| Apprentissage : C'est le moment d'y penser |
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| Lundi, 13 Septembre 2010 08:00 | |
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Si le mois de septembre est traditionnellement celui de la rentrée des classes, c'est aussi la période privilégiée par certaines entreprises pour réajuster leurs équipes, et se mettre en quête de nouvelles compétences. A mi-chemin entre les univers de l'école et de l'entreprise, ils sont de plus en plus nombreux à opter pour la formation par alternance, une voie longtemps sous-estimée en France, contrairement à nos voisins allemands qui ont depuis longtemps, et à tous les niveaux, compris l'intérêt que pouvait représenter ces parcours croisés entre formation et pratique. Longtemps associée aux seuls métiers manuels, et aux formations à bas niveaux de qualification, l'alternance semble tenir sa revanche, non seulement en se généralisant à tous les secteurs d'activité, mais aussi en se développant sur les niveaux post-bac. Une bonne santé que confirme Pierre Fabre, Directeur Adjoint au CFA de la CCI de Nîmes, malgré les risques que laissait planer une conjoncture incertaine : "A la rentrée 2008, nous avions accueilli 850 apprentis. L'année dernière, nous en avions 860, alors que nous pouvions craindre les effets de la crise, et qu'au plan national, certains CFA ont souffert. Cette année, nous recensons déjà 805 apprentis, alors que nous ne sommes qu'au début du mois de septembre. Nous savons par habitude que les professionnels de la restauration, qui terminent à peine leur saison, s'occupent de ces questions vers la mi-septembre".
Car si elle apporte plus que les formations classiques, la voie de l'apprentissage est aussi plus exigeante, en faisant peser sur un public jeune à la fois les contraintes de la vie professionnelle, et les impératifs de la vie de salarié. "Lorsque je les accueille, poursuit Pierre Fabre, je dis à nos jeunes qu'en entrant au CFA, ils vont vivre trois vies simultanément : celle d'étudiant, celle de salarié, et la vie de jeunes gens qu'ils sont. Ce n'est pas facile pour eux car ils doivent trouver un juste équilibre entre la préparation d'un diplôme - dans un temps inférieur que ce qu'il est dans la voie classique - et la vie d'entreprise, avec laquelle ils alternent, et qu'ils prennent très à cœur. Le risque est que très rapidement, l'entreprise prenne le pas. Notre rôle est de proposer aux apprentis une autre technicité, complémentaire à celle qu'ils connaissent dans l'entreprise. Mais il y a dans cette fameuse génération Y, une envie d'être crédible, de se sentir responsabilisée. Après sept ou huit ans de scolarité classique, les jeunes que nous accueillons ont envie de se voir confier des dossiers, des tâches impliquantes". Pour limiter les risques de mauvais choix, le CFA de la CCI a mis en place un Service d'aide au recrutement des apprentis (SARA), afin d'apporter aux jeunes qui le souhaitent, des informations sur les diplômes, ainsi que sur l'alternance et les engagements réciproques que cela comporte. Les différents responsables d'unités de formation organisent des réunions d'information, dans le but de permettre aux jeunes de confirmer, ou infirmer, leur choix de cette voie de l'alternance. Outre l'accès facilité à la vie professionnelle, et une meilleure insertion dans l'entreprise, l'apprentissage s'avère également être un atout supplémentaire pour la préparation des diplômes. Pour s'en rendre compte, les équipes du CFA de la CCI ont effectué un comparatif sur quelques diplômes pouvant être préparés soit par la voie classique, soit en apprentissage, et les résultats sont sans appel. Sur les quatre BTS préparés au sein du CFA, le taux de réussite aux examens est en moyenne de 86%, tandis qu'à l'échelon académique, il n'est que de 65% ! "C'est d'autant plus remarquable, ajoute Pierre Fabre, que nous préparons les examens avec des temps de formation allégés. Et ce n'est pas la sélection qui peut expliquer ceci. Car contrairement aux lycées professionnels qui peuvent ne retenir que les meilleurs candidats, la sélection est interdite aux CFA. On ne peut pas refuser un jeune qui se présente avec une entreprise prête à signer un contrat d'apprentissage. En revanche, la différence provient des notes que nos jeunes obtiennent aux épreuves professionnelles. Il n'est pas rare qu'elles dépassent 18 / 20…"
Quelles aides pour les entreprises ?Outre le niveau de rémunération pouvant aller de 25% à 78% du SMIC, en fonction de l'âge et du niveau de la formation, le contrat d'apprentissage bénéficie d'incitations pour les entreprises, afin de compenser les efforts consacrés à l'insertion des apprentis. Certaines aides spécifiques à la région Languedoc-Roussillon complètent le dispositif général : Exonération de l'ensemble des cotisations patronales et salariales s'il est inscrit au registre des métiers ou s'il occupe 10 salariés au plus (apprentis non compris) ; Exonération des cotisations patronales et salariales de sécurité sociale s'il occupe plus de 10 salariés (apprentis non compris). Crédit d'impôt pouvant aller de 1600 à 2200 € pour l'embauche d'un(e) apprenti(e) Perception d'une indemnité compensatrice forfaitaire (ICF) payée par la Région qui comprend trois types d'aides : L'apprentissage dans le GardC.F.A. de la CCI d'Alès Cévennes - ALES C.F.A. de la CCI de Nîmes - MARGUERITTES C.F.A. des Maisons Familiales et Rurales - NIMES CEDEX C.F.A. des Métiers du Gard - NÎMES BTP C.F.A. Gard - MEJANNES LES ALES C.F.A. Emmanuel d'Alzon - NÎMES C.F.A. National des Compagnons du Devoir - NÎMES C.F.A. Dhuoda - NÎMES C.F.A. CIRFAP - NIMES C.F.A. Agricole du Gard - RODILHAN C.F.A. des Métiers des Arts Céramiques - SAINT QUENTIN LA POTERIE Lycée Professionnel Privé La Salle - ALES Ecole des Mines d'Alès - ALES CEDEX Lycée Professionnel Privé Sainte Marie - BAGNOLS SUR CEZE Lycée Professionnel Georges Brassens - BAGNOLS SUR CEZE CEDEX Lycée Albert Einstein - BAGNOLS SUR CEZE CEDEX Rendez-vous : Mieux connaître le contrat de professionnalisationLe 16 septembre prochain, la Direction Régionale de Pôle Emploi organise une rencontre d'informations et d'échanges pour les chefs d'entreprise de la région avec de nombreux acteurs de la formation professionnelle, sur le thème du contrat de professionnalisation. Basé sur le mode de l'alternance entre l'entreprise et le centre de formation, le contrat de professionnalisation est un contrat de travail conçu pour permettre l'embauche d'un nouveau salarié en le préparant à intégrer l'entreprise après une période de formation qualifiante, sur mesure. En CDD ou CDI, il peut aller de 6 à 24 mois. Au cours de cette rencontre, les participants tenteront d'expliquer en quoi le contrat de professionnalisation est à la fois un tremplin pour le salarié, et un atout pour l'entreprise qui le recrute. 16 septembre 2010 de 16h30 à 19h, |






Quant à savoir si pour les recruteurs, les apprentis sont avant tout considérés comme de la main d'œuvre bon marché, Pierre Fabre côtoie au contraire des chefs d'entreprises conscients des contreparties à ce type de contrats : "Embaucher un apprenti est un investissement. Les chefs d'entreprises disent clairement que pendant les six premiers mois, l'apprenti est chronophage. On doit lui apprendre, réparer ses erreurs, et être très présent". Selon lui, le principal intérêt pour l'entreprise réside dans la volonté affirmé par ces jeunes, venus à l'apprentissage par choix, et non par dépit : "On à longtemps considéré ces formations comme des voies de garage, de dernier recours. Or, on constate aujourd'hui que c'est un choix. Dans les sections de BTS, en particulier, les jeunes ont le choix entre préparer ce BTS en formation continue, ou passer par la voie de l'alternance… Ce qui les motive, c'est l'expérience professionnelle. Le salaire apparaît comme une sorte de bourse d'études, mais ce qui prime, c'est le bénéfice de ces deux années d'expérience. Je pense que le choix de l'apprentissage, en toute connaissance des difficultés qu'ils vont rencontrer, dénote chez nos jeunes une forte détermination. Dans des domaines très exigeants, comme la restauration par exemple, la motivation doit être très marquée".