| Ganges/Le Vigan : Un plan qui retricote le bassin d'emploi |
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| Lundi, 30 Mars 2009 00:00 |
Bassin d'emploi Ganges/Le Vigan : Premier bilan d'un plan pluri-financéAprès l'annonce par Well d'un plan social ne laissant en place, à terme, qu'un noyau d'effectifs, un mouvement général de soutien à l'économie d'un bassin qui souffre depuis longtemps de la décrépitude du textile, a été lancé au début de l'année 2008. Un premier bilan a été officiellement présenté lundi 16 mars.
La deuxième étape est lancée Dans ce bassin d'emploi Ganges-Le Vigan, où l'industrie a longtemps été le principal employeur, on aurait pu penser qu'il serait difficile aux ouvriers licenciés de se projeter dans des projets individuels. Pourtant, la première année du plan de revitalisation fait apparaître un nombre de projets assez important, et exclusivement endogènes. Les 27 premiers projets retenus, qui devraient générer 60 emplois dans les 3 prochaines années (93-33), sont essentiellement des TPE, la plupart concernant mois de 5 salariés. Ils se situent dans le service à la personne (43 %), le bâtiment et les TP (26 %), les Energies renouvelables -filière bois- (15 %) et l'industrie (6 %). Une quinzaine de nouveaux dossiers ont été présentés la semaine dernière au comité de pilotage. Même si tous ne pourront pas être retenus, ils représentent une potentialité d'une cinquantaine d'emplois. Parallèlement à cette volonté individuelle, les partenaires du comité de pilotage soutiennent activement plusieurs projets portés par la communauté de communes du Pays Viganais :
- La maison de la formation et de l'entreprise (opération combinée avec la création d'un pôle finances structuré autour des services de la trésorerie générale et fiscaux) ; - La maison médicale pluridisciplinaire, adossée à l'hôpital du Vigan ; - La modernisation de l'abattoir du Vigan, avec en projet un atelier carné Damien Alary, président de l'Assemblée départementale a insisté sur l'absolue nécessité d'offrir toutes les commodités de vie dans le Viganais, afin d'achever de convaincre les entreprises intéressées par une zone pleine de promesses. Mais pour cela, en plus de structures médicales et économiques, c'est du haut débit dont a absolument besoin la zone. Un point noir -une zone d'ombre plutôt- que la Région, par la voix de sa vice-présidente chargée de l'Economie, Anne-Yvonne Le Daim, affirme vouloir éliminer au plus vite. Quant à l'accès routier, la déviation du Rey est toujours en instance, à cause, rage le président Alary, "de quelques emmerdeurs" qui par égoïsme refusent que les choses changent.
*Engagement financier des partenairesFonds dédiés par la Région Languedoc-Roussillon (1 M€)
Fonds dédiés par le Conseil général du Gard (500 000 €) Fonds prévus par la société Textiles Well (3000 € par emploi perdu) Fonds dédiés par les Communautés de communes (200 000€ + disponibilités foncières et bâtimentaires qui pourront être mises à disposition) Aides de droit commun apportées par l'Etat et les collectivités locales.
La tragi-comédie des CévennesLa belle harmonie qu'une photo peut laisser présumer entre tous les acteurs du plan de revitalisation est vite à reconsidérer lorsque l'on entend des phrases comme "Le minimum c'est l'entente entre tous les élus", "Il faut savoir ranger les couteaux", "Il faut savoir ce que l'on veut, et tirer la charrue ensemble, sans bisbilles", ou encore "On n'attire pas les mouches avec du vinaigre". Toutes ces phrases, et d'autres parfois moins policées, ont été décochées à l'attention d'élus de communes voisines, se débattant dans un même bassin en souffrance, et pourtant opposés pour des questions politiciennes. Vue de l'extérieur, la rivalité entre les communautés de communes de l'Aigoual, et du Pays Viganais, cette dernière étant gangrenée par une tension avec le maire de la commune centre, a de quoi laisser pantois. C'est oublier que dans les zones rurales où la population est encore majoritairement originaire du pays, les contentieux territoriaux, et donc humains, restent importants. Sans compter la tendance quasi génétique des cévenols à se retrancher pour survivre. C'est pourtant par l'ouverture raisonnée aux autres populations et aux nouvelles technologies que cette zone pourra s'épanouir. Difficile dans ces conditions d'être un élu à la charnière de deux modes de vie, car pour être réélu il faut satisfaire son électorat actuel, tout en pensant à le renouveler…
Un patchwork de communautés de communesLe bassin d'emploi Ganges-Le Vigan compte 6 communautés de communes, dont certaines minuscules. Il faudra bien un jour que la logique de mutualisation l'emporte.
CC Pays Viganais : 22 communes, 10 500 hbts CC Aigoual-Cévennes : 9 cnes, 3000 hbts CC Cévennes-Garrigues : 15 cnes, 8000 hbts CC Cévennes Gageoises et Suménoises : 13 cnes, 10 517 hbts CC Vallée Borgne : 5 cnes, 1100 hbts CC Coutach-Vidourle : 17 cnes, 7 500 hbts Validation des projets : Ne pas confondre bonne idée et idée réalisableL'utilisation de l'argent public demande maîtrise et clairvoyance, difficile équilibre entre projets proposés, et ceux qui sont acceptés. Avant même d'être proposé à l'examen du comité de pilotage qui avalise les dossiers retenus pour être aidés logistiquement et financièrement, un projet extrêmement séduisant a été écarté des financements publics, voici un an, à quelques jours d'être présenté au grand public, avec dossier de presse et brochette de politiques. La "Plateforme européenne de restauration et de maintenance des La filière bois, c'est du sûr
La première s'intitule "Le Royaume du bois" et est basée à Ganges. La société a été créée par deux anciens salariés de Well. Stéphane Charlin, 38 ans, dont 19 ans passés dans le textile, et Fabien Ducros 39 ans, 15 ans chez Well. Ils ont très vite réagi à l'annonce de leur licenciement. Avant même la décision de leur employeur, ils avaient pensé à se lancer dans la construction écologique en bois brut. Le contexte économique n'a fait que les conforter dans leur décision, ce qui explique la rapidité avec laquelle ils ont fait appel aux fonds du plan de redynamisation. Aidés par leur ancien employeur, soutenus dans le montage des dossiers par la Sodie, ils ont très vite trouvé leur public et ont commencé à construire des maisons utilisant la technique de la fuste (rondins de bois). Aujourd'hui, ils sont satisfaits d'annoncer un carnet de commande plein jusqu'en 2010, l'embauche d'un salarié en novembre dernier, et un prochain en mai 2009. Et tant qu'à être placés sous le feu des projecteurs, ils ont profité de la réunion du 16 mars dernier pour faire passer un message aux êlus "Le secteur de la construction bois fonctionne bien, mais pourrait faire encore mieux si certains maires acceptaient sans restrictions ce type de constructions". La deuxième entreprise qui ravit les financeurs publics est viganaise, et porte le nom d'une famille spécialisée dans le transport et la distribution d'énergie depuis l'époque le bois et charbon. Les établissements Polop ont investi 45 000 € dans l'achat d'un camion "souffleur", équipé d'une citerne d'une capacité de 6,5 T de granulés de bois. Grâce à une subvention de 40 % de ce montant, et au développement de la filière bois énergie, M. Polop, dont les effectifs sont déjà de 6 personnes, espère générer la création de deux emplois dans les trois années à venir, pour livrer en vrac, et en petit volume, dans toutes les drailles de son territoire, les petits "bouchons" de bois. Entre deux projets structurés, leur cœur balanceCertaines zones des cévennes méridionales viganaises sont fort peu peuplées. Pourquoi ne pas y installer des éoliennes, loin des pro et des antis de tous poils ? Telle était l'idée de la Communauté de communes du Pays viganais en avril 2006. La Compagnie du vent a répondu à l'attente des élus de l'époque, et a présenté un projet plutôt bien accueilli par la population : à l'intersection des communes du Vigan, Pommiers et Saint-Bresson, à 800 mètres de toute habitation, onze éoliennes produiraient 22 mégawatts, ce qui représente la consommation annuelle en électricité de 20 000 personnes, soit le double de la population du Pays viganais. Plus parlant encore : la taxe professionnelle engendrée serait de 300 000 € par an. Rien n'est encore fait, puisque après avoir déposé un permis de construire dans les six mois qui viennent, la Compagnie du Vent devra attendre dix-huit mois avant qu'au terme d'une enquête publique son projet soit, ou non, avalisé. Mais les élus d'aujourd'hui ne sont pas ravis de voir présenté trop tôt un projet qui pourrait fort bien réduire à néant tous leurs efforts pour faire inscrire le dossier de candidature des Causses et Cévennes au patrimoine mondial de l'Unesco. Il concerne cinq départements, dont le Gard et ses 86 communes cévenole. Le jury de l'Unesco devrait statuer fin juin à Séville. Alors, en attendant, on est prié de ne faire aucune vague, ou plutôt de ne pas brasser d'air. |






Tous les représentants des partenaires étaient présents à la maison de l'Intercommunalité du Vigan : Etat, Région, Conseil général, communautés de communes pour la partie publique, et société Well pour le privé. Après quelques mises au point politiques (voir ci-dessous), tous se sont montrés satisfaits d'un résultat fort, essentiellement pour le moment, de ses projets. Le plan de revitalisation repose sur des engagements financiers importants* et sur un accompagnement actif des réseaux consulaires. Pour "lier" toutes ces opportunités et permettre aux aspirants à la création d'entreprise de présenter un dossier complet, apte à recueillir tous les suffrages d'un comité de suivi attentif, la société Sodie, spécialiste en développement économique local, a été mandatée. Résultat de cette course au retour à l'emploi, avec pour objectif la création d'emplois durables, à savoir des CDI de 30 heures minimum : 33 emplois déjà créés.
Considérer les rondins de bois comme un nouveau matériau pourrait faire sourire nos grands-parents, et les leurs. Mais, des tonnes de béton après l'ère industrielle, on redécouvre ce matériaux noble et naturel, et on l'utilise mieux qu'avant. Deux entreprises ont déjà ancrée leur réussite dans la filière bois.