| Chambre de métiers : 70 ans d'actions |
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| Lundi, 09 Janvier 2012 10:30 | |
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La chambre de métiers et de l'artisanat célèbre en juin prochain ses 70 ans. Un an après son élection, le président Serge Alméras se pose en réformateur de l'institution. En 2012, la chambre de métiers fêtera ses 70 ans. Comment allez-vous célébrer cet anniversaire ?
Pour les 70 ans, ce sera le 15 juin. Nous ferons une manifestation comme la fête de la formation l'été dernier (voir Gard Éco n°411). Nous faisons descendre le président de l'APCM (assemblée permanente des chambre de métiers), notre tête de réseau. Nous allons essayer de faire parler du secteur de l'artisanat, vital pour l'économie gardoise avec ces 16 000 petites entreprises qui irriguent un peu partout le département. Après un an de présidence, quel bilan tirez-vous ? Nous nous sommes engagés sur des thèmes bien précis, comme l'accueil des artisans à la chambre, être au plus près d'eux. Le premier bilan est plutôt positif. Nous sommes en train de mettre en place une plateforme téléphonique qui sera très performante. Les artisans auront des réponses rapides à leurs questions par un premier coup de fil et si toutefois il y a un problème, nous nous engageons à rappeler nous-même sous 48 heures. Quand on connait les conditions de travail des artisans, on se dit que c'est quand même un plus. Nous voulons à travers cela donner une autre image de la chambre. Pendant la campagne, on nous disait : "c'est une administration, des fonctionnaires". La réalité, ce n'est pas cela. La chambre de métiers a tout un potentiel de services pour accompagner les entreprises dans leur développement, leur pérennité, leur reprise, leur transmission. Mais les gens ne le savent pas. Nous avons par exemple un médiateur du crédit ici. Plutôt que de s'isoler et d'attendre que ce soit cuit, il vaut mieux en parler en amont même si c'est peu glorieux. Nous avons pendant cette campagne soi-disant rapproché des personnes qui ne pouvaient l'être. Je peux vous dire que cela fonctionne très bien. Tous les élus ont trouvé leur place. Certains peut-être ne sont pas assez investis mais il reste quatre ans pour qu'ils s'y mettent. Je crois que nous avons une équipe soudée. Même s'il y a des débats en interne, nous avons une position unique quand nous sortons de la chambre.
Où en est-on du processus de régionalisation des chambres de métiers ? C'est un pataquès. En Languedoc-Roussillon, nous avons choisi de rester indépendant avec une chambre régionale. Nous allons sur des compétences communes pour faire des économies d'échelle mais il faut le faire de manière intelligente. Là nous essuyons les plâtres. Nous avons voté le budget qui était une compilation des budgets des cinq chambres départementales avec des choses pas acceptables. Un département - que je ne citerai pas - présentait un budget avec une augmentation de la masse salariale de 12%, alors que la moyenne des autres était de 4% ou 5%. Il faut préciser les règles : qui fait quoi, quand et comment. En plus politiquement ce n'est pas gagné parce qu'il y a des dissensions entre présidents. Un problème majeur : On veut régionaliser les compétences communes mais que fait-on du personnel ? Il faut les préparer. Humainement, cela coince. Peut-être qu'on y arrivera, mais je ne fais pas partie des optimistes. Autre effet de la régionalisation. Les entreprises artisanales ont chaque année un droit fixe à payer à la chambre de métiers plus un droit additionnel, fixé par les assemblées des départements. Avec la régionalisation, on nous a imposé un taux unique. Sauf que le taux dans le Gard était de 60%, et que nous nous sommes retrouvés à 85%. Nous avons encore une fois mis la charrue avant les bœufs. Nous avons voulu par exemple régionaliser, nationaliser même le bulletin de paie. L'APCM a mis à disposition un logiciel de paie. Sauf qu'ils n'ont pas pensé que la paie ne se faisait pas partout pareil. Et ce logiciel ne marche pas. À tel point qu'il a été retiré. Mon souci, c'est qu'après la régionalisation, il y a une autre étape. Ce n'est pas dit ouvertement mais il s'agit de centraliser au maximum le réseau. Je suis vent debout contre cela. Si on fait fonctionner le réseau de manière homogène, nous allons perdre les bonnes idées ici ou là, car les chambres sont très créatives. Alors que cette année 2012 s'annonce difficile, est-ce que l'artisanat peut être un moteur de croissance ?
Nous ne serons pas la solution industrielle. Mais il faut nous faire confiance. Créons des filières locales. Nous pouvons vraiment avoir des projets en inter-consulaire avec la chambre d'agriculture et les CCI (pour la distribution) et toucher l'économie du département. On entend une grogne de plus en plus forte contre les auto-entrepreneurs, en particulier chez les artisans du bâtiment. Quelle est votre position ? Cela a évolué quand même par rapport a début : il faut une exigence de qualification, les auto-entrepreneurs sont obligés de s'inscrire dans les répertoires, aux métiers ou au commerce. Sauf qu'ils sont exonérés de tout financement. Là il y a déjà un petit déséquilibre. Ne me dites pas que c'est normal qu'un auto-entrepreneur déclare zéro euro de chiffre d'affaires en fin d'année ! Ce n'est pas leur rendre service : les auto-entrepreneurs ne cotisent à rien et nous allons nous retrouver avec des gens à 65 ans qui ne seront couverts que par la CMU. C'est l'exemple même de ce qu'on a voulu faire dans la précipitation. On n'a pas consulté et on nous balance cela pour sortir les gens du chômage. Je comprends l'intérêt politique. Mais l'intérêt économique, où est-il ?
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Avant la fête, il y a le projet du CFA, avec un nouveau bâtiment de 6000 m² à côté du grand parking que la mairie va nous donner. Nous allons faire un bâtiment basse consommation pour la formation des apprentis avec hébergement et restauration. Un équipement qui nous manquait jusqu'à présent. La Région va arrêter de financer un CFA de dix apprentis ici, dix apprentis là. Mais pour faire venir des apprentis des P-O ou de l'Aude, il faudra pouvoir les accueillir, les héberger, les restaurer. Nous avons sélectionné trois architectes et nous avons de bonnes chances de boucler le financement de 22 M€, la Région abondant largement. C'est une sorte d'université des métiers de l'artisanat.
En tout état de cause, nous continuons à embaucher et créer des emplois. Là nous allons souffrir. Mais les entreprises artisanales sont de toutes petites structures qui s'adaptent de manière formidable. J'ai mille exemples à vous donner d'artisans qui m'ont dit lors de la crise il y a un an et demi "je n'ai pas pris de salaire ce mois-ci pour que mon entreprise tourne". Je vous défie de voir cela nulle part ailleurs. Nous courbons le dos, nous nous adaptons. L'artisanat, c'est du rosier, c'est souple. Nous allons tenir la crise avec des pertes. Beaucoup de gens vont se tourner vers notre secteur parce qu'ils seront licenciés et qu'ils créeront leur entreprise.