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CGPME du Gard : 10 ans, et tous ses talents… PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 26 Juin 2009 00:00

Entreprises, talents, territoire : Voir plus loin que la crise

C’est en regardant délibérément vers l’avenir que Henry Douais a choisi de fêter les dix ans de l’implantation de son  syndicat professionnel qui défend les TPE, PME, professions libérales et entreprises artisanales du Gard.

Une fête qui s’est voulue surtout utile aux entreprises, en rassemblant autour d’un thème d’actualité : comment inventer l’avenir ensemble ? Au lieu de se morfondre en se demandant quand cessera la crise, la CGPME Gard a voulu répondre à la question : comment être fin prêt pour faire face au redémarrage de l’économie ? Henry Douais, président départemental, avait choisi, lundi 22 juin, de répondre en posant «Une équation pour le futur : entreprises, talents, territoire ». Pour ce faire, trois tables rondes ont permis aux intervenants d’évoquer : le talent du territoire (innovation, créativité) ; le développement économique et touristique ; l’enjeu social et économique (prévention des risques professionnels, formation-emploi).

La synthèse des travaux a été faite par Henri Le Marois, président du conseil scientifique en Mastères de management du développement territorial. Elle donnera lieu à l’édition d’un «Livre blanc » dont Henry Douais voudrait tirer profit pour élaborer un projet stratégique à l’horizon des 20 années à venir. L’ouvrage développera les atouts du Gard, ce territoire défini comme « attractif et accueillant, un trésor avec des racines muticulturelles, qui a su développer ses qualités d’accueil sans perdre la qualité et la douceur de vivre proposée à ses habitants ».

Du travail, mais de l’espoir

Un territoire également « idéalement situé, peu éloigné de  tout, puisque à un maximum de 4 h de la Belgique, et qui possède des valeurs solides et solidaires », autant que des «pôles d’attraction d’excellence et d’opportunité ». Quelle meilleure preuve pour soutenir ces affirmations que la croissance moyenne de 1% l’an du nombre d’habitants ? C’est donc aux 40 000 entreprises (dont 15 500 emploient moins de 10 employés) de se préparer à faire face à un avenir qui sera ce que les entrepreneurs en feront.
Rien n’étant parfait, le Gard doit encore travailler à parfaire ses capacités, en cernant mieux son identité et en valorisant cette identification au plan national. La recommandation sur l’impérative nécessité d’agir sur une «infrastructure qui laisse à désirer » a du en faire bouillir plus d’uns tant le débat sur la LGV, sa gare gardoise et la Rhodanienne dont d’actualité. Enfin, si le chômage est plus élevé qu’ailleurs (ndlr : on sait que le Languedoc-Roussillon, important créateur d’emplois génère en parallèle un chômage des nouveaux arrivants), le Gard peut s’enorgueillir d’une balance commerciale positive avec 1,6 Md€ d’exportations,  pour 1,3 Md€ d’importations.

Conclusion évidente : Les petites et moyennes entreprises sont les seules capables de développer les «petites et moyennes solutions » qui peuvent permettre de surmonter la crise et d’inventer le futur. Celles du Gard ont été interrogées par la CGPME et 86 % des 18 700 qui ont répondu déclarent avoir un projet en cours.

L’humain en valeur ajoutée

Henry Douais donne volontiers les chiffres de ses adhérents. Pour son syndicat, la crise est un catalyseur qui fait prendre conscience aux entrepreneurs que la force vient de la solidarité, et de la proximité. Le nombre des adhérents gardois de la CGPME est aujourd’hui de 600, il a été multiplié par 3. Les autres chiffres concernent les sièges et mandats des élus CGPME :
- 17 élus en chambre de commerce de Nîmes (lire page suivante)
- 15 élus en chambre de commerce d’Alès
- 4 juges consulaires pour le département
- 23 conseillers des prud’hommes
- 2 représentants RSI (régime social des indépendants)

Les élus du syndicat eux, siègent au conseil d’administration de l’URSSAF, à la CPAM, la CRAM , l’URCAM et la CAF, ainsi qu’au Tribunal des affaires sociales. Ils représentent également les TPE/PME au Conseil économique et social régional, à Pôle Emploi, au FONGECIF, à l’AGEFA, et aux AGEFOS, affirmant ainsi leur rôle de conseil et de ressources dans les domaines de l’économie, du juridique et du social.

Au plan régional, la CGPME est le relais des dirigeants de TPE/PME dans l’aide à la recherche de financements (aide au montage de dossiers), dans l’élaboration de plans de prévention pour sauvegarder l’activité et préserver les emplois (dispositif PRESERVE mis en place par la Région, en partenariat avec les CCI), dans la transmission et le financement des reprises de PME (dispositif ARTE PME qui a pour vocation de rapprocher cédants et repreneurs).

Et désormais, Henry Douais veut jouer une autre carte, celle à laquelle personne ne pensait jusqu’à présent : «la diaspora gardoise ». Enthousiasmé par le témoignage de l’un des intervenants, lundi matin, il veut tenter de recenser tous les gardois installés de par le monde, qui pourraient devenir des relais idéaux pour prendre la mesure de leur environnement, et soutenir les initiatives de leurs congénères, grâce à leur expérience de terrain.

Confédération générale des petites et moyennes entreprises du Gard  : Réformes, et prises de position

Le président national de la CGPME a été très pris toute la journée du lundi 22 juin dernier. Par les débats qui se déroulaient dans l’auditorium de l’hôtel Atria, mais également par l’évènement national du jour, le discours du président Sarkozy à Versailles. Ecartelé l’après-midi entre les deux, Jean-François Roubaud est remonté sur scène à la fin des débats en annonçant, en avant-première pour son auditoire, le grand emprunt national et la suppression de la TP. Surtout, déjà tenu au courant du remaniement qui s’annonçait, celui qui dialogue directement avec le gouvernement, a dû être soulagé de savoir que son interlocuteur habituel, et apprécié, Hervé Novelli, était confirmé dans son poste.

Prise de position sur certaines réformes

Taxe professionnelle : Bonne idée, qui ne peut que séduire les entrepreneurs déjà suffisamment taxés. Mais attention, de ne pas la remplacer par une nouvelle hausse de la fiscalité, sous peine de voir les adhérents à la CGPME «se fâcher tout rouge ».

Formation professionnelle : La meilleure solution préconisée par la CGPME, durant la crise qui sévit, et la chute des carnets de commande qui s’en suit (l’aggravation est patente : 70 % des entrepreneurs en font état), est de profiter de cette période pour former les employés de son entreprise, et se former soi-même. Il faut des aides pour cela, la CGPME est ouverte à de nouvelles propositions, mais il ne faut surtout pas oublier un point, érigé en principe «Les chefs d’entreprise doivent rester maîtres de la formation de leurs salariés ».

Travail dominical : L’idée peut paraître séduisante pour certains pôles économiques d’envergure, encore que…au vu du changement des habitudes des consommateurs, il serait bon de s’interroger sur la construction de nouveaux «Plan de Campagne ». En revanche, pour les artisans et commerçants, encore une fois, la décision doit leur appartenir. Mais ceux qui ont l’habitude de travailler le dimanche, sous l’égide d’une convention, seraient fortement ébranlés si on laissait se développer, face à eux, des magasins où les employés seraient payés le double. Pas d’hostilité donc, mais un nécessaire ajustement.

Statut de l’auto-entrepreneur : La CGPME n’y est pas hostile. «Cessons de réagir comme toujours, en étant contre toute nouvelle proposition, sinon aucune réforme n’est possible dans ce pays…Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, et voyons comment gérer les problèmes qui peuvent en découler… Il s’agit d’une activité complémentaire pour ceux qui veulent travailler plus, on ne peut que s’en féliciter. En revanche, ce statut doit être provisoire, limité dans le temps, et il faut absolument que l’auto-entrepreneur s’assure. Autre souci impératif, la vérification de ses qualifications professionnelles. Il y a des organismes pour cela, c’est à eux qu’il faut faire appel. Au bout d’un moment, si l’auto-entrepreneur travaille vraiment, il comprendra qu’il a plus intérêt à opter pour le régime général».

Le futur, c’est aussi la présidence de la CCI de Nîmes

L’économie, le social, sont des domaines que sous-tend la politique. A propos de la prise de position de la CGPME, quant à un éventuel rapprochement avec le MEDEF, déjà lancé dans la course à la présidence de la CCI de Nîmes en 2010 (www.cci2010.com), Henry Douais avait déjà prévenu qu’il attendrait les instructions nationales avant de répondre aux sollicitations que n’a pas manqué de lui lancer l’équipe de Eric Giraudier. Le président départemental CGPME en fait d’ailleurs partie de ces instances, et elles ne tarderont pas à faire part de leur décision. En attendant, Henry Douais, préfère continuer à soutenir ses adhérents, en pleine tourmente économique, plutôt que de projeter trop avant dans un futur insuffisamment déterminé. La réforme des CCI est en cours, tant qu’elle n’est pas connue par le détail, pourquoi perdre du temps à tirer des plans sur la comète ? Lui se veut concret, mais laisse filtrer son ambition : faire de la CGPME la première force patronale du département, puis de la région, tant la quantité et la taille des entreprises en Languedoc-Roussillon correspondent à cet objectif. L’association créée par le MEDEF a beau arguer de sa volonté d’une liste commune, ouverte à toutes les propositions, afin de «mutualiser les forces, plutôt que de les opposer », ainsi que de la présence dans l’association de certains membres de la CGPME, Henry Douais ne désarme pas «Le MEDEF a choisi son candidat tout seul, il devra l’assumer tout seul ». Sera-t-il lui-même candidat sur une liste opposée ? La réponse sonne plein, comme lorsque l’on frappe sur du bois : «Ca n’est pas important.  Que je sois candidat ou non aux prochaines élections importe peu ». Mais lorsque la CGPME réclame une alternance à la tête de la Chambre de commerce, on envisage mal qu’elle puisse proposer un autre nom qu’un président si omniprésent sur le terrain gardois.