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Eric Giraudier, candidat à la Présidence de la CCI de Nîmes PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 19 Avril 2010 09:02
Alors que le texte sur les réseaux consulaires doit arriver en séance à l’Assemblée nationale à la fin du mois, la campagne bat déjà son plein pour la succession de Denis Volpilière à la CCI de Nîmes.
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Issu des rangs du Medef, tout comme le Président sortant, Eric Giraudier mène une campagne qu'il veut minutieuse et structurée, pour ne pas se contenter de la position de favori que pourrait lui conférer le soutien du principal syndicat patronal. A 45 ans, à la tête du cabinet de conseil en recrutement et en organisation qu'il a créé voilà douze ans, ce chef d'entreprise aime les défis. Comme celui de produire son propre vin, par amour de la vigne, ou de mener à bien la réforme des CCI qui attend les prochains présidents. 

Gard Eco : Où en est-on à ce jour du calendrier des prochaines élections consulaires ?

Eric Giraudier : A ce jour, la réforme a été validée par la Commission des finances, et devrait être votée entre le 26 et le 28 avril. Etant donné que cette réforme va modifier le mode de scrutin, il va falloir ensuite laisser 6 mois entre la modification et les élections consulaires. En admettant que le processus de vote soit achevé début mai, cela nous emmène au plus tôt à début novembre. On sait par contre que les élections doivent se tenir sur 2010, ce qui me laisse penser que la date définitive devrait se situer entre le 15 novembre et le 10 décembre. 

Et où en êtes-vous de votre campagne pour la présidence de la CCI de Nîmes ?

Nous avons commencé fin avril 2009, en annonçant ma candidature, et en créant l'association CCI 2010 pour la porter. Courant mai 2009, nous avons lancé l'organisation de la réflexion en groupes de travail thématiques, pour travailler sur le projet, car je pense qu'il faut travailler sur le projet avant de travailler sur la liste, et que ce sont les gens qui ont travaillé sur le projet, et apporté des idées, que l'on retrouvera sur la liste. Prochaine étape, le 10 mai prochain, où nous allons restituer les axes stratégiques de notre projet. Le 28 juin, nous présenterons l'architecture de notre liste, car je ne veux pas d'une liste montée 48 heures avant le scrutin. Pour une élection à la CCI, il faut aligner une liste de près de 250 personnes, qui doivent représenter toutes les tailles d'entreprises, dans les trois catégories industrie, commerce, services, et sur la totalité du territoire. Ce n'est pas simple, et ça ne laisse que peu de marge. A noter dans cet agenda, le 24 septembre où se tiendra la première journée régionale de l'emploi, qui regroupera beaucoup de chefs d'entreprises, en présence sans doute de Laurence Parisot, et à laquelle l'association sera étroitement associée. Voilà ce que sont les dates clés, mais il faudra également s'attacher à mobiliser pour le vote, car notre objectif est non seulement de gagner, dans tous les collèges, mais surtout de faire augmenter le nombre de votants. Ce n'est qu'à ce prix que la représentation que l'on aura demain vis-à-vis des politiques sera légitime. 

Lors de l'annonce de votre nom, voilà un an, votre candidature ne semblait pas faire l'unanimité. Est-ce que ça a changé ?  

Le candidat le plus légitime aurait été le Président sortant, qui a toujours dit qu'il ne ferait pas plus de deux mandats – et je n'en ferai pas plus non plus si je suis élu. Ensuite, d'autres personnes souhaitaient peut-être prétendre à la présidence, mais un profil avait été défini pour le candidat à retenir : un chef d'entreprise, sans engagement en politique, dont l'activité ne soit pas dépendante de marchés publics, et disposant d'une capacité et d'une volonté d'investissement en temps qui soit à la mesure de ce qu'implique la gestion d'une CCI Territoriale, dans ce contexte de mise en place de la réforme. Je n'étais pas le seul à répondre à ces critères, mais parmi ceux qui y répondaient, et qui souhaitaient être candidat, c'est ma candidature qui a été retenue à l'unanimité. 

Qu'est-ce qui ressort de votre première année de campagne ?

Ce qui ressort des rencontres que je fais quotidiennement avec des chefs d'entreprises de toutes tailles, de tous secteurs, et sur l'ensemble du territoire, c'est avant tout l'impact de la crise, qu'elle porte sur l'activité, ou sur la trésorerie, voire les deux. De fait, les entreprises sont très en attente des services que peut apporter la CCI, même si beaucoup ne les connaissent pas complètement. Dans ce contexte, soulignons aussi que les entreprises ne comprendraient pas qu'il n'y ait pas une union parmi les structures qui les représentent. Nous ne sommes pas en politique, car il n'y a qu'une économie, à laquelle nous sommes tous soumis, et ce n'est que par une logique fédérative que nous serons assez forts pour porter le développement économique du territoire. Dans le même esprit, un autre point qui ressort fréquemment est la neutralité que l'on nous demande vis-à-vis du politique. Cette exigence est beaucoup plus marquée qu'il y a cinq ans. Sur le territoire de la Chambre, nous devons être capables de travailler avec les agglos, avec le Département, avec la Région, indépendamment des couleurs politiques, en interaction. 

Ne faut-il pas pourtant une certaine complicité avec le pouvoir politique en place localement pour faciliter la prise de décision ?

L'interaction et la complicité ne sont pas la même chose. Les avis divergeants peuvent aussi créer de la richesse, sans que ce ne soit de l'opposition. Je pense que l'interaction n'a rien à voir ni avec l'opposition, ni avec l'asservissement. Notre rôle est d'apporter des supports, des idées, et de travailler en concertation. C'est ce que nous savons faire à la CCI, et je veux être, demain, le garant des bonnes relations de la Chambre avec les institutions locales. 

Les deux précédents mandats ont été marqués par la réorientation du métier de la CCI, qui a notamment laissé tomber son rôle d'aménageur au profit des services et des études. Quels enjeux voyez-vous pour les cinq prochaines années ?

Il y a une double transition à gérer : la fin du changement de métier des CCI, et la réforme territoriale. La CCI telle qu'elle est aujourd'hui est très opérationnelle sur tout ce qui concerne la création, l'aide au démarrage des entreprises, la cession-transmission, et tous les aspects qui s'y rattachent. Il faudra donc continuer à le faire savoir. Tout en maintenant et amplifiant ces axes, je pense que l'on doit encore plus structurer notre offre de services, et la faire connaître par le plus grand nombre d'entreprises. Parmi les trois phases de la vie d'une entreprise, création, développement, cession, nous pouvons sans doute progresser sur la phase du développement. 
Nous devons également poursuivre nos efforts pour accompagner les commerçants, parce que le commerce est un élément très important de l'activité d'une ville ou d'un village. Et les commerçants souffrent, que ce soit dans les villages, ou dans les agglomérations. Entre la crise, les travaux, la nouvelle taxe locale sur les enseignes, ils souffrent. 

Être le candidat du Medef ni fait t'il pas de vous – de fait - l'allié des grandes surfaces ?

Bien entendu, le Medef soutient ma candidature, et je suis adhérent du Medef, mais je suis le candidat de toutes les entreprises. Au sein de l'association, il y a des gens du Medef, des gens de la CGPME, et bon nombre de membres ne sont adhérents ni à l'un ni à l'autre de ces mouvements. Je suis le représentant à la fois des commerçants, des chefs d'entreprises, quelle que soient leur activité et leur taille, sur l'ensemble du territoire du Gard, et à ce jour, je suis le seul à pouvoir se prévaloir de ça. 

Dans ce cas, comment aider l'un sans que ce soit au détriment de l'autre ?

C'est sans doute la réelle difficulté d'une CCI. A ce jour, nous avons 22000 ressortissants, et nous savons bien, tout  en essayant de les segmenter par taille, métier, territoire, que chaque entreprise a un besoin et une problématique qui lui est propre. La grosse difficulté pour demain sera d'arriver à retravailler sans doute ces segmentations, revoir notre offre, et arriver à une logique de marketing des services de la Chambre qui sera peut-être un peu différente. C'est ce qu'illustre le commerce. Les commerçants de centre-ville, qu'ils soient à Bagnols, Sommières ou Nîmes, ont un ressenti commun sur des problèmes. Par contre, le contexte et les solutions à mettre en œuvre sont différents. Alors, si on pouvait imaginer un kit de solutions global, ce serait idéal. Mais je pense que pour être pertinents, il faut se doter d'une grille de lecture du contexte de chaque bassin, pour apporter des solutions réellement adaptées. 

Dans ce contexte, est-ce que la réforme, et la régionalisation ne vont pas au contraire faire perdre ce besoin de proximité que l'on ressent de plus en plus important ? 

Ça va beaucoup dépendre de la façon dont nous, élus, allons gérer ça. La réforme sera aussi ce que l'on en fera. Pour l'instant, il s'agit surtout de mutualiser des coûts fixes, sur lesquels nous n'avons pas vraiment de valeur ajoutée, ou mettre en commun des moyens sur certains aspects, comme l'international par exemple. Ce qui ne veut pas dire que tout doit être centralité à Montpellier. Au contraire, en clarifiant le niveau décision économique, qui devient très clairement régional, nous pourrons travailler avec plus de facilité. D'autant qu'à Nîmes, nous sommes novateurs en ayant créé la notion de Relais locaux à Bagnols, le Vigan, Beaucaire, Vauvert, et que nous allons au moins continuer, et pourquoi pas, amplifier cette démarche. Ce n'est pas à moi d'en décider, mais aux acteurs sur le territoire, et je serai à leur écoute. Par contre, en mutualisant les outils, et le back-office, on peut dégager des moyens pour être toujours plus efficaces sur le territoire. C'est ça l'enjeu de la réforme.