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2011 vue par les deux CCI PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 17 Janvier 2011 08:00

Pour Eric Giraudier, l’année 2010 s’est achevée sur un sprint, et 2011 qui s’ouvre avec son élection officielle à la Présidence de la CCI de Nîmes débute sous de bons auspices. Pour Francis Cabanat, qui avait confirmé l’entente cordiale entre MEDEF et CGPME sur le bassin alésien, les élections à la CCI-T n’étaient qu’une formalité. 2011 pourrait donc n’être qu’un long fleuve tranquille si la crise ne frappait de plein fouet ce poumon industriel gardois qu’est Alès. A Cela s’ajoute la régionalisation de Chambres de Commerce, dans laquelle le nouvel élu Nîmois voit avant tout l’opportunité de doter les CCI-Territoriales de moyens plus ciblés au service des entreprises locales, tandis que Francis Cabanat demeure le fer de lance des anti-régionalisation. Impossible, à l’heure ou nous écrivons ces lignes, de dire qui l’emportera en région, tant les combinaisons et les alliances possibles sont nombreuses, pour ne pas dire scabreuses…

11-01-18-giraudierVous venez de prendre officiellement la présidence de la CCI de Nîmes, au terme d'une campagne parfois assez dure, qui pourrait laisser des traces dans le paysage patronal.  Quels sont les vœux que vous formulez en ce début d'année 2011 ?

Chaque nouvelle année symbolise le commencement d'une période nouvelle, et concernant la CCI de Nîmes, cette symbolique est d'autant plus forte qu'elle coïncide avec la mise en place d'une nouvelle équipe d'élus. Aussi, je souhaite que 2011 soit placée sous le signe de la construction d'un nouveau projet pour notre Chambre. Voilà pourquoi j'ai invité l'ensemble des élus à prendre part à la rédaction de ce projet de mandature, que nous devrons ensuite faire vivre durant les cinq prochaines années. Dans cet esprit de renouveau, mon vœu pour cette nouvelle année serait donc de faire en sorte que les divergences de points de vue, qui ont pu nous opposer durant la campagne électorale, deviennent autant de support à des échanges constructifs, plutôt que cristalliser les antagonismes. Nous devons présenter un front uni face aux enjeux de taille qui nous attendent dans les prochains mois.

Sur quels chantiers souhaitez-vous porter vos efforts en priorité ?

En premier lieu, il s'agira de tout mettre en œuvre pour relancer le développement économique d'un territoire qui souffre d'autant plus que la conjoncture économique a été difficile depuis de nombreux mois. Je pense en particulier aux commerçants qui, pour faire vivre les centres-villes, devaient déjà faire face à la concurrence de la grande distribution, et qui doivent à présent rajouter l'impact de la vente en ligne, via Internet. Il nous appartient de les accompagner pour les aider à trouver les solutions pour valoriser ce commerce de proximité. A l'heure où la défense de l'environnement nous conduit à mieux réfléchir nos déplacements, les centres-villes ont de réels atouts. Voilà pourquoi je souhaite que la Chambre de Commerce apporte son soutien aux UCIA, en les aidant à identifier, au plus près des territoires, les solutions propres à chaque bassin commercial.

Mais je suis d'un naturel optimiste, plus enclin à voir le verre à moitié plein, et à vouloir saisir l'opportunité dans chaque situation nouvelle. Ainsi, nous sommes d'ores et déjà très attentifs et mobilisés sur l'avenir économique et touristique de la baie d'Aigues-Mortes. Nous devons accompagner le projet de reconversion du site des Salins du midi, et saisir l'opportunité de renforcer ainsi l'attractivité touristique en permettant la création d'un nouvel équipement structurant. Même constat concernant Le Vigan, que nous ne devons plus voir comme une zone sinistrée, mais comme le territoire porteur du projet d'excellence rurale " Cévennes Valley ". Il s'agit non seulement d'une formidable opportunité de développement, mais aussi d'une très belle preuve d'initiative portée par des entreprises locales. Qui mieux que les entreprises déjà implantées dans le bassin du Vigan peuvent en défendre les atouts. Notre rôle est d'encourager ces initiatives, de les accompagner, et de le soutenir pour qu'elles deviennent une réalité économique. C'est ainsi que nous pourrons, dans un contexte de régionalisation, renforcer l'ancrage territorial des actions consulaires.

 

Quel regard portez-vous sur la régionalisation ?

C'est une mutation voulue et décidée par le législateur, à laquelle il nous appartient à présent de donner vie. Là encore, je préfère la voir comme une opportunité. C'est avant tout l'opportunité de créer un nouveau dialogue entre les CCI de la Région, et d'imaginer des projets communs lorsque les frontières administratives ne reflètent pas la réalité des bassins de vie. C'est notamment ce que nous entreprenons en collaboration avec la CCI de Montpellier, en réfléchissant conjointement à nos actions sur le bassin Ganges - Le Vigan. Et une fois de plus, cette réalité commune à Ganges - Le Vigan n'est pas une construction de l'esprit… c'est une réalité économique que nous décrivent les entreprises, et à laquelle ils nous demandent d'apporter des réponses concrètes et efficaces.

En outre, la régionalisation est également une réponse à la diminution de nos recettes fiscales, décidée par le législateur, sans toutefois affecter l'appui apporté aux entreprises du territoire. Désormais, nous  devrons insérer notre projet de mandature dans  un projet de territoire régional car nos ressources fiscales seront versées par la Chambre de Région sur vote de l'assemblée de Région, et les personnels affectés à la CCI de Nîmes seront après 2013 des agents de la Chambre de Région. Je refuse de voir ces évolutions comme une " perte de pouvoir " des CCI Territoriales. Au contraire, c'est l'opportunité d'apporter dans certains domaines un service à la hauteur des ambitions de nos entreprises. C'est le cas de l'export, par exemple, qui peut bénéficier d'importantes synergies en étant appréhendé à l'échelon régional. Dans le même temps, la régionalisation peut aussi nous permettre de consacrer plus de moyens au cœur des territoires.

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11-01-18-cabanatLa liste Synergie vient d'être élue confortablement. Vous entamez votre second mandat. Quels sont les voeux que vous formulez en ce début d'année ?

Face à la crise, notre bassin d'emploi très industrialisé - je rappelle qu'il est toujours le pôle industriel du Languedoc-Roussillon - a des problématiques à traiter d'une extrême importance. Lorsque tout va bien, le bassin alésien va mieux qu'ailleurs. Il y a comme cela une sorte d'amplication. Mais lorsque tout va mal, lorsqu'il y a crise, les problèmes sont plus importants. Ils se trouvent amplifiés dans l'autre sens. Dans les quatre ans qui ont précédé la crise, nous sommes passés de 5 000 à 8 000 entreprises enregistrant une augmentation de 60%. Lorsque ça va mal, on sent que ça pourrait déraper dans l'autre sens. Donc mes voeux pour la nouvelle année, seraient de voir une progression de la création d'entreprises sur le bassin aussi forte que celle enregistrée ente 2005 et 2009. Nous avons bien conscience que cela sera difficile !

Comment expliquez-vous le succés de votre liste ?

A deux facteurs. D'abord nos ressortissants ont reconnu que nous avons fait du bon boulot. Ensuite, ils ont pu constater que le partenariat mis en place avec les autres acteurs économiques du bassin, notamment le Grand Alès et le Pays Cévennes, était bel et bien une réalité avec à l'arrivée des résultats concrets. Et je peux vous dire que ce n'est pas évident partout. Notre force est d'avoir su marier les entreprises et les territoires dans une réflexion d'ensemble. Je le dis et je le répète : l'unité de tous les acteurs est indispensable pour créer les meilleures conditions du développement économique.

Quelles ont été les actions phares du précédent mandat qui ont, selon vous, induit votre réélection ?

Je ne vais pas vous citer, une à une, les 21 réalisations structurantes qui ont balisé notre précédent mandat. Je dirai simplement qu'en cinq ans, la CCI a accompagné la création de deux entreprises et la transmission d'une entreprise par jour ouvrable. Ce qui nous a permis, je le répète, de passer de 5 000 à 8 000 entreprises. Je cite de mémoire le plan de coopération interentreprises Alizé Gard-Cévennes qui nous a permis de soutenir une trentaine d'entreprises et conforter 169 emplois avec la création de 126 emplois à l'horizon 2011. Nous avons commercialisé 86 955 m2 de terrains sur la ZAC de Méjannes afin d'accueillir 22 entreprises nouvellement implantées et construit 1300 m2 d'atelier-relais sur la Zone industrielle Lacoste-Lavabreille pour accompagner le développement du Pôle Mécanique auxquels il faut ajouter 550 m2 d'atelier-relais sur l'Aéropôle de Deaux pour soutenir l'essor de la filière aéronautique.

En ce qui concerne l'apprentissage, nous sommes passés de deux petites unités de 150 apprentis à deux campus de 500 apprentis avec désormais la possibilité d'aller jusqu'à la licence. En matière de commerce, nous avons mis en place un manager de centre-ville et un site d'achat en ligne. Notre portail Achat-ales-cevennes.com représente à ce jour 84 adhérents et 28 sites de vente en ligne, quelque 148 reprises accompagnées, un panier moyen de 134 €  et plus de 320 000 € de retombées indirectes... Le tourisme a également été valorisé avec la vitrine www.cevennes-tourisme.fr. avec la création d'une plate-forme de commercialisation des offres hébergements et loisirs en Cévennes. Enfin, le parc des expositions accueille chaque année une vingtaine de manifestations avec à la clé 7 M€ de retombées et le projet de l'aéropôle de Deaux avec la création d'une zone économique est en train de prendre corps...

Quelles vont être maintenant vos priorités .

Nous allons amplifier les actions déjà impulsées. Nous allons également travailler au regroupement des entreprises industrielles sous-traitantes par métier afin d'être en mesure de présenter une offre commune aux grands donneurs d'ordre. On l'a déjà fait dans le domaine de la chaudronnerie avec le nucléaire. Ce qui a généré un chiffre d'affaires de 5 à 6 M€. Nous allons poursuivre dans ce sens...Nous allons mettre en place aux quatre coins des Cévennes des managers de centre-bourgs comme on a créé un manager de centre-ville à Alès afin de dynamiser le commerce de l'arrière-pays... On va continuer à aider la filière bio-alimentaire et en collaboration avec l'Agglo et le Pays Cévennes, on va développer la filière tourisme... Enfin en matière de formation, on va créer un pôle d'enseignement supérieur par alternance (bac + 4 et maîtrises) qui pourra déboucher sur le métier d'ingénieur.

Avec les difficultés rencontrées par l'entreprise Richard Ducros, un pan important de l'industrie cévenole semble actuellement menacée. Etes-vous optimiste quant au devenir du bassin ?

L'entreprise métallurgique Richard Ducros fait partie de ces entreprises qui ont un marché national et international très large. Elles sont de ce fait davantage soumises aux fluctuations mondiales. Au delà de cette réalité, nous devons tous nous mobiliser pour la remettre en selle afin de conserver sur le bassin son extraordinaire savoir-faire notamment en chaudronnerie et en tôlerie et par là même ses emplois...Alors est-ce que je suis optimiste ? Je dirais que le potentiel du bassin alésien m'encourage à l'être. Tous les jours, je suis amené à constater son essor que ce soit autour des filières nucléaire, mécanique, bio-technologique (la société Mabgène s'apprête à investir 51 M€ sur le bassin) ou encore bio-alimentaire. Bref, malgré la crise, le bassin cévenol reste le Pôle industriel majeur de la région avec des entreprises phares qu'on nous envie comme SNR, Crouzet, Merlin-Gérin ou encore Axens et Rodhia...

Comme chacun sait, vous avez combattu le projet de régionalisation. Quel est votre état d'esprit, aujourd'hui, face à cette régionalisation décidée par le législateur ?

Le propre d'un projet n'est-il pas d'être perfectible. Nous nous sommes battus pour l'améliorer et nous avons réussi à faire entendre notre voix. Il faut savoir que grâce à notre combat, les CCI ont conservé leur statut d'établissement public ainsi que l'ensemble de leur patrimoine. Je dirais que nous avons réussi à gommer les excés du projet de régionalisation. La régionalisation est aujourd'hui actée. Au niveau régional, je compte sur la plus large union possible des forces économiques car on ne peut pas se permettre aujourd'hui de s'accomoder des clans et groupes opposés. Face à l'ensemble des défis qui nous tombe sur la tête, nous devons faire front commun, être unis pour un meilleur développement stratégique de la région. Plus cette unité sera importante, mieux on se portera !