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Artisanat et Agriculture : Enjeux et perspectives pour 2011 PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 24 Janvier 2011 08:00

2011 et l'Artisanat gardois

11-01-25-almerasSerge Alméras, le nouveau président de la Chambre des Métiers vient d'être réélu par ses pairs avec 70% des voix. Sa liste "Union des artisans gardois" dispose d'une confortable majorité (29 sièges sur 35) pour relancer la machine consulaire et avec elle l'économie de proximité. Dans ce contexte économique difficile, il livre un formidable message d'espoir et fixe les rendez-vous à ne pas manquer. 

Quels sont les voeux que vous formulez en ce début d'année 2011 ?

La crise est là et bien là. Il faut que les politiques et les représentants socio-professionnels travaillent plus que jamais ensemble pour relancer l'économie de proximité dans laquelle il y a, certes, l'artisanat mais aussi l'agriculture et le petit commerce indépendant. Autant de secteurs créateurs d'emplois et de richesses dont les plus values demeurent sur le secteur. La complémentarité de l'économie de proximité est essentielle pour l'emploi. Il faut tout faire pour la relancer !

La liste UAG (Union des Artisans du Gard) a été élue avec un peu moins de 2100 voix. Quant on sait que les entreprises artisanales inscrites sur les listes électorales sont près de 17000 dans le Gard, cela fait à l'arrivée un petit 12%. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

C'est un débat que l'on a couramment au sein de la Chambre et une réalité que l'on doit combattre. Vous vous doutez bien que nous préfèrerions être élu avec 50% des voix !.. Il y a plusieurs explications à cela. D'abord, il y a près de 20% des entreprises qui n'ont pas reçu le matériel de vote. La réforme du fonctionnement de La Poste et la mise à jour imparfaite du registre des métiers sont des explications avancées. Mais le défaut d'information et de communication reste la raison majeure de cette désafection. Que fait la Chambre, quelles sont ses actions concrètes ? Nous avons le devoir d'informer et pas forcément par l'envoi de courriers fastidieux... On sait que les artisans sont des gens surchargés qui n'ont pas forcément le temps de lire. Il faut marquer les esprits par des événements forts. La Chambre des métiers participe au développement de l'entreprise, soutient la filière bio, travaille avec les agglomérations... Et bien, il faut communiquer et le faire savoir !.. On estime que seulement 15% des artisans connaissent les services rendus par la Chambre. Vous voyez le chemin qu'il nous reste à parcourir !  Si on arrive à 40% de votants dans cinq ans, on aura atteint notre objectif !

Quelles vont être vos priorités de ce début d'année. Sur quels chantiers importants allez-vous faire porter vos efforts ?

Nous allons améliorer les services aux entreprises et le faire savoir. Pour coller à votre précédente question, si on veut avoir des adhérents, il faut rendre des services concrets qui améliorent et facilitent le quotidien des artisans. Parallèlement la Chambre va s'impliquer fortement dans le développement économique. Alors que la France est en pleine mutation, avouez qu'il serait malvenu que l'artisanat qui représente 95% des entreprises gardoises, soit oublié sur le quai de gare. En cette période particulièrement difficile, la Chambre doit être au coeur de la bataille. Nous allons continuer à informer, aider, accompagner mais nous allons aussi participer concrètement au développement économique.

 

Dans votre programme de campagne, vous évoquiez une nécessaire rationalisation des dépenses. Comment allez-vous vous y prendre ?

La Chambre a un budget d'un peu plus de 9M€. Comme pour les autres chambres consulaires ses ressources sont appelées à diminuer avec en toile de fond la régionalisation. Même si on est moins avancé sur ce dossier que les CCI, on sait que la taxe professionnelle chambre des métiers va être collectée régionalement et que le taux de droit aditionnel va être fixé par la région avec uniformisation à la clé. La prudence veut donc qu'on rationnalise les dépenses, qu'on essaie de les mutualiser tout en gardant notre implication proche du terrain !...

Vous souhaitez faire de la Chambre des métiers un acteur économique à part entière. Qu'est-ce que cela veut dire ?

C'est clair ! Dans le concert économique du département, on ne peut plus occuper une place de strapontin. Dès le lendemain de mon élection, j'ai rencontré les présidents des CCI du Gard ainsi que mon homologue de la Chambre d'Agriculture. On est tous d'accord pour travailler la main dans la main et mettre les moyens humains et financiers nécessaires. Nous allons, très rapidement, mettre en place une inter-consulaires active qui fera entendre sa voix et participera pleinement aux décisions. Pas question par exemple que soit mis en place le futur Pôle Métropolitain Nîmes-Alès sans une implication inter-consulaires.

Comme chacun sait, votre reconquête de la présidence est le fruit d'une association avec Henry Brin. Doit-on parler d'une présidence bi-céphale ou d'une gouvernance bien repartie et de quelle façon ?

On travaille en totale complémentarité. 0n a la même volonté de défendre l'artisanat même s'il est vrai que nos chemins ont quelque peu divergé. Etant déja président du plus important organisme de formation de la région le "3CA", Henry assume de fait la responsabilité de notre système de formation (CFA et formation continue). Même si les décisions sont prises en commun, c'est lui qui pilote le secteur de l'apprentissage. Je suis pour ma part davantage chargé de mener la politique économique de la Chambre et de faire avancer l'inter-consulaires. Mais là encore, les grandes décisions sont prises en commun.

A l'aube de l'année nouvelle, si vous deviez livrer un message fort au monde de l'artisanat gardois, lesquel serait-il ?

Il faut garder confiance. On va faire en sorte de donner aux artisans les moyens de se développer. Dans les vingt ans qui suivent, notre région va acueillir 25% de population en plus et je ne parle pas du tourisme où beaucoup reste encore à faire notamment dans l'arrière-pays gardois. La durée de vie ne cessant d'augmenter, le marché de l'artisanat ne peut que progresser. Je livre donc un formidable message d'espoir sachant qu'il y a des rendez-vous à ne pas manquer. Nous sommes là pour ça !

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11-01-25-couvAgriculture du Gard : Enjeux et perspectives

"L'agriculture est un chantier sans cesse remis en cause" explique Dominique Granier, le président de la Chambre d'Agriculture du Gard. "Alors que les agriculteurs sont de plus en plus appréciés des Français, ils doivent sans cesse plaider leur cause, justifier leurs initiatives et prouver leurs efforts !" Il est vrai que la profession est confrontée aujourd'hui à des enjeux de taille avec la protection de l'environnement, l'écologisation de l'utilisation de l'eau, l'arrivée massive du photovoltaïque et l'érosion du foncier agricole... Autant de préoccupations prises à bras le corps par l'équipe du président Granier. Tour d'horizon des enjeux de demain.

Vers une agriculture équilibrée

Entre le "tout environnement" et l'implacable logique du marché, les agriculteurs sont incités à mettre en place une pratique équilibrée qui puisse garantir la vie de l'exploitation.

Un constat : dans le Gard, peut-être plus qu'ailleurs, les exploitations ne vont pas bien. Beaucoup d'indicateurs sont dans le rouge. Les chiffres sont là, plutôt alarmants. Qu'il s'agisse du risque bancaire, des cessations d'activité, de l'insolvabilité face aux coopératives d'approvisionnement...dans chacun de ces secteurs, les chiffres gardois sont quatre fois plus importants que ceux de la moyenne nationale. Comparé à une base 100 pour l'année 1990, le revenu agricole gardois est aujourd'hui de 28. "Il n'est pas étonnant - précise le président Granier- que 70% de nos agriculteurs rencontrent des difficultés !" précisant bien que les autres départements de la région ne sont pas mieux lotis.

Rentabilité et qualité

Quelle réponse apporter ? Faire la chasse aux charges, réduire la voilure sans se
fermer trop de portes car le marché peut redevenir plus clément et il faut continuer à produire pour répondre aux attentes de la population. "Au-delà du court-terme
- explique Dominique Granier - chacun doit travailler à des chantiers de plus longues haleines." Une chose est sûre : le mouvement coopératif prépare sa restructuration à l'horizon 2015. La Chambre d'agriculture impulsera et accompagnera cet effort collectif qui ne peut qu'être profitable à l'agriculture gardoise. "Mais structurer, c'est aussi mieux former et dieu sait si la maîtrise des techniques est essentielle dans les métiers de la terre. Toutes les pistes de formation doivent être défrichées et exploitées avec, toujours, le même objectif : l'équilibre entre rentabilité et qualité.

La fin de l'eau inquiète le monde agricole

Usager séculaire de l'eau, l'agriculteur est pris aujourd'hui dans la nasse de l'écologisation des politiques publiques. La mobilisation est plus que jamais de mise.

Le texte européen de la directive cadre sur l'eau exige pour 2015 le bon état physico-chimique et écologique de toutes les masses d'eau. Laisser à nos enfants une planète de qualité, quoi de plus normal ! Sauf que tous les règlements qui découlent de cette injonction tendent à réduire, voire à supprimer les prélèvements (utilisation d'eau) et les impacts (intrants) jusqu'à risquer l'impossibilité de toute activité agricole ! Coupés des réalités techniques et économiques de l'agriculture, les décideurs font du paysan un présumé coupable qui doit prouver son innocence au microgramme près pour assurer sa légitimité. Et tout passe aujourd'hui par une réglementation drastique qui n'a que faire des contraintes techniques du monde agricole.

Agriculture responsable et viable

Heureusement, il se trouve de plus en plus de décideurs responsables qui ne sont pas des idéologues bornés. Il suffit parfois de leur expliquer les réalités objectives et les contraintes techniques du métier, de souligner les efforts consentis et les progrés accomplis, d'attirer leur attention sur le fait que l'agriculture n'est pas la seule à impacter la nature, pour que soit fait place dans les textes à une agriculture responsable et viable !

Expliquer et expliquer encore

"Se mobiliser pour chaque agriculteur, c'est se renseigner un minimum sur tous ces enjeux avec leurs conséquences pratiques pour l'exploitation, explique le président de la Chambre d'Agriculture. C'est manifester sa présence auprès de ses élus locaux, participer activement aux réunions publiques ou techniques où se jouent le délicat équilibre entre nos pratiques  professionnelles et les contraintes administratives. Mais c'est aussi et surtout, expliquer autant de fois qu'il s'avère nécessaire!" 

Communes, agriculteurs : la rencontre

Le 26 octobre dernier, ont eu lieu les premières rencontres partenaires communes-agriculture. Quelque 250 maires, élus et agriculteurs gardois se sont rassemblés avec la volonté de s'épauler pour mieux vivre ensemble et affronter les enjeux de demain. Les agriculteurs ont confié à leurs élus possèder de multiples ressources collectives à leur disposition. Certes, il reste beaucoup à inventer pour faire face, ensemble, aux défis de ce temps et parvenir à un équilibre partagé entre les habitants et leurs agriculteurs. Mais une chose est sûre : des liens ressérrés et vivants peuvent aider la commune à comprendre comment faciliter le quotidien de ses agriculteurs. Bref, une première prometteuse qui ne restera pas sans lendemain !