Nos abonnements

 

Dopez votre

 

Business

 

 

 

 

LE PACK PRO

Pour 199 € TTC par an, recevez : 

 

abonnement_magLe magazine

Gard eco le journal économique du Gard, chez vous chaque semaine.

"la référence de l’information économique du Gard."

 

 

abonnement_pdfGard Eco PDF

Téléchargez avant tout le monde la version PDF du magazine 3 jours avant sa date de sortie.

"Prenez une longueur d’avance !"

 

 

abonnement_balAnnonces légales

Tous les jours les annonces légales du Gard et accédez aux archives en illimité.

"Identifiez vos nouveaux clients et détectez vos nouveaux concurrents avant tout le monde."

 

 

abonnement_mpMarchés publics

Tous les jours les marchés publics du Gard et accédez à leur contenu en intégralité.

"Du chiffre d’affaires à portée de clic !"

 

 

abonnement_formationFormation

Un appui à l’élaboration d’un dossier de candidature aux marchés publics.

"Une expertise qui fait la différence !"

 

 

 

 

LE CLASSIQUE

Pour 46 € TTC par an, recevez :

Gard Eco, le magazine dès la semaine prochaine, à votre adresse postale.

 

 

Bannière
Coup de jeune sur le Pont du Gard PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 23 Juillet 2012 09:00

Renouveler le public et conserver le patrimoine. Voilà la feuille de route de Paolo Toeschi, directeur de l'établissement qui gère le célèbre aqueduc.

Pour la deuxième année de suite, des artistes de la scène électro et pop rock se sont produits au pied du Pont du Gard. Quel bilan tirez-vous ?12-07-24-dossier1
Ce deuxième Lives au Pont est exceptionnel. C'est une immense surprise pour nous. Je veux souligner que ce n'est que la deuxième édition, et force est de constater que le succès est là.
Le public était très varié, allant de 18 à 45 ans, venant du Languedoc-Roussillon, de Marseille, Lyon etc... C'est un public que nous voulons attirer sur le site. Ils ont entendu parler du Pont du Gard mais ils ne le fréquentent pas assidument. Faire venir ces jeunes là sur un lieu emblématique montre que le Pont du Gard est en train de trouver sa place dans le concert des festivals de l'arc méditerranéen.
Nous nous étions donnés quatre à cinq ans pour fidéliser un public, sur la base d'un programme éclectique mais avec une cible particulière. Dès la deuxième année, nous avons doublé le nombre de spectateurs. C'est une première étape franchie. Mais comme les sportifs de haut niveau, il faut du maintien, continuer à chercher une programmation de qualité.

Pour vous, Lives au Pont est davantage un grand projet ou une expérimentation ?
Je ne sais pas si c'est un grand projet. À mon arrivée à la direction de l'EPCC (lire encadré), le conseil d'administration a dit qu'il fallait passer d'opérations qui se cumulent les unes après les autres à une politique. Une politique, c'est d'abord de la détermination, être lisible, avoir une vraie communication et savoir quelle cible on veut toucher et pourquoi.
Le Pont du Gard doit être un moteur économique de ce territoire au travers de la dimension qui est la sienne, la culture. Nous avons constaté qu'il y a une bonne fréquentation d'un public familial. Des parents avec des enfants plutôt en bas âge. C'est plus de 70% des visiteurs. Mais il faut être attentif, surtout en période de crise, au public de l'avenir : les jeunes. Comment faire pour que ce lieu existe avec ce public-là ?
J'ai entendu l'année dernière, "vous êtes fou, c'est la crise, les festivals ont des difficultés". Nous ne partons pas avec des plateaux à 500 000 euros sinon la politique tarifaire ne serait pas celle que nous souhaitons. Nous avons pris des artistes déjà connus mais qui sont raisonnables. Cela permet des tarifs équilibrés pour le public qu'on cible.
Il y a aussi l'ambiance. On arrive à 17h30, on pique-nique. La nuit tombe, l'aqueduc est éclairé... Cet ensemble que nous avons construit semble séduire. Nous n'allons pas nous arrêter au milieu du gué. Donc bien sûr nous sommes partis pour une troisième édition.
Avez-vous équilibré l'opération ?
C'est le paradoxe en pleine crise. Nous avons très bien équilibré cette opération. D'abord parce que le public était là. Avec les recettes de la billetterie, nous avons couvert le cachet des artistes, voire au-delà (équipe technique, plateau à monter).
12-07-24-couvEst-ce que ce festival est appelé à devenir le pic de la saison culturelle ?
Non. Lives au Pont, le bal du 15 août, Garrigues en fête viennent en complément. Le Pont du Gard, c'est autre chose : un patrimoine mondial et un grand site de France. Nos labels, on s'y accroche car c'est l'avenir. On vient ici d'abord parce qu'il y a ce cadre et cette éthique là. Notre travail au quotidien est de faire venir des groupes et des particuliers sur ce qui est notre base : un musée, une ludothèque, un film (que nous allons renouveler), des expositions.
Avez-vous plus de visibilité sur le projet hôtelier aux alentours du site ?
Ce n'est pas de la compétence directe de l'EPCC mais nous avons un intérêt : développer notre espace congrès et séminaires et solliciter les donneurs d'ordre, pas seulement pour passer la journée ici mais deux ou trois jours. Il y a un vrai créneau pour ce lieu, à la fois proche et décroché des grands centres urbains, où on peut organiser à côté d'un séminaire des activités sportives, culturelles, découvrir la gastronomie, etc... Nous ne pouvons pas l'offrir pour le moment.
Cela prend du temps car il faut réviser les PLU (plans locaux d'urbanisme) et trouver des investisseurs. Nous espérons que cela aboutisse d'ici deux ou trois ans. Il y a déjà un espace commercialisé pour des résidences de loisirs à Remoulins, rive droite, en prise directe avec le site.
À Nîmes, on semble miser sur la romanité, avec les grands jeux romains. Y-a-t-il un espace de partage et de discussion entre vous ?
Cet espace existe d'autant plus qu'il est naturel. L'aqueduc a été fait pour la ville de Nîmes. Nous travaillons en étroite relation avec l'office de tourisme de Nîmes. Nous faisons de la prospection ensemble. Petit à petit, nous bâtissons des réseaux. Nous sommes par exemple allés à Shanghai.
La Ville de Nîmes a sa politique. Son musée de la romanité est une bonne idée car il y a des collections extraordinaires et cela formera un bon maillage avec les autres musées de la région.
Il n'y a pas de concurrence, mais de la complémentarité. Vu du Japon, on ne voit pas Nîmes ou Avignon mais la France. Et la France, cela veut d'abord dire Paris. Regardez les flux touristiques là-bas et comparez-les à ceux sur notre territoire. Cela appelle à un peu d'humilité. L'intérêt est de bien s'organiser entre nous.
Après, Nîmes fait des jeux romains. C'est très bien si cela plaît. Mais je ne vais pas mettre des légionnaires sur le haut de l'aqueduc ! Cela n'a aucun sens, ni historique ni pratique.
On vous l'a demandé ?12-07-24-dossier2
Non. Mais chacun doit garder son identité. Nous ne sommes pas là pour copier ou faire un mauvais Disney Land. La tentation de devenir un parc de loisir peut séduire. Mais nous perdrions notre âme. Ce que l'on croit gagner en proximité, on le perd à l'international.
Nous n'avons pas de leçon à donner aux autres. Mais ce qui fait notre force depuis dix ans, c'est de conserver ce que d'aucun appelle "l'esprit des lieux", patrimoine mondial et grand site de France. Deux labels que nous avons voulu. Il faut les respecter.

 

Le Pont du Gard est géré par un établissement public de coopération culturelle (EPCC) depuis 2003. Il est chapeauté par un conseil d'administration, présidé par le député et conseiller général socialiste William Dumas, où siègent des représentants du Conseil général (majoritaires), des maires de l'Uzège, de la Région et de l'État. L'EPCC est à 73% d'autofinancement. Le site a enregistré 1,4 millions de visiteurs en 2011. Une hausse de 4% sur un an.