| Financement des TPE : La Banque de France se pose en arbitre |
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| Lundi, 14 Novembre 2011 08:00 | ||
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Y-a-t-il un blocage du crédit pour les entreprises ? Officiellement, le nombre de dossiers de médiation serait en baisse. Mais sur fond de crise économique et de croissance atone, les entrepreneurs constatent de plus en plus de difficultés pour décrocher un crédit. La Banque de France organise une rencontre publique cette semaine pour apaiser la relation bancaire, parfois compliquée. "Dépassionner" la relation entre banquiers et chefs d'entreprise. Alors que le médiateur du crédit remet cette semaine son rapport annuel au président de la République, la Banque de France dans le Gard propose aux dirigeants des TPE (très petites entreprises) une réunion sur l'accès au crédit et la relation avec leur banquier. Elle aura lieu mercredi soir à la chambre des métiers et de l'artisanat*. Les bases de la relation bancaire, les modes de financement, le fonctionnement de la médiation. Tout sera passé en revue. De quoi trouver des conseils pratiques pour "démystifier" cette relation parfois compliquée. Cette réunion s'inscrit dans le cadre d'une convention nationale signée entre la Banque de France et l'État. Objectif : mobiliser les acteurs en faveur du développement financier des TPE, "qui ont plus de mal vue leur taille", indique Nicolas Resseguier, directeur de l'institution dans le Gard. Dans la conjoncture morose, et alors que les responsables politiques européens sont au chevet des dettes souveraines, l'hypothèse d'un grippage du crédit, redoutée cet été quand les valeurs bancaires dévissaient en bourse, semble pour le moment écartée. Mais les choses sont loin d'être si simples sur le terrain. La situation se serait compliquée avec le déclenchement de la crise du crédit en 2008. Décrocher un crédit relèverait pour beaucoup du parcours du combattant. "Les difficultés depuis 2009 sont toujours là pour les entreprises", à en croire Jean-Louis Capellades, du service économique de la CMA du Gard, en charge de la médiation. Pourtant, fin octobre, la fédération des centres de gestion agréée (FCGA), qui revendique 400 000 entreprises du commerce et de l'artisanat, relevait "un scoop passé quasiment inaperçu". "Selon la Banque de France, à fin juin 2011, l'encours des crédits aux TPE atteint 186 milliards d'euros sur un encours total aux PME légèrement inférieur à 300 milliards d'euros. En clair, cela signifie que les TPE concentrent à elles seules près des deux tiers des encours de crédits aux PME !", se réjouissait la FCGA. Un scoop qui a peut-être échappé au porteur de projet qui veut boucler son plan de financement ou à l'artisan qui tente de se lancer et qui se voient refuser un crédit par leur chargé d'affaires. La FCGA reconnaissait ainsi que ces statistiques pouvaient paraître "étonnantes lorsqu'on connaît les difficultés rencontrées sur le terrain par les artisans et les commerçants en quête de financements". D'où la nécessité pour la Banque de France de s'adresser en priorité aux TPE. "Elles ne font pas appel pas au marché pour se financer, rappelle Jean-Luc Lascar, directeur adjoint de la Banque de France. Le banquier est l'axe primordial pour leur développement."
Montrer la voie d'une relation réussie avec ce personnage incontournable, voilà l'objectif de ce rendez-vous. "L'examen des dossiers de médiation révèle plus souvent d'une incompréhension mutuelle que d'un manque de volonté ou une incapacité à financer le projet de l'entreprise", assure le médiateur du crédit, Gérard Rameix. "Le crédit, c'est la confiance, poursuit Jean-Luc Lascar. Cela ne se décrète pas. Cela se démontre, notamment par une meilleure communication." Et une meilleure anticipation. La crispation vient souvent d'un blocage ou d'un refus de l'entrepreneur de faire part de ses difficultés. L'analyse financière contre l'urgence économique Le dialogue difficile entre les chefs d'entreprise et les banquiers est dû à ce qu'ils ne s'intéressent pas à la même chose. D'où l'importance de déminer le terrain. L'appréciation de la capacité à rembourser reste le principal souci des banques. "Le banquier est dans la brume quand il consent un crédit, il veut le sécuriser", décrypte Jean-Luc Lascar. À l'inverse, les chefs d'entreprise, surtout de petite taille, parent au plus pressé. "La difficulté, et encore aujourd'hui, reste la trésorerie à court terme pour plus de 90% d'entre eux", note Jean-Louis Capellades. L'analyse financière contre l'urgence économique. Peut-on réconcilier ces deux-là ? La Banque de France vient souvent en amont en proposant divers instruments de mesure de la santé financière des entreprises, notamment la cotation. L'institution analyse ainsi la situation de près de 25000 entreprises en France qu'elle transmet aux banques. Les chargés d'affaires peuvent mesurer le risque avant même d'avoir rencontré la personne qui demande un crédit. Mais les TPE échappent souvent à la cotation. Une raison de plus pour organiser cette conférence. "J'ai contacté la chambre des métiers et de l'artisanat pour faire rayonner", explique Nicolas Resseguier. L'autre objectif est de faire un point sur la médiation du crédit, dont s'occupe la Banque de France dans le département. Un service qui intervient en dernier recours quand tout échange est rompu. Selon Nicolas Resseguier, la médiation est de moins en moins utilisée depuis un an. "On peut l'interpréter de manière positive. Cela signifie que les entreprises obtiennent du crédit sans difficulté. Mais il y a une explication moins optimiste. C'est que la médiation n'est pas assez connue." Les entrepreneurs ne l'utiliseraient pas assez. Raison de plus pour en faire la promotion. C'est gratuit... *Début de la conférence à 18h30 à la chambre des métiers et de l'artisanat du Gard (904 avenue du Maréchal-Juin à Nîmes). Création/Reprise d'entreprise : C'est le moment de s'informerEncourager les créateurs ou les repreneurs d'entreprise ! Voilà l'objectif de la semaine de la création d'entreprise qui doit avoir lieu les jours prochains. Au programme, des rencontres, des ateliers et des conseils afin de mobilier les porteurs de projets. Ces derniers pourront trouver des conseils utiles et en savoir plus sur les dispositifs d'accompagnement et de financement auprès des chambres consulaires. La chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) du Gard propose plusieurs manifestations du 18 au 25 novembre pour la semaine nationale de la création / reprise d'entreprise artisanale. Un premier bilan sera fait du régime de l'entreprise individuelle à responsabilité limitée, mis en place il y a un an. La CCI d'Alès a choisi de se concentrer sur la reprise et la transmission d'entreprise en lui consacrant une matinée spéciale, le jeudi 17 novembre (voir le programme). Un moyen pour la chambre de valoriser son service d'accompagnement, qui revendique une part de marché de 46% en terme de reprise, et de 86% pour les transmissions ! "C'est un véritable gain en temps et en optimisation de projet !", déclare Agnès Dal Cerro, responsable du pôle création, transmission d'entreprises. Des rencontres sur le modèle du speed-dating sont prévues entre cédants et repreneurs. Un bon moyen pour les deux parties de vite faire connaissance. Selon une enquête de la CCI d'Alès, plus de huit cédants sur dix n'envisagent pas de transmettre leur entreprise à un membre de leur famille. Il y a donc des opportunités à saisir.
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