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| En route pour la formation |
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| Lundi, 16 Janvier 2012 10:36 | ||
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La formation devrait être un des sujets abordés par le gouvernement et les syndicats lors du sommet social, convoqué ce mercredi par le président de la République. Gard Éco livre quelques clés pour comprendre les enjeux. La récession, attendue ce premier semestre 2012, devrait remettre au goût du jour le chômage partiel, solution qui semble faire consensus et qui a montré son efficacité en Allemagne. Mais à condition de l'accompagner de plans de formations, ajoutent les syndicats. "C'est un discours qu'on entend depuis 2008 mais le chômage partiel n'est pas encore significatif. Les professionnels ont réussi à avoir de l'activité bon gré mal gré", explique Evelyne Bonet, directrice commerciale de l'Afpa Languedoc-Roussillon, association pour la formation professionnelle des adultes, créée en 1949. Dans le Gard, les organismes seront-ils prêts à répondre aux besoins des entreprises ? Céline Lamouret, qui dirige le Geiq BTP (groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification) à Nîmes, n'a pas à se plaindre de leur réactivité (lire plus bas) : Afpa, centres de formation des apprentis (CFA), compagnons du devoir, Greta... La palette est large pour faire du sur-mesure. "Si je veux du diplômant pour un petit jeune, je vais faire appel aux compagnons qui font des diplômes d'État. Si c'est un adulte, ce sera plutôt Afpa", témoigne Céline Lamouret.
L'association a accueilli 6375 stagiaires l'an dernier, dont plus de 1700 dans le département du Gard. Elle est présente sur des métiers en tension comme la logistique, où le turn-over de la main-d'œuvre est important, les travaux publics et le tertiaire (commerce, distribution, secrétariat et comptabilité). Mais il y a aussi une logique de filière pour coller au plus près de la vie économique. Le campus de La Grand'Combe est spécialisé dans l'industrie, en particulier le travail des métaux et la maintenance. Celui de Nîmes est doté d'une plateforme consacrée aux énergies renouvelables dans le bâtiment. Elle a été montée en partenariat avec les organisations professionnelles, la Capeb et la fédération française du bâtiment, preuve d'un appétit certain des entreprises. L'enjeu est capital pour elles, selon Yves Deschamp. "La plupart se rendent compte qu'il faut qu'elles anticipent, qu'elles transmettent le savoir avec la vague du papy boom." À en croire Jean-Marc Tourel, président de la chambre des experts-comptables du Gard, les deux dispositifs d'alternance, contrat d'apprentissage et contrat de professionnalisation, remportent un vif succès. "Dans l'immense majorité des cas, ces contrats sont maintenus en CDI. C'est un bon passage de la formation initiale au métier."
Confirmation avec Bruno Bardou, directeur de la Sodapem à Sommières (fabrication de pièces aéronautiques, 90 salariés, 20 M€ de chiffre d'affaires). Il vient d'embaucher un jeune en reconversion professionnelle qui a suivi à l'Afpa une formation de tourneur fraiseur. "Sur la mécanique de précision (fraisage et tournage sur machine à commande numérique), il n'y a plus de formation dans le cursus classique. Nous sommes confrontés à des gens qui quittent le marché de l'emploi et derrière, il n'y a pas de renouvellement." L'alternance est donc une bonne piste. Mais il manque des vocations, en particulier dans l'industrie. "Les jeunes ne se projettent pas en se disant que c'est un métier noble", regrette Bruno Bardou. Pourtant, malgré le discours ambiant sur la désindustrialisation du pays, les chances de trouver un emploi durable après une formation dans l'industrie sont de 90%, selon Fabienne Maubert-Le Dreb, directrice régionale de l'Afpa. Idem pour les travaux publics alors que les chances retombent à 50% dans le secrétariat, secteur plébiscité. "Il faut sortir des filières traditionnelles pour des métiers très accessibles, y compris aux femmes", explique Yves Deschamp.
Geiq : Un outil pour déléguer la formationSi la formation séduit les chefs d'entreprise, les démarches peuvent, elles, les rebuter : choix de l'organisme, montage du dossier, suivi du salarié formé etc. Les experts-comptables sont l'interlocuteur naturel. Les groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification (Geiq) permettent eux de déléguer tout le processus. Créés il y a plus de 20 ans, les Geiq sont des associations labellisées par l'État pour monter des parcours de formation et aider au recrutement. Le Gard en compte deux depuis 2009. Ils ont été conçus selon une logique de filière : le Geiq BTP basé à Nîmes et le Geiq industrie Gard, vallée et delta du Rhône à Bagnols-sur-Cèze. Une étude de faisabilité a été lancée pour un Geiq multisectoriel. Chacun des deux compte une trentaine d'adhérents : des grandes entreprises et des PME. 20 à 30 personnes par an sont formées dans chacun des deux Geiq existants "Nous avons 100% de taux de réussite aux examens, et le taux de sortie vers l'emploi durable est de 90,4%", se félicite Florence Caumes, directrice du Geiq industrie. "Nous les encadrons pour que tout se passe bien", confirme Céline Lamouret, responsable du Geiq BTP. Le coût est quasi identique pour l'entreprise de passer par un Geiq ou de le faire seule, selon Céline Lamouret. L'avantage pour l'employeur est que le Geiq prend en charge l'ensemble de l'ingénierie et suit les stagiaires. "Avec les aides financières des collectivités et de l'État, nous arrivons à ne pas facturer le tutoral", ajoute-t-elle. Le dispositif peut aussi servir aux entreprises dans leur gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). "Le Geiq permet d'apporter de la diversité et un public plus large", précise Florence Caumes. Monter un parcours de mixité en faveur des femmes par exemple, ou de personnes en difficulté. "La clause sociale dans les marchés publics a un effet déclencheur, reconnaît Céline Lamouret. Mais souvent les entreprises dépassent leur quota d'heure."
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Tous ces établissements rivalisent d'équipements pour faire travailler leurs stagiaires dans des conditions proches de leurs futurs métiers. Forte de huit campus, dont trois dans le Gard (La Grand'Combe, Alès, Nîmes), l'Afpa affirme pouvoir moduler ses parcours au plus près des problématiques économiques. "Nos formations, c'est comme au restaurant, explique Yves Deschamp, directeur territorial de l'Afpa pour le Gard et la Lozère. Nous pouvons proposer sept heures pour des formations obligatoires ou un an afin d'accompagner quelqu'un qui n'a aucun titre professionnel et permettre aux salariés de se maintenir dans l'emploi."