Banque de France : À quoi sert l'euro ? PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 30 Janvier 2012 12:03

Pour sa deuxième conférence en partenariat avec l'école des mines, le directeur de la Banque de France, Nicolas Resseguier a choisi un sujet polémique. Dix ans après son arrivée dans nos portes-monnaie, l'euro est accusé de beaucoup de maux. Pourtant, quitter la zone serait suicidaire, affirme Nicolas Resseguier.

D'abord parce que la dite zone n'est pas en totale déconfiture comme la décrivent ses adversaires. Les indicateurs sont solides, selon Nicolas Resseguier : le commerce extérieur est équilibré, malgré un euro fort, et la croissance par habitant a progressé autant qu'aux Etats-Unis. Depuis 1999, l'emploi a quant à lui augmenté de 11%, contre 3% outre Atlantique.

"L'euro nous protège", martèle Nicolas Resseguier. Il permet d'éviter une crise monétaire qui aurait pu avoir lieu comme dans les années 80 quand le franc était attaqué, obligeant à des dévaluations. La monnaie commune réduit le coût de la dette publique avec des taux d'intérêt plus modérés. La France emprunte actuellement à 3% tout comme le fonds européen de stabilisation financière (FESF), créé pour aider les États en difficulté.

Sortir de l'euro provoquerait une flambée de ces taux. Par ailleurs, la France réalise deux-tiers de ses exportations dans la zone. Le déficit de la balance commerciale n'est donc pas qu'un problème de monnaie. Il faut au contraire plus d'intégration européenne, lance Nicolas Resseguier : accroître les capacités du FESF, surveiller les budgets (la fameuse règle d'or), réfléchir à des emprunts européens, voire à un ministère des finances de toute la zone.

Dernière conférence : "la guerre des monnaies aura-t-elle lieu ?", le mardi 7 février de 16h à 18h à Nîmes (site école des mines, parc Georges-Besse) et le mercredi 8 février à Alès de 8h à 10h et de 10h à 12h