| Bassin alèsien : Les moteurs relancent l'économie |
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| Lundi, 03 Octobre 2011 08:00 |
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L'entreprise Crouzet va installer un centre d'expertise technique à Alès pour remplacer son usine. Un investissement soutenu par les collectivités locales pour aller vers le haut de gamme et conforter l'emploi dans la région.
Le montant de l'investissement n'a pas été dévoilé, mais il devrait être l'un des plus conséquents depuis l'arrivée de Crouzet sur le bassin industriel il y a 40 ans. Avec ce bâtiment de plus de 4000 m², les dirigeants de Custom Sensors et Technologies (CST), groupe mondial propriétaire de Crouzet, entendent parachever la transformation de leur filiale moteur entamée il y a quelques années. Objectif : aller vers le haut de gamme, a expliqué Eric Pilaud, Pdg français de CST, qui a fait le déplacement dans les Cévennes depuis le siège californien. "Il y a trois ans, nous fabriquions des moteurs pour grands volumes comme les machines à laver ou les essuie-glaces assez faciles à répliquer. Les Chinois sont maîtres du monde pour cela. Et contrairement à ce qu'on dit, ils savent faire de la qualité. Avec les moteurs haut de gamme, vos clients s'en fichent que les ingénieurs français coûtent plus cher." Finies les lourdeurs des lessiveuses. Place aux moteurs nouvelle génération à forte innovation. "La période de rétrécissement est terminée", a affirmé Eric Pilaud. Crouzet a compté jusqu'à 800 salariés, aujourd’hui entre 160 et 200 selon les bseions. Comme beaucoup d'industries concurrencées par les pays émergents, la marque a lancé un programme de recherche et développement pour positionner Alès sur des marchés de niches. C'est dans le médical qu'il y aurait le plus de potentiel d'applications, notamment pour les scanneurs où aujourd'hui tout est robotisé, décrypte Philippe Roux, directeur de la division moteurs de CST, à laquelle est rattachée Crouzet. L'aéronautique, le ferroviaire, ou encore la gestion des accès des bâtiments constituent d’autres débouchés. Ce pari stratégique serait déjà gagnant, à en croire Eric Pilaud, qui promet pour les prochains mois le moteur le plus silencieux au monde. Des modèles "qui vont faire pleurer nos concurrents".
Ce repositionnement nécessite donc la construction de ce centre d'expertise technique. La francisation du terme "tech center". CST en a déjà construit un aux États-Unis pour son autre filiale moteur, BEI Kimco. "Le concept est éprouvé et redoutable", assure Philippe Roux. Ce centre technique va regrouper tous les services sous le même toit : conception, test et production. On y trouvera un laboratoire, un centre de prototype et une chaîne de montage. "On recherche la réactivité et la fiabilité, poursuit Philippe Roux. Aujourd'hui c'est le plus imaginatif par rapport au cahier des charges du client qui remporte le marché." Une haute technicité incarnée par ce centre flambant neuf qui doit trancher avec l'usine actuelle. "Je ne vais plus présenter Alès comme une usine mais comme un centre d'experts, affirme pour sa part Gérald Grandsire, directeur du site. Un lieu où se trouvent des gens capables de résoudre les problèmes des clients." Union politique sur le dossier Les dirigeants de CST se sont appuyés sur les collectivités locales, l'agglomération du Grand Alès et le Conseil général, via la Segard, la société d'économie mixte d'aménagement. C'est elle qui a été retenue pour la construction du centre technique. L'actuelle usine va être rétrocédée au Grand Alès. Les politiques ont travaillé main dans la main sur ce dossier, ont proclamé en cœur Max Roustan, député-maire UMP d'Alès et Jean Denat, président de la Segard et vice-président PS du Conseil général. L'accord entre Crouzet, la Segard et la collectivité a été signé en grande pompe, jeudi dernier, sous les dorures de la salle des mariages de la mairie d'Alès, histoire de donner un peu de solennité à l'évènement. "Les entreprises ont besoin de la confiance des élus locaux pour se projeter dans une autre dimension industrielle", a déclaré Max Roustan. "Cela nous donne un avenir", réplique en écho Gérald Grandsire. Les élus locaux peuvent ainsi certifier que la présence de Crouzet à Alès est pérennisée pour un certain temps. De quoi réconforter un peu une ville traumatisée par les fermetures et les plans sociaux, le dernier épisode en date remontant à quelques mois à peine avec la liquidation de Richard-Ducros. Côté emploi justement, Crouzet ne s'engage pas pour des créations de postes. L'entreprise mise sur la formation du personnel en place. "On embauche au fil de l'eau", dit Philippe Roux. Crouzet pense à terme avoir besoin d'ingénieurs. Ce centre technique doit les convaincre de venir dans les Cévennes. "On n'a pas de problème à retenir les gens, mais les faire venir est plus difficile", a analysé Eric Pilaud qui a rajouté en direction des élus : "on sait que vous ferez le nécessaire pour rendre Alès attractif".
Que faire de l'usine actuelle ?C'est l'Agglomération du Grand-Alès qui va reprendre l'usine Crouzet, située en face du Science park Louis Leprince-Ringuet de l'École des mines. Max Roustan n'a pas encore dit ce qu'il en ferait mais ce sera "pour le développement économique, comme on l’a toujours dit, tout comme les terrains de Richard-Ducros qu'on est en train de récupérer". En avril dernier les syndicalistes de Ducros avaient accusé le maire de profiter de la liquidation pour réaliser une opération immobilière.
Petite chronologie 1921 : Création des ateliers E. Crouzet qui prennent pour activité la mécanique générale La Segard mise sur l'immobilier d'entreprise"Oui, on a battu le privé !", lance Jean Denat, tout sourire. Le président de la Segard, la société d'aménagement détenue à presque 80% par le Conseil général, a donc été choisie pour construire le centre d'expertise de Crouzet. D'autres promoteurs étaient sur les rangs, confirme Philippe Roux, directeur de la branche moteur de CST, propriétaire de Crouzet. Le choix s'est fait sur des critères économiques et esthétiques, mais aussi sur la réactivité, explique Philippe Roux. CST voulait boucler le dossier le plus rapidement possible. La Segard a visiblement apporté les garanties sur ce point là, promettant de livrer le bâtiment prêt à l'emploi en 2013. Dans le deal conclu, elle va devenir propriétaire du terrain, jusque là détenu par Crouzet. Un échange de bon procédé. "La société investit dans son process industriel. On l'accompagne dans son patrimoine immobilier", résume Catherine Decaudin, la directrice de la Segard. La société d'économie mixte poursuit ainsi la diversification de ses activités vers l'immobilier d'entreprise. Un projet à Aimargues a déjà été livré. Un autre est prévu à Gallargues-le-Montueux. "On se positionne sur le développement économique", déclare Jean Denat. |






C'est un virage sans précédent qu'a officialisé la semaine dernière Crouzet. L'entreprise de moteurs, basée à Alès, prévoit l'installation d'un centre technique à l'horizon 2013. Les salariés vont quitter l'usine actuelle, construite en 1971, pour un nouveau bâtiment sur un terrain juste en face, situé sur le parc d'activités en haut de la montée de Croupillac, au nord-est de la ville.