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Atonis : Le pari de l'export PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 05 Décembre 2011 08:00

L'entreprise de services informatiques nîmoise lance un moteur de recherche innovant, en misant sur l'international. Une manière de s'imposer aussi en France.

Atonis technologies a fêté ses dix ans d'existence il y a deux mois. Et comme toutes les start'up de la génération des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication), elle a bien changé.

Lancée à Nîmes par Christophe Nauroy et Sofiane el Karoui au sein de l'incubateur de l'école des mines d'Alès, la société s'est imposée localement pour offrir des solutions web. Atonis technologies a ainsi créé le site internet de la Ville de Nîmes et son application mobile pour smartphone. "Dans notre métier, nous devons être une des plus grosses structures tant en effectif qu'en chiffre d'affaires, affirme Christophe Nauroy. Et aujourd'hui nous travaillons nationalement (projet pour Citroën, Mercedes). Nous réalisons plus de 50% de notre chiffre d'affaires en région parisienne".

Atonis mise désormais sur l'export pour poursuivre son développement. Le sésame qui doit lui ouvrir les portes du monde, ou tout du moins de nouveaux marchés, a pour nom Eyes. Easy engine search. Un moteur de recherche visuel et interactif.
"C'est un moteur fait pour cheminer dans un raisonnement et qui permet de fouiller", explique Christophe Nauroy. Derrière ce résumé un peu mystérieux, le profane peut retenir qu'Eyes n'est pas un moteur de recherche type Google. C'est plutôt un outil qui permet d'organiser une base de données et de l'exploiter de manière intelligente.

Une aide à la décision

Le premier apport du moteur est d'offrir une solution visuelle et interactive. Mais aussi des recherches multicritères. "Si on a deux critères de recherche, on peut pondérer le plus et le moins important, explique Christophe Nauroy. Quand je suis en train de rechercher, je peux ainsi réorganiser ma recherche." 

S'il peut à terme simplifier la vie des particuliers, il ne s'adresse pas à eux mais aux éditeurs de logiciels ou aux sociétés spécialisées. Christophe Nauroy repère deux cibles : "soit le client achète la solution comme un élément pour son propre projet, soit le client intègre Eyes dans des logiciels dont ils sont revendeurs. Eyes a un maximum d'ouverture en terme de domaines d'application."

 

Il peut par exemple servir au recrutement de personnel. Grâce à Eyes, un responsable ressources humaines peut organiser sa base de données, ici des CV, en fonction des compétences, ou de la formation ou même d'un projet précis pour monter une équipe.

L'autre intérêt de Eyes est de s'adapter à tous les supports : ordinateur classique, mais aussi tablettes et mobiles en jouant sur le tactile. Le fait que le moteur soit visuel permet aussi d'enrichir la base de données de vidéos.

Mais c'est sur la commercialisation que les créateurs d'Atonis technologies ont innové le plus. Forts des nombreux usages possibles de leur produit, les deux entrepreneurs se sont lancés cet automne dans un roadshow, pour présenter Eyes à Paris, Londres, New York et San Francisco (voir interview). Un voyage facilité par le réseau des maisons du Languedoc-Roussillon, présent à Londres et New York. Le but : montrer l'intérêt de leur trouvaille, mais aussi constituer un réseau pour la vendre. L'Amérique s'est imposée tant le pays reste une référence en matière de nouvelles technologies. "Vendre à l'export, c'est le meilleur moyen de vendre en France." Christophe Nauroy et Sofiane el Karoui regrettent la frilosité des Français qui n'accordent d'attention qu'aux produits d'abord repérés outre-Atlantique. Un passage obligé en somme.

Et un investissement dont ils espèrent tirer des bénéfices plus élevés que la création de sites web ou d'applications mobiles, leurs deux principales activités actuelles. S'il n'a généré que 5% du chiffre d'affaires d'Atonis cette année (sur un total de 480 000 €), Eyes doit rapidement devenir un produit phare. D'ores et déjà, les deux patrons visent 800 000 € l'an prochain (350 000 € en 2010), et envisagent de recruter trois personnes pour compléter l'effectif actuel de douze salariés.

Mais la démarche se veut aussi incitative localement. Peu d'entreprises dans le Gard osent le pari de l'export. La Région est prête à aider, confie Sofiane el Karoui. Mais pas pour une seule société. Il faut s'unir et monter des projets.

Prenons l'exemple d'un site internet de cuisine. Eyes est capable de souffler des idées de recettes pour les internautes en manque d'imagination, mais de manière innovante. L'utilisateur peut faire une recherche multicritères : le coût, les ingrédients, la difficulté, le temps de cuisson.
Les résultats de la recherche sont cartographiés. Un rendu visuel plus clair et qui permet une navigation tactile sur tablette et smartphone. Les réponses sont organisées en arborescence à partir d'un point idéal (en haut). Plus on en est proche, plus le résultat, en l'occurrence la recette, correspond aux critères demandés. Si on s'aperçoit en court de route que le critère prix est plus important que le critère temps de cuisson par exemple, il suffit de le modifier et la carte des résultats change.

 

Interview Christophe Nauroy et Sofiane el Karoui : "Vendre à l'export, c'est le meilleur moyen de vendre en France"

Quel bilan tirez-vous du roadshow de l'automne ?

11-12-06-atonisCela s'est bien passé. Nous avons démarré sur Nîmes parce que c'est le siège de l'entreprise et qu'il y a le partenariat avec l'école des mines. L'étape suivante, c'était Londres fin septembre grâce à la maison du Languedoc-Roussillon, un lieu avec une équipe qui nous a assistés pour l'organisation et la logistique. Nous avons profité du roadshow pour aller aux États-Unis, New York et ensuite San Francisco. Nous n'avons pas eu de remontée d'information disant "j'ai déjà vu cela, ça existe chez untel". Cela nous a conforté dans l'intérêt du produit, le côté innovant.

L'événement à New York nous a permis de rencontrer une société américaine, intéressée pour distribuer Eyes. San Francisco, c'est le cœur des TIC avec la Silicon Valley. Nous avons noué des contacts un peu plus étroits avec Ubifrance*, ce qui nous a permis de  candidater pour le French Tech Tour, une tournée d'entreprises françaises présentées aux grandes sociétés américaines, type Google, Amazone, etc

Eyes est le premier produit que vous voulez commercialiser à l'étranger ?

L'export, c'est vraiment nouveau. Jusqu'à présent, nous faisions plus de la prestation de service. Nous avions des produits mais plus en interne, voués à optimiser les coûts et la qualité du service fourni.

Il nous est apparu opportun d'essayer d'abord Eyes à l'export avant la France. Je pense que c'est un bon choix. Les circuits de décision à l'export sont a priori plus courts, plus rapides et finalement vendre à l'export, c'est le meilleur moyen de vendre en France.

Que doit représenter Eyes au sein de votre activité ?

Le chiffre d'affaires d'Atonis était basée essentiellement sur notre activité de création de sites extra et intranet. En 2011, c'est la partie applications mobiles qui a progressé (30% du CA). L'an prochain, Eyes va prendre une part importante. Il y a une synergie entre nos trois activités. Eyes nous fait signer des projets de sites internet parce que c'est un élément différenciateur.

Nous entrons dans une phase de concrétisation. Nous avons deux éditeurs importants (dont nous ne pouvons pas donner le nom) qui nous ont donné leur accord et vont revendre leurs solutions avec Eyes, un dans la gestion des photos, un dans la gestion des RH et des compétences.

Nous avons déjà vendu deux projets autour de Eyes, dont un à Sud de France Export pour équiper la maison de Casablanca. Nous allons installer du mobilier tactile, avec un support multimédia. Le moteur de recherche permettra de trouver des entreprises de la région en fonction de critères (compétences, spécialisations, etc). Nous sommes en train de voir pour nouer des partenariats et proposer cette solution de guide interactif à l'entrée de salons.

*Organisme qui aide les entreprises françaises à l'étranger.
La cellule TIC (technologies de l'information et de la communication) est basée à San Francisco. 

Pourquoi Atonis ?
Atonis est en fait le mélange d'Antonin et Adonis son équivalent grec. "Cela vient d'un brainstorming, raconte Christophe Nauroy. On est parti sur la romanité parce qu'on est à Nîmes". "Il y avait la contrainte d'Internet où tout le monde se jetait sur les noms de domaine, de fleurs notamment, poursuit Sofiane el Karoui. Quand on a créé la société, beaucoup de noms de domaines étaient pris. Il fallait en trouver un libre en .com."