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Mardi, 11 Novembre 2008 00:00 |
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Vendée Globe : Kito de Pavant, un Gardois dans la course
Parmi les 30 marins qui viennent de prendre le départ du "Vendée Globe", la plus difficile des courses à la voile – un tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance – le Gard pourra s'enflammer pour Kito de Pavant, un pur produit local ! C'est en effet depuis Port-Camargue que Kito et "Groupe-Bel", son bateau aux couleurs de "la vache qui rit", ont préparé cette aventure.
Quelques jours avant son départ, il nous livrait ses dernières impressions.
Gard Eco : Dans quelques jours, votre bateau - Groupe Bel – va quitter son port d'attache, Port-Camargue, pour rejoindre les Sables d'Olonne. Êtes vous prêt ?
Kito de pavant : L'équipe technique est sous pression depuis longtemps, ce qui nous permet à quelques jours du départ, de nous concentrer sur les points de détail. Car c'est sur ces point que l'on passe le plus de temps, et qu'une course peut se jouer.
Les bateaux sont de plus en plus complexes, avec beaucoup d'électronique et d'informatique embarqués. Notre recherche au quotidien consiste à simplifier un maximum de choses, et c'est précisément ce qui est très complexe !
Le bateau est un élément primordial dans ce type d'aventure ?
Evidement, le bateau compte beaucoup. Il doit être rapide, solide et fiable. Mais il y a aussi le bonhomme, qui est là pour manier un bateau pas simple. Il faut notamment gérer la fatigue du matériel. Puis, comme dans toute régate, il faut aller au bon endroit, adopter la bonne stratégie, avoir une bonne connaissance des systèmes météo, avoir un peu de réussite aussi, et faire attention de ne pas aller trop vite !
Sur quoi se gagne ce type de course ?
C'est un ensemble de choses qui font que l'on va être en phase avec ce qui se passe sur l'eau. Dans une régate, que ce soit entre trois bouées, ou entre trois glaçons comme ça va être la cas, le principe est le même. Pendant 90% du temps, il ne se passe pas grand chose. Il suffit de suivre le rythme, et ça, on y arrivera. Puis, il y a des points clé qu'il ne faut pas rater. Il faut anticiper, les voir venir, car c'est à ces moment là que le bateau doit être à 100% de ses possibilités. Pour ça, il faut aussi que le bonhomme soit à 100% de ses capacités, et être lucide pour faire les bons choix lorsqu'ils se présentent. Quelquefois, tout se passe en quelques heures, sur un petit décalage qui va faire la différence. Tout se joue au moment des changements de système météo.
Une part de chance ?
Il y a forcément une part de réussite, car il faut être au bon endroit au bon moment, mais pour y être, il faut aussi être très performant pendant toutes les séquences durant lesquelles il ne se passe pas grand chose.
Comment estimez-vous vos chances de victoire ?
Nous savons que nous avons un très bon bateau, conçu spécialement pour le Vendée Globe, qui fera partie des plus rapides de la flotte. Le bateau et le skipper ont le potentiel pour performer. Les aléas feront le reste. Je suis sûr d'être capable de performer, si l'environnement de la course m'est favorable. Tout ne se passera pas sans problème, mais c'est celui qui aura le moins de difficultés qui aura les plus grandes chances de l'emporter. Je suis assez confiant sur notre potentiel
Votre sponsor, Groupe Bel, semble avoir mis les moyens pour cela…
Groupe Bel nous a donné des moyens très importants pour ce projet là. La relation entre nos deux entreprises est très bonne, basée sur la confiance. Le budget global de fonctionnement, incluant la fabrication du bateau et le fonctionnement de la structure pendant quatre ans représente 8 millions d'euros. A cela s'ajoutent quelques millions d'euros pour la communication du projet, en interne essentiellement.
Que cherchent-ils en investissant une telle somme ?
Ce genre de projet répond pour eux à certains problèmes de communications qu'ils rencontraient, notamment en termes de recrutement. Car Groupe Bel est une entreprise qui recrute énormément, qui a de l'ambition et qui se développe beaucoup, y compris à l'étranger. Ils ont besoin de jeunes gens qui sortent des grandes écoles, et qui ont le choix entre plusieurs grandes entreprises. Peu d'entre eux connaissent le Groupe Bel, car c'est la première fois qu'il apparaît ainsi dans les médias. L'autre dimension, interne, repose sur la motivation des équipes dans les usines, ou au siège. Aujourd'hui, il y a une vraie cohésion autour de ce projet là. Tous sont fiers d'appartenir au Groupe Bel. C'est très important pour moi d'aller visiter les usines du groupe, et de rencontrer tous ces gens qui me soutiennent.
Pourquoi avoir choisi de vous baser à Port-Camargue ?
La problématique qui était la mienne quand nous avons décidé de nous lancer dans ce projet, était de trouver un port d'accueil capable de répondre aux caractéristiques techniques du bateau. Mais mon cahier des charges comportait aussi la possibilité de disposer de bureaux, et d'un local technique à proximité du bateau. Je me suis naturellement tourné vers Port-Camargue, parce que je connais bien la mairie du Grau-du-roi, étant donné que j'ai une plage à l'Espiguette ("l'Espiguinguette" ndlr). Depuis 35 ans que je suis ici, j'ai quelques amis et quelques appuis. Port-Camargue pouvait m'offrir ce dont j'avais besoin pour ce projet là. Les responsables du port et de la mairie ont joué le jeu, et je remercie toutes les équipes locales de m'avoir accueilli.
Port-Camargue : quand les professionnels s'allient
Regroupés en association depuis plusieurs années, les professionnels de la plaisance de Port-Camargue veulent aller plus loin en créant un groupement d'entreprises dans le but d'acquérir du matériel en commun. Premiers investissements envisagés, une cabine de peinture de très grande taille, et des cabines de sablage, afin d'asseoir un peu plus la démarche de développement durable autour du plus grand port de plaisance d'europe. Une démarche qui colle en outre avec le positionnement recherché par des professionnels qui veulent faire de la zone technique de Port-Camargue une référence pour l'entretien des bateaux de grande taille.
Reste pour aller plus loin à s'assurer du soutien financier de la Région et de l'Europe pour l'acquisition de ces matériels communs. Et même si la Région semble prêter une oreille bienveillante à ces projets, les délais d'instruction demeurent incompressibles !
Mais l'autre grand projet de l'association demeure la mise en place de formations adaptées aux métiers du nautisme, afin d'éviter aux jeunes des environs de devoir partir jusqu'à Perpignan, et son lycée des métiers de la mer.
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Autour de Kito : une PME de six personnes
Depuis plusieurs mois, Sixteam, la société créée par Kito de Pavant pour la préparation du Vendée Globe Challenge, emploie de façon permanente six personnes, auxquels viennent s'ajouter les renforts temporaires et spécialisés. Une dizaine de collaborateurs ont ainsi participé aux derniers réglages du bateau avant le grand départ pour les Sables-d'olonne.
Un recrutement qui peut virer au casse-tête pour trouver les personnes aux compétences pointes dans des domaines ou la plupart des savoir-faire s'acquièrent sur le tas. C'est la cas par exemple de Laurent Châtaignier, spécialiste du matelotage. Un métier qui avait quasiment disparu, puisqu'il consiste à préparer les différents cordages utiles sur un bateau. Chassés par l'apparition du câble métallique, ces "cordes" reviennent sur le devant de la scène grâce à l'apparition de nouvelles fibres aux performances meilleures que l'acier, pour un poids moindre.
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Naissance du "Spi and Spa"
Il n'y a pas que sur l'eau que les projets vont bon train à Port-Camargue. Même s'il borde le port, et que son nom est celui d'une voile de bateau, le Spinaker est bien un hôtel, l'un des plus côtés de la région. Et il devrait le rester, après les travaux à venir cet hiver, qui vont donner naissance au "Spi and Spa", une extension quatre étoiles du Spinaker composée de quinze grandes suites (80 m² chacune) disposant chacune d'un jardin privatif et clos. Ajoutez à cela 350m² de spa, et vous obtenez ce que Marie-Claude Cazals décrit déjà comme "un espace pensé pour la détente et le bien-être". Sa cible : les hommes d'affaires à la recherche d'un havre de paix suffisamment proche pour en profiter le temps d'un week-end ou d'une semaine.
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Team Winds : Promouvoir la voile pour l'entreprise
Opérationnelle depuis le mois d'avril, la nouvelle flotte de voiliers de régate installée en face du quai d'escale de Port-Camargue est le résultat d'un appel d'offres un peu particulier lancé par la régie du port : en échange de la mise à disposition d'une vingtaine de places au port (une denrée rare en méditerranée), les opérateurs capables d'installer une flotte de voiliers à la location ont été mis en concurrence, afin de promouvoir la "voile d'entreprise", au travers de séminaires et autres régates corporatives.
Vainqueur de cet appel d'offres, la SARL Team Winds est opérationnelle depuis le 10 avril dernier. Cette nouvelle structure est détenue par, d'un coté, la société Atlantique Temps réel, spécialisée dans ce type d'activités, et disposant déjà de deux bases de location (la Trinité-sur-mer et Lisbonne), et de l'autre par la société Ettore Yachting, présente sur la zone technique de Port-Camargue depuis de nombreuses années.
Disposant pour l'heure d'une quinzaine de voiliers de type "Grand surprise" (cinq nouvelles unités devraient être rajoutées courant 2009), Jean de Froberville, responsable de la base, se réjouit de ses premiers mois d'activité. Une activité déclinée pour l'heure autour de l'organisation de séminaires d'entreprise (sur une après-midi, ou une journée), et de régates corporatives qui peuvent s'étaler sur plusieurs jours dans une environnement plus orienté vers la compétition. A cela s'ajoute la location aux particuliers ou aux entreprises pour prendre part aux régates locales organisées dans la baie d'Aigues-Mortes.
Quand au potentiel restant à exploiter, Jean de Froberville est formel : "il est énorme" ! A trois heures de Paris en TGV, la base de Port-Camargue offre un plan d'eau idéal pour ce type de navigation:
"ici, il ne fait pas trop froid, la baie d'Aigues-Mortes est très agréable à pratiquer, même par des conditions musclées"
Son seul regret, le manque de relais de la presse locale : "En Bretagne, chaque régate, chaque évènement est très bien couvert par la presse. Ici, on sent un manque d'engouement"
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