent l'accompagnement aux entreprises pour encourager l'initiative privée et dynamiser l'économie. Un remède contre la crise et le chômage, avancent-ils. Le Conseil général du Gard dépense par exemple 20 M€ par an en faveur du développement économique