Filière vitivinicole : Tout un réseau dans une bouteille PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 18 Mai 2009 00:00

Filière vitivinicole : Il ne faut pas que des vignerons pour vendre du vin

Le secteur des fournisseurs et équipementiers de la filière qui regroupe une trentaine de métiers dédiés à la production de vin en Languedoc-Roussillon représente un poids économique estimé à plus d'1Md€ de CA et 4000 emplois.

Qu'il se regroupe avec des confrères au sein d'une cave coopérative, ou qu'il gère sa production de façon individuelle dans sa cave, le vigneron est indispensable à la filière vitivinicole. Tout autant que le sont les professionnels qui lui permettent de mettre son vin en bouteille, voire en fontaine à vin (BIB/bag in box) ou de plus en plus aujourd'hui, en cannettes. De nombreux métiers permettent la commercialisation des vins du Languedoc-Roussillon, et c'est la raison pour laquelle une association a été créée en 2007. Une première française, initiée par une petite dizaine de membres fondateurs, rejoints aujourd'hui par plus de 40 adhérents dont le CA global représente environ 300 M€ et 1350 emplois. VINSEO a pour originalité de fédérer des sociétés de taille et d'origine diverses, qui interviennent à tous les niveaux de la création d'un vin. Filiales de groupes internationaux, entreprises contemporaines nées de l'exigence mondiale en matière de traçabilité, ou entreprises familiales séculaires, tous ont choisi la synergie des compétences et de l'innovation.

L'Union fait la force

En lien étroit avec les vignerons, ils participent à des salons et organisent des rencontres qui permettent d'échanger quant à l'évolution de leurs métiers sur des marchés complémentaires et en perpétuelle innovation. De cette dynamique découlent prospectives, analyses et stratégies destinées à anticiper les besoins des consommateurs d'aujourd'hui, et surtout, les offres qui feront la différence demain. Le Languedoc-Roussillon, plus grande région viticole de France, est également le premier pôle de recherche agronomique mondial. Un atout que la Région a choisi de mieux cerner en commandant une étude à la Drire* sur l'impact de l'évolution de la consommation de vin auprès des acteurs de la filière. C'est de cette étude qu'est née l'idée de créer une association pour pallier le déficit d'échanges entre les acteurs de la filière vitivinicole. Acteurs différents, mais également, et c'est à noter, entre acteurs dont les métiers sont identiques. Parvenir à dépasser les enjeux de compétition, en acceptant de faire jouer l'émulation marque l'intelligence commerciale des entrepreneurs qui adhèrent à VINSEO. Dans le contexte de mondialisation actuel, mieux vaut utiliser toutes ses forces à produire et à vendre, plutôt qu'à gaspiller temps et argent dans le seul but de bloquer un éventuel concurrent.
*Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement

 

Gouvernance régionaleLe conseil d'administration de VINSEO représente tous les secteurs d'activité : industriels, distributeurs, prestataires de services. Le fonctionnement se fait en équipe, au sein d'un bureau de 8 personnes investies pour mettre en œuvre un programme dont les objectifs sont de faciliter et accélérer les transferts d'innovation vers la filière. Seuls les acteurs de la filière, de la vigne à la cave, établis en Languedoc-Roussillon, peuvent adhérer à VINSEO.

 

Les viticulteurs à la croisée de chemins bien différents

09-05-19-ordiLa dernière conférence de VINSEO était organisée fin avril à Montpellier, et portait sur la performance industrielle en agroalimentaire. Conseillers techniques et chercheurs avaient pour tâche de répondre à l'interrogation qui fait encore frémir les puristes "Et si demain le vin était produit par des robots ?". Et pourtant ! Olivier Zébic, œnologue et consultant, membre fondateur de VINSEO, organisateur de la conférence, estime indispensable d'aborder sans tabous des thèmes aussi originaux, pour ne pas dire aussi polémiques. "Il est indispensable que nous réfléchissions aux raisons qui font que c'est dans notre région que naissent la plupart des innovations, comme la machine à vendanger ou le vin sans alcool, et que finalement, le plus souvent, elles sont exploitées à l'étranger…avec le succès que l'on sait dans les pays qui choisissent d'industrialiser la production du vin".

L'approche culturelle est bien évidemment au sein du débat "Les Australiens considèrent le vin de la même façon qu'un autre produit agroalimentaire, ils répondent avant tout à la demande de leur cible de clientèle. Nous devons, pour combler notre retard, ouvrir les yeux aux producteurs et à nos membres : il est possible aujourd'hui d'automatiser les fermentations, ce qui n'empêche pas de faire des vins de terroir. Et quoi qu'il en soit, que les uns s'en tiennent à la fameuse AOC ou que les autres choisissent des process de production plus industriels, nous nous devons de les aider à porter leur regard sur ce que l'avenir réserve. Nous leur permettons d'être pour ou contre, mais en sachant pourquoi".

Mais l'espoir est de mise, pour ce spécialiste qui estime que les vignobles les plus aptes à intégrer les nouvelles techniques sont la Champagne et le Languedoc-Roussillon "Nous sommes en train de vivre ce que l'agroalimentaire a connu dans l'après-guerre, la fin de l'artisanat. Dans 20 ans, il y aura 80 % de production industrielle, on aura accepté qu'il est possible de faire pousser du raisin, sans tailler la vigne, même si ça n'est pas le même raisin, et qu'il est possible de mettre du raisin dans une cuve et de le transformer en utilisant des capteurs et un ordinateur".

La chaîne de vinification, Du sol au bouchon

Qui, en écoutant le doux "blop" du bouchon extrait d'un goulot de bouteille de vin, pense aux différents intervenants qui valent ce moment de plaisir ? Et pourtant.

Dès la plantation, le vigneron se tourne vers un autre métier : le pépiniériste. D'où le recours, si nécessaire, à un laboratoire qui analyse et identifie le matériel végétal à partir de recherches ADN. Durant tout le cycle végétatif de la vigne distributeurs de fournitures et prestataires de services se relaieront. La vendange débutera à maturité grâce à un spécialiste ou du matériel ad'hoc,
et des sociétés d'entretien et de dépannage garantiront le respect des délais. Enfin, une fois en cuve, le raisin sera l'objet de toutes les attentions des fournisseurs de gros matériel, spécialisés en traitement des fluides, de produits et de conseils œnologiques. Prêt à consommer, le vin sera mis en bouteille, après transport, mais également de plus en plus par des sociétés spécialisées qui se déplacent sur les domaines.

Une attention permanente et un travail continu pour 75 cl d'un produit unique.

Trois entreprises gardoises adhérentes de l'Association VINSEO

Perret et la vigne, une longue histoire

09-05-19-vignesL'entreprise gardoise a été créée en 1896 par Siméon Clément, à Bagnols sur Cèze. Elle vendait du blé, principale production de la région à l'époque. C'est après la première guerre mondiale que la culture de la vigne remplace progressivement les céréales. Comme le nom du gendre, Camille Perret, remplace celui du fondateur. Après la seconde guerre mondiale, Francis Perret accompagne l'entreprise familiale dans son évolution, qui suit celle de l'agriculture, des nouvelles techniques et de l' utilisation de produits phytosanitaires. En 1978, une politique d'accroissement se fait jour avec la reprise d'une première entreprise. En 1985, elle s'accélère avec l'arrivée de Bernard Perret qui mène en parallèle une croissance interne. Gamme de produits étendue, réseau de proximité et équipe disponible pour le conseil ancrent solidement la société dans une croissance constante. En 1999 Perret SA se donne les moyens logistiques de répondre aux demandes des vignerons du Gard et de tous les départements limitrophes, mais aussi à celles des arboriculteurs et céréaliers qui diversifient son offre commerciale. Aujourd'hui, soucieuse de développement durable, grâce à son équipe de développement, la société conseille sur l'utilisation des produits vendus, en partenariat avec les chambres d'agriculture, dans le cadre de la charte "Conduite raisonnée du vignoble ".
Perret SA Tresques
www.perret-sa.com

Gemstab prépare à la mise en bouteille

09-05-19-gemstabDepuis 1998, grâce à des technologies performantes et encadrées par la loi, la société offre une palette de services qui permet une démarche qualitative respectueuse des qualités organoleptiques du vin traité. A la propriété, ou en poste fixe, des équipes de techniciens spécialisés répondent aux besoins des vignerons de la France entière, puisque 4 agences régionales ont été implantées en Alsace, en Aquitaine, en Provence et dans le sud-est. Le siège social marguerittois, comme les autres agences, apporte son savoir faire en matière de prestations d'électrodyalise et de micro-filtration. Des termes totalement hermétiques pour le béotien, mais dont on retiendra essentiellement qu'ils sont la marque d'une technologie très avancée qui permet que le vin, après traitement, reste stable (stabilisation tartrique membranaire). Et ce, sans modifier la qualité du produit. Pour rester dans le développement durable, ajoutons le procédé d'acidification par voie membranaire qui est une solution alternative à l'utilisation d'additifs chimiques et la filtration tangentielle qui permet de préparer le vin à la mise en bouteille, en perdant un minimum du produit à filtrer et en valorisant les effluents. En juin, Gemstab, en partenariat avec la société vauclusienne Eurodia, proposera également un procédé de désalcoolisation partielle, une nécessité pour certains vins et certains marchés.
Gemstab Marguerittes
www.gemstab.com

Corktek offre une nouvelle dimension au goulot

09-05-19-bouchonsLa société qui affiche sa spécialité en anglais (cork = bouchon, tek pour technique) a été créée en février 2004, par le gardois Jean-François Mangeot, spécialiste issu de la filière liège. Sa société fabrique des bouchons synthétiques qui n'effraient plus ni les producteurs, ni les consommateurs. Capable d'adopter la couleur qui optimisera l'étiquetage le bouchon est devenu un élément ludique qui apporte un plus indéniable au marketing produit. Ce qui explique l'engouement de certains producteurs : un Chardonnay arbore un bouchon au nom du couturier Azzaro et un vin rosé, médaillé d'or au Mondial du rosé 2008 à Cannes (parmi 700 échantillons du monde entier) ne craint pas d'orner le goulot de ses bouteilles de Négrette d'un rose appétissant. Ce bouchon aux couleurs attrayantes a des avantages reconnus dans le monde entier (Europe, USA et Chine en développement). Il évite le goût désagréable du bouchon, lorsque les odeurs indésirables sont imputables au liège, ne craint pas l'humidité et peut donc être facilement stocké, tout en s'adaptant parfaitement aux lignes d'embouteillage traditionnelles. Des atouts qui justifient l'augmentation, en mars 2007, de l'outil de production de Corktek qui affiche une capacité nominale d'impression de 30 millions de bouchons par mois.
Corktek Roquemaure - www.corktek.fr