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Election à la CCI : Demandez le programme ! PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 13 Février 2012 08:00

À une semaine de la fin du scrutin pour l'élection de la CCI de Nîmes, Bagnols, Le Vigan Gard Éco passe en revue les projets des deux candidats.

Une campagne fratricide, avec des petites phrases assassines. Dans cette période économique difficile, les 20 000 chefs d'entreprise du ressort de la CCI de Nîmes, Bagnols, Le Vigan, se seraient bien passé de l'étalage de leurs divisions dans les médias. Gard Éco a donc choisi de se concentrer sur le contenu et les propositions. Pour que chacun puisse se forger sa propre opinion.

Priorité aux commerces

Touchés par la conjoncture économique, à quoi s'ajoute à Nîmes l'impact des travaux, les commerçants sont au centre de l'attention des deux candidats, pas avares de promesses. Au niveau budgétaire d'abord. Éric Giraudier assure que le budget 2012 va être "le plus important de l'histoire", en allouant les recettes spéciales issues du règlement de vieilles procédures judiciaires soldées l'an passé. Henry Douais déclarait lui en janvier vouloir tripler le budget Commerce de la chambre. Dans son programme, disponible sur Internet, il promet désormais "un budget important et concret pour accompagner financièrement les initiatives locales".

Henry DouaisChacun a de bonnes raisons de choyer le commerce. La liste d'Henry Douais avait gagné le collège en 2010. À son arrivée, Éric Giraudier a pris une série d'initiatives : Allo ma CCI, numéro d'appel pour les commerçants en difficulté, les Jeudis du commerce, qui réunissent chaque mois une vingtaine de personnes autour d'un thème, Alerte Commerce avec le soutien de la police, et bientôt de la gendarmerie, qui a séduit 800 professionnels, organisation du Devcom et de Passion commerce dans les locaux de la chambre... Des mesures qu'il entend poursuivre s'il est réélu. Il a aussi soutenu les commerçants nîmois dans leur fronde contre le chantier du TCSP et le maire. L'association Nîmes pour tous, qui revendique 200 commerçants dans l'Écusson, et celle des commerçants de Ville Active se sont rangées de son côté.

Henry Douais, lui, dit vouloir créer une équipe de terrain pour aller à la rencontre des commerçants, qui n'ont pas le temps de se préoccuper de ce que fait la CCI. Sauf que c'est exactement la démarche des Assises du commerce, réplique Éric Giraudier. Lancées en décembre, ces assises réunissent des commerçants au sein de groupes de travail. À quoi s'ajoute une analyse détaillée de l'appareil commercial nîmois, menée par le service Études de la CCI. Les premières restitutions doivent avoir lieu en mars. Le candidat Medef veut appliquer la même démarche aux autres villes du ressort, notamment dans le secteur de Villeneuve-lès-Avignon.

Eric GiraudierLe président de la CGPME veut pour sa part créer un service de veille commerciale, avec un relais à Paris pour faire venir des enseignes nationales. Il s'est par ailleurs engagé à convaincre le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, de déménager les services municipaux et la maison de l'emploi de la place de l'horloge afin d'attirer dans le bâtiment une "locomotive nationale".

Henry Douais suggère aussi de faire adhérer les professionnels au réseau achatville.com pour promouvoir le commerce local et de les aider à bénéficier des fonds Fisac. Autre engagement : pousser les commerçants à se regrouper en associations et répondre à des appels à projet.

Les deux adversaires ont la même préoccupation de redynamiser les centres-villes. Ils évoquent ainsi la création d'un manager de centre-ville. Mais ils n'en ont pas tout à fait la même vision. Pour Henry Douais, ce serait le porte-parole des commerçants et le coordinateur des projets. Éric Giraudier le conçoit plutôt comme chargé de mettre en adéquation l'offre et la demande pour une répartition harmonieuse des commerces.

L'industrie diversement traitée

Si pour le commerce, certaines idées sont parfois proches, les deux prétendants n'ont absolument pas la même approche pour l'industrie. Pas les mêmes réseaux non plus. Éric Giraudier compte de solides soutiens à Bagnols-sur-Cèze où les milieux industriels sont bien implantés, à l'image de Jean-Marc Rouméas, le président du Medef.

"Mon programme sur le commerce est très important", explique pour sa part Henry Douais, ajoutant que depuis une dizaine d'années, la CCI a fait la part belle à l'industrie. Est-ce à dire qu'il se désintéresse de ce secteur ? Assurément non puisqu'il est candidat à ce collège.

Fidèle à sa stratégie, le président de la CGPME s'adresse aux PME. Il propose de favoriser le développement de ces dernières "par l'accès aux marchés publics". Il faut également "rendre l'innovation accessible à toutes les TPE et PME gardoises", écrit-il. Deux propositions accompagnent cette affirmation : créer un espace numérique gardois et mettre en place une cellule de veille technologique.

Henry Douais s'est aussi prononcé en faveur d'un projet industriel, celui du port de l'Ardoise, évoquant une filière de démantèlement des bateaux ventouses. Un point d'accord avec Éric Giraudier... enfin presque. Ce dernier parle aussi de relancer le port d'activités, en en faisant une "plateforme intermodale".

Éric Giraudier entend structurer le territoire avec l'émergence de pôles industriels, portés par la CCI et financés par les collectivités et l'État. Une politique de grands projets symbolisée par le pôle régional de revalorisation des sites industriels dans le Gard rhodanien. Autre projet sur les rails, le pôle d'excellence rurale Cévennes Valley numérique dans le Viganais. Enfin, la CCI a lancé une étude pour le développement de l'avant-port de Port Camargue, avec en ligne de mire la création d'un pôle nautique constitué d'une pépinière d'entreprises.

Le président sortant a un autre atout : le contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier. Il a en effet négocié avec Bouygues, retenu pour construire la ligne à grande vitesse, que 20% du chantier reviennent aux PME du Gard et des départements limitrophes. Soit une manne de 400 millions d'euros espérée.

Opposition de style

Cette élection a au moins l'avantage de la clarté. Une vraie opposition de caractères. Sûr et certain, ces deux là ne partent pas en vacances ensemble et dans les deux camps, les attaques ad hominem ont fusé. Cette élection est aussi un affrontement classique entre CGPME et Medef. Henry Douais a intégré onze membres du conseil d'administration de la CGPME sur sa liste. Celle d'Éric Giraudier compte 20 adhérents Medef.

Ce dernier mise sur "la dynamique de proximité" avec l'ouverture d'une antenne à Villeneuve et à Uzès. En face, la communication de Henry Douais décline un verbe, agir. Agir pour le tourisme, la formation, le développement économique, et surtout agir en faveur des petites entreprises.

Les PME ont été au cœur de la campagne. Quoi de plus normal puisque le Gard ne compte pas beaucoup de grandes firmes. Chaque candidat s'est donc affiché avec des patrons de TPE, en prétendant être le meilleur pour les défendre.

Autre opposition, le rapport au politique. Éric Giraudier prône la stricte neutralité pour signer des conventions de partenariat avec toutes les collectivités. Henry Douais a lui choisi de démissionner de ses mandats d'adjoint au maire de Nîmes et d'élu à l'Agglo. Il propose une cellule inter-consulaire afin de travailler en synergie avec les autres institutions.

 

Les services sont moins mis en avant car ils se prêtent moins à de grands projets structurants. Néanmoins le tourisme n'a pas été oublié. Henry Douais défend ainsi la création d'un parc d'attraction près de Nîmes et le développement du tourisme fluvial. Éric Giraudier préfère encourager la vente en circuits courts et la filière bio. Avec en vue l'extension du CFA de Marguerittes et la mise en place d'un atelier d'excellence pour l'apprentissage de la restauration qui ferait la promotion des produits locaux.


 

Gard Éco boycotté par Henry Douais

Le dossier de cette semaine est bousculé bien malgré nous. Nous aurions préféré laisser la parole aux deux candidats, pour qu'ils expliquent avec leurs mots et leurs arguments leurs projets. Las ! Contacté par la rédaction, Henry Douais n'a pas souhaité répondre à notre invitation. Pas pour un emploi du temps trop chargé. Mais au motif que notre objectivité ne peut être garantie.

Nous avons donc renoncé à interviewer Eric Giraudier seul. Pour ne pas briser l'égalité entre les deux candidats. Et prouver ainsi à nos lecteurs (et à Monsieur Douais) que quelque soit le jugement que chacun peut porter sur la ligne éditoriale de notre hebdomadaire, l'information est traitée sans esprit partisan et avec la plus grande honnêteté possible.