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| Lundi, 23 Février 2009 00:00 |
Conjoncture industrielle dans le Gard : Le temps se couvre au premier trimestre 2009
Le baromètre économique de Code 30 (réalisé grâce à des enquêtes effectuées par les CCI de Nîmes et Alès) est un outil qui précise, en points et non en pourcentages, les tendances ressenties par les entreprises représentatives de leur secteur d'activité. Chaque trimestre, elles acceptent de remplir un document précis sur leur production et leurs prévisions. C'est l'échantillon des industries agroalimentaires qui présente le plus de volatilité en raison de la structure départementale, mais il est, comme les trois autres secteurs, exploité à échantillon constant, afin de comparer deux trimestres consécutifs. Le baromètre économique général est le résultat de chaque baromètre sectoriel qui synthétise les chiffres de l'emploi, de l'investissement, de la production et de la demande, depuis l'année précédente, même époque. Le baromètre du 1er trimestre 2009 note une dégradation de l'activité industrielle qui devrait Des réponses de chefs d'entreprises concernés, il ressort quelques pistes pour faire face à la crise.
Industries agricoles et alimentaires (I.A.A.)
Didier Rigotard, de la Fromagerie des Loubes à Montignargues : Pour le moment -je dis bien, pour le moment- nous ne connaissons pas la baisse évoquée par le baromètre de Code 30. Nous avons un nombre important de clients identifiés, beaucoup qui sont très proches, et il faut reconnaître que par rapport à d'autres, nous sommes idéalement situés entre Alès et Nîmes, les communes les plus peuplées du Gard. Nous n'exportons pas, mais nous avons quelques clients un peu éloignés comme à Lyon ou Paris. Pour le moment tout se passe bien, mais je dois dire que nous avons connu une baisse sévère, de - 30 % cumulés, durant les deux années précédentes. Perdre 15 % par an, c'est difficile, et nous avons dû compenser par un redéploiement dans la vente directe aux particuliers, aux traiteurs et à l'hôtellerie. Contrairement à certains confrères qui eux, effectivement, souffrent, nous traitons avec la Grande distribution, mais les super ou les hypermarchés ne sont pas nos plus gros clients. Ceux pour qui ils ont pris une importance démesurée, sont en difficultés. L'un de mes confrères atteint 80 % de son chiffre avec eux. Il va devoir faire des choix stratégiques. Industries de biens de consommation courante (I.B.C.C)
François Clément, de l'imprimerie Clément au Vigan : L'analyse de Code 30 décrit exactement ce que nous vivons. La baisse du Chiffre d'affaire est majeure, nous ne pourrons donc pas procéder à des investissements cette année. Après, sur le sujet de l'embauche, le choix est stratégique. Nous avons des machines qui pourraient produire plus, mais nous n'avons pas les commandes pour optimiser leur rendement. En ce qui me concerne, pour lutter contre cette tendance à la baisse, je vais faire un essai en embauchant 3 personnes sur 3 mois. Je compte ainsi fournir un effort commercial qui devrait faire la différence. Aujourd'hui, il n'est pas possible d'aller plus bas dans les prix, nos arguments pour attirer une clientèle totalement volatile, sont donc d'être meilleurs qu'avant, sur les délais comme sur la qualité. Nos clients aussi ont les mêmes impératifs, et ils peuvent être séduits par des arguments que nous avons développés bien avant la crise : la carte régionale et celle du Développement durable. Mais la période est bien difficile. Dans notre secteur, les prévisions font état d'une entreprise sur huit qui disparaîtrait cette année. Industries des biens d'équipement (I.B.E.)
Emmanuel Bois, Président et directeur technique de l'entreprise biotech, Cézanne : Nous avons la chance que pour le moment, notre secteur d'activité, la Santé, ne soit pas touché par une baisse notable, contrairement au BTP ou à l'automobile. Nous avons commencé à 6 personnes, voici 8 ans, et nous serons bientôt 100, ce qui fait de nous une PME dans un secteur qui connaît une progression de 2 à 4 %. Quelques grosses entreprises y proposent de très larges panels de produits et ont pu ressentir des tensions. Mais à Cézanne, en revanche, notre chance réside dans le fait que nous avons une activité très ciblée (création/vente d'automates et de diagnostics), ce qui nous impose une constante innovation (R&D 17% du CA) mais nous permet une progression de 10 à 15 % par an. Nous avions prévu deux embauches, et nous sommes en train de les finaliser. Si nous sommes privilégiés en ces temps de crise, et sans soucis de trésorerie, c'est parce que nous avons connu un très gros développement en 2007 et 2008, financé avant les tensions d'aujourd'hui. Reste à surveiller la suite des évènements. Combien de temps durera cette période ? S'il s'agit d'un à deux ans, nous bénéficierons de l'impact, sur notre clientèle (80 % de ventes à l'étranger) d'une nouvelle génération de produits, programmés pour sortir en 2010. Mais nous réfléchissons déjà à plus long terme. Il faut être très prudents, le marché peut se retourner, les décisions gouvernementales infléchir les politiques de santé…Une chose est certaine, c'est la politique d'innovation et de qualité de fabrication qui fait la différence. Nous avons rapatrié en région tous nos partenariats. Le coût le main d'œuvre est peut-être plus important, mais nous en sommes plus proches, ce qui nous permet d'être plus réactifs. Industries de biens intermédiaires (I.B.I.)
Impossible de parvenir à obtenir un témoignage d’un chef d’entreprise appartenant au secteur de l’industrie des biens intermédiaires. La communication parisienne des ciments Calcia n’a pas même daigné nous répondre qu’elle ne désirait pas nous répondre, Les dirigeants de Lib Industries ont été beaucoup plus polis, mais tout aussi muets, et à quoi bon revenir sur le cas de Merlin Gérin, fabricant de disjoncteurs alésiens, déjà évoqué dans notre n°284. La direction du groupe Schneider Electric, même si elle se refuse de parler de suppressions d’emplois a confirmé sa volonté de fermeture de certaines chaînes de production. Une réaction de repli qui confirme les difficultés rencontrées par ce secteur, plus soumis que les autres aux fluctuations des tendances nationales. La relance pour le moment ne passe que par la consommation, de biens alimentaires ou de consommation courante, et leur baromètre même s’il chute (jusqu’à 47), part d’un chiffre relativement haut (60/51). Pour les biens d’équipement en revanche, la baisse est déjà plus rude. Ce qui se répercute d’autant plus douloureusement sur les industries de biens intermédiaires, tout aussi touchées, mais sans véritable marge de réactivité (le baromètre plonge de 46 à 37, le point le plus bas des 4 secteurs industriels du baromètre CCI). Une situation très inquiétante pour le bassin alésien, plus que d’autres zones tourné vers ce secteur. Conjoncture industrielle dans le Gard : La santé des entreprises sous surveillance rapprochéeLe baromètre de Code 30 a été créé en 1992, période déjà troublée par une crise économique et financière d'ampleur mondiale. Il avoisinait alors les 35 points. Début 1996, il était de 41 points, sa plus mauvaise performance après la période de création. De quel côté évoluera le curseur ? Les analystes de Code 30 évoquent "La morosité de la demande et les carnets de commandes peu remplis", mais prévoient toutefois une stabilité du baromètre, voire une légère hausse pour trois des secteurs industriels étudiés. C'est pour coller au plus près de la réalité économique, que Code 30 a décidé de mettre en place un panel de 120 entreprises qui seront appelées à donner leur avis chaque mois. Elles feront part de leur état de santé mais également de leur avis sur des sujets d'actualité*. Dans la même idée de soutien logistique ciblé, une étude sur les services aux entreprises est lancée pour comprendre les flux de fonctionnement entre l'offre des prestataires et la demande des entreprises.
La C.M.A. 30 lance une enquête de conjonctureLa Chambre de Métiers et de l'Artisanat du Gard réalise, en ce début d'année 2009, une enquête de conjoncture sur le secteur des Métiers Gardois. Le nombre et la qualité des réponses des Chefs d’Entreprises artisanales de tout le Gard sont indispensables dans ce projet. Aussi, la CMA 30 demande à tous les Artisans du Gard de bien vouloir remplir ce questionnaire, que l’on trouve en se connectant sur le site Internet de la CMA30: www.cma-gard.fr Ce questionnaire sera exploité par le Service "Création et Développement des Entreprises" de la CMA 30. Il permettra d'avoir des informations sur la santé du Secteur des Métiers, et les besoins des Entreprises Artisanales dans le Gard. Les informations recueillies resteront strictement confidentielles ! Les artisans seront tenus informés aux environs de Mai 2009. Pour tous renseignements, contact : AlbanVERNASSAUD,Service CréationetDéveloppementdes Entreprises de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Gard, 04 66 62 80 40.
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