| Bilan de la Feria : Nîmes retrouve sa marque |
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| Lundi, 15 Juin 2009 00:00 |
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En annonçant 45 millions de retombées économiques pour 1 million d'investissement, la ville de Nîmes tire un bilan très positif de la Feria de pentecôte. La Feria 2009 en chiffres
- Entrées dans les arènes : 84 700 (96 000 en 2008 et 86 600 en 2007) mais la corrida du dimanche matin annulée à cause de la pluie. 8 600 places étaient réservées, auxquelles il faut ajouter les billets qui auraient été vendus le matin même. Deux corridas ont enregistré plus de 13 000 spectateurs (vendredi et samedi après-midi) : Le record a été atteint le samedi après-midi avec 13 131 spectateurs. - Pégoulade : 11 500 spectateurs, pour le final dans les arènes et 1 200 participants au défilé alors que 950 prévus initialement. - Navettes : Sur 5 jours : 98 363 voyageurs soit une légère baisse par rapport à l'année 2008, qui comptait un jour férié supplémentaire. Le record a été atteint le samedi avec 29 700 voyageurs en une journée. - Sécurité : 103 personnes ont été placées en garde à vue (93 en 2008) dont 11 pour violence (37 en 2008). Sur les 1027 contrôles d'alcoolémie au volant effectués, 48 procédures ont été entamées.
Jean-François Boyer - L'impérator : Un marketing "au champagne"Le temps de la Feria, Jean-François Boyer prend les commandes de l'un lieux les plus prestigieux de la ville : l'Imperator. Du restaurant jusqu'à la très branchée bodéga "VIP", en passant par les soirées dans les jardins de l'hôtel, sa mission est de faire en sorte que l'hôtel 4 étoiles reste fidèle à sa réputation de lieu incontournable des nuits Nîmoises. Gard Eco : Quel est votre premier sentiment à quelques jours de la fin de cette Feria ? Jean-François Boyer : Je suis très content, et pour de multiples raisons. La première, c'est que malgré la morosité que l'on avait annoncée, le monde était là. On est légèrement en dessous de l'année dernière, qui était historique. C'est donc une très belle année. GE : La présence de telles personnalités apporte t'elle un plus à vos évènements ? JFB : En termes de médiatisation, l'intérêt pour ce que l'on appelle les "people" est aujourd'hui reconnu. Et nous surfons là-dessus. Ils sont à Cannes, à Rolland-Garros, à nous de faire en sorte qu'ils soient aussi à Nîmes, et si possible, à l'Impé ! GE : Comment faites-vous pour vous assurer de leur présence ? JFB : Tout l'hiver, je fréquente les plateaux de télévision, ou les lieux incontournables comme le festival de Cannes, ou le Grand prix F1 de Barcelone, ce qui me permet de rencontrer ces personnalités, et leurs amis. GE : Comment avez-vous jugé cette édition 2009 de la Feria ? JFB : Je pense que qualitativement, elle a marqué une étape, a pris une nouvelle dimension, une montée en gamme. Lorsque l'on a 3000 personnes dans les jardins de l'Impérator, on voit qui ils sont, comment ils s'amusent, comment ils se comportent. Là, en six soirées, nous n'avons eu aucun incident, ça a été une Feria propre. GE : Nîmes peut-elle choisir sa clientèle ? JFB : Tout est une question de marketing. Face à d'autres évènements, à nous de décider du ciblage de notre clientèle. Pour attirer ce que l'on appelle les CSP+, les gens qui ont les moyens, il faut miser sur la qualité, à commencer par celle des lieux. Et nous avons un lieu magique, ce sont les arènes. Voilà pourquoi le travail de positionnement marketing commence par les cartels prestigieux tels que les constitue Casas depuis plusieurs années. Si en plus, chacun des acteurs, publics ou professionnels s'attache à organiser des évènements de qualité, chaque petite pierre vient consolider cette image de la Feria. GE : Et pour aller encore plus loin, faire mieux, de quoi auriez-vous envie ? JFB : Une communication beaucoup plus forte, au moins à l'échelle locale. Je rêve de voir une communication avec de grands panneaux d'affichages entre Marseille et Perpignan. Emmanuel Durand : Au cœur de la culture taurineAvant d'être un rendez-vous de noctambules, la Feria de Nîmes est avant tout un rendez-vous tauromachique de premier plan. Emmanuel Durand, nouvellement élu à la présidence de l'association des Amis du musée taurin de Nîmes nous livre son sentiment sur cette édition. Gard Eco : quel est le sentiment général que vous garderez de cette Feria ? Emmanuel Durand : Le point que je retiendrai en priorité, c'est une pégoulade plus proche de l'esprit des nîmois. Elle était peut-être moins spectaculaire, moins "parisienne", mais elle a répondu d'avantage aux attentes de la fête de la rue, beaucoup plus populaire. Nous sommes revenus vers l'image de ce que voulait mon grand-oncle Claude Baillet (ancien Maire de Nîmes, ndlr), lorsqu'il a lancé la Feria en 1952, avec ces mots "La rue est à vous…". La Feria revient aux nîmois. Gard Eco : Et concernant ce que vous avez pu voir dans les arènes ? ED : Sur le plan purement tauromachique, je pense que Simon Casas a une politique d'hyper qualité dans la programmation et dans le choix des élevages, avec les aléas qui font que ça peut fonctionner une fois, et pas la suivante. Mais lorsque ça fonctionne, c'est grandiose et ça rayonne, comme on a pu le voir avec la corrida du vendredi. Le seul bémol reviendrait à la présentation des taureaux qui n'est pas forcément à la hauteur d'une arène de première catégorie telle que la revendique Simon Casas. Quoi qu'il en soit, en lisant les commentaires dans la presse espagnole, on constate que Nîmes trouve sa place et son identité parmi les Feria de premières catégories sur le plan tauromachique. GE : Vous venez de prendre, ou plutôt de reprendre la présidence de l'association des amis du musée taurin, a quoi sert-elle au juste ? ED : L'association sert à voir l'aboutissement d'un musée taurin de plein exercice. C'est une idée qui a démarré en 1979 avec l'arrivée à Nîmes de Claude Viallat. La création d'un musée taurin était alors son sujet de thèse aux Beaux-arts. Les statuts de l'association ont été déposés en 1986, avec l'ambition de lancer une phase de préfiguration d'un musée taurin, tout en partant à la recherche d'un lieu. La municipalité Clary, après avoir envisagé plusieurs emplacements a finalement saisi l'opportunité d'acquérir les locaux de l'ancien crédit municipal, en nous demandant de déposer un projet de restructuration des lieux, en même temps qu'un projet scientifique et culturel. Ce que nous avons fait en 2000. Pour la suite, Jean-Paul Fournier qui avait indiqué au cours de sa campagne municipale que l'une de ses premières actions serait de donner vie à ce musée, a coupé le cordon d'inauguration dès la première Feria de son mandat. GE : Près de trente ans après les prémices, quels sont les nouveaux projets ? ED : Nous sommes toujours dans la même dynamique, avec l'ambition d'investir le deuxième étage du bâtiment. Même si actuellement, les problèmes techniques et financiers ne permettent pas le lancement des travaux, nous sommes là pour pousser à ce que Nîmes dispose de fonds permanents dédiés à la culture taurine locale, à la tauromachie espagnole, et à la course camarguaise, ainsi qu'une exposition tournante pour animer le musée. - Durant la Feria, le musée accueille en moyenne 1500 visiteurs par jour. Le reste de l'année, une centaine de personnes franchissent quotidiennement les portes du musées.
- Outre Emmanuel Durand qui renoue avec une présidence qu'il avait déjà occupée de entre 1992 et 1994, le nouveau bureau de l'association "Les Amis du Musée Taurin" est composé de Claude Viallat (vice-président), Marc Leenhardt (trésorier) et Michel Baillet (secrétaire). Frederic Moline - Bodega "Mano a Mano" : Une prestation "pro" qui séduit les "pros"A côté des traditionnels cafés, hôtels et restaurants, certains lieux se transforment en bodega, le temps d'une parenthèse festive. C'est le cas de "Mano a Mano", qui après sept années d'existence, investissait pour la première fois l'enceinte de l'institut Saint Stanislas, Rue Chassaintes. Gard Eco : D'un point de vue général, comment s'est passée cette feria ? Frédéric Moline : Pour nous, c'était presque une découverte, puisque après sept ans, nous avions changé de lieu d'implantation, en nous rapprochant du centre-ville, vers une position plus centrale. Nous avons étés agréablement surpris, puisque les clients de la bodega "Mano à Mano" nous ont suivi. GE : Quelle est la recette pour parvenir à imposer son nom parmi l'offre abondante de lieux festifs durant la Feria ? FM : Lorsque nous avons donné vie à ce projet en 2002, nous nous sommes attachés à le conduire avec le plus grand professionnalisme, en y proposant des animations et un concept qui doit donner envie aux gens de s'amuser. Il faut que les gens se sentent en sécurité, et qu'ils s'amusent. Après, tout est question des moyens que l'on y consacre. En ce qui nous concerne, les animations, le son, la lumière, la restauration pour les entreprises VIP, nous permettent de marquer notre différence. Nous cherchons à créer un lieu dans lequel nos clients ont envie de convier leurs invités, leurs collaborateurs, leurs clients, avec la garantie de passer une bonne soirée. GE : Les entreprises représentent-elles une partie importante de votre clientèle ? FM : Le réceptif VIP pour les entreprises n'est pas forcément l'activité la plus lucrative, la restauration représentant une part marginale de notre chiffre d'affaires, mais le fait de proposer un service complet leur permet de venir et d'inviter leurs clients. GE : Est-ce que la Feria est un bon moment pour faire des affaires ? FM : Il faut rester réaliste, et reconnaître que le soir, la plupart des gens perdent une partie de leur lucidité… Et faire des affaires dans ces conditions n'est pas toujours efficace ! Je ne suis pas convaincu que la Feria puisse servir à faire des affaires. Par contre, c'est une bonne occasion pour faire plaisir, remercier un client, un partenaire ou des collaborateurs, dans une ambiance détendue. |








